À Bobo-Dioulasso, l’igname est un tubercule que l’on trouve habituellement sur les marchés. Très prisée par les consommateurs, elle se vend toutefois à prix d’or ces derniers temps. Si les vendeurs expliquent cette cherté par la rareté du produit chez les fournisseurs, certains consommateurs, quant à eux, se disent contraints d’exclure de leur menu quotidien ce tubercule pourtant très apprécié.
Le prix des ignames à Bobo-Dioulasso est un véritable coup de massue pour de nombreux consommateurs. À mesure que les prix augmentent, la quantité proposée (et parfois même la qualité) ne satisfait pas certains acheteurs, qui estiment que cette hausse rend le produit inaccessible à leur pouvoir d’achat.
Armelle Kadeba, venue acheter des ignames au marché de fruits et légumes, n’a pas apprécié les prix qu’elle juge trop élevés par rapport à la quantité proposée. « Le prix des ignames est cher. Il faut débourser entre 1000 et 2500 FCFA pour une petite boule d’igname. Ce prix n’est pas accessible à tout le monde », dénonce-t-elle.

Clarisse Traoré, cliente au marché de Belleville, explique pour sa part que « manger des ignames à Bobo est devenu une affaire de qui peut ».
Elle conclut que, dans une famille nombreuse, il faut parfois exclure ce mets du menu quotidien, car pour 3000 FCFA, il est difficile d’obtenir une quantité suffisante pour le dîner de toute la famille.
Une autre cliente, Christelle Sanou, ajoute sur un ton taquin à l’endroit d’une vendeuse : « J’ai envie de manger des ignames, mais le prix dépasse mes moyens. Si vous diminuez les prix, nous pourrions acheter davantage. »
Elle regrette également que les ignames qu’elle achète soient parfois non seulement en quantité insuffisante, mais aussi de qualité moyenne.
Les vendeuses évoquent des difficultés d’approvisionnement
Face aux critiques sur les prix pratiqués, certaines vendeuses d’ignames avancent des arguments pour expliquer cette cherté, qu’elles jugent indépendante de leur volonté.

Mariam Traoré, vendeuse d’ignames, affirme que la hausse des prix est liée à des difficultés d’approvisionnement. « Nos livreurs disent qu’ils éprouvent des difficultés pour s’approvisionner. Ils vont loin de Bobo-Dioulasso pour nous ramener la marchandise. Ces ignames proviennent en grande partie du Sud-Ouest du Burkina Faso, mais aussi du Ghana et de la Côte d’Ivoire », explique-t-elle.
Elle ajoute qu’actuellement, le marché est morose : beaucoup de clients se contentent de demander les prix avant de repartir sans acheter.
La rareté du produit pointée du doigt
Sali Traoré, également vendeuse au marché de fruits et légumes, insiste sur la rareté croissante du produit. « Les ignames se font de plus en plus rares sur le marché. Chez les producteurs, nos livreurs n’en trouvent pas assez, et c’est ce qui explique la hausse des prix », souligne-t-elle.

Par ailleurs, elle invite les autorités burkinabè et les producteurs à travailler de concert pour accroître la production. « J’invite vraiment les autorités à accompagner nos producteurs. Cela pourra augmenter l’offre d’ignames à des prix plus accessibles pour les populations », lance-t-elle.
Palm Serge / stagiaire (Ouest Info)




