La première édition des « Rencards du Pénaliste » s’est tenue dans la soirée du jeudi 30 juillet 2026 à l’Université Baba Coulibaly (UBC) de Bobo-Dioulasso. Organisée par le Centre d’études et de recherche sur la criminalité organisée et la délinquance financière (CERCOFI), cette rencontre avait pour objectif de renforcer la confiance des populations dans ce mécanisme de règlement des conflits désormais reconnu par l’autorité judiciaire burkinabè à travers la loi Faso Bukaoré.
Environ cinquante participants, composés d’acteurs de la chaîne pénale, d’auxiliaires de justice, de représentants de la société civile, d’enseignants-chercheurs et d’étudiants, ont pris part à cette première édition des « Rencards du Pénaliste ».
Placée sous le thème « La loi Faso Bukaoré : quel attelage entre justice traditionnelle et parquet pour une meilleure répression des infractions ? », la rencontre a été marquée par plusieurs communications sur les mécanismes de justice traditionnelle en matière pénale, notamment les expériences des tribunaux coutumiers au sein des communautés bôbô, mossé et gulmancéma.

Ces échanges ont permis aux participants de mieux appréhender les objectifs poursuivis par les autorités burkinabè à travers l’instauration de cette loi.
La cohésion sociale au cœur de la loi Faso Bukaoré
Historien et enseignant-chercheur à l’Université Nazi Boni, Bruno Doti Sanou porte un regard favorable sur la loi Faso Bukaoré. Tout en saluant l’initiative, il estime que sa réussite passe par une meilleure prise en compte des références historiques, culturelles et juridiques.

« La loi Faso Bukaoré constitue une initiative importante. Toutefois, sa mise en œuvre nécessite un retour à l’histoire afin de permettre à la nation de s’appuyer sur ses propres références culturelles et juridiques. Il est donc essentiel de s’interroger sur nos coutumes et traditions afin de construire un cadre juridique capable de favoriser la cohésion entre les différentes communautés du pays », a-t-il confié.
Une collaboration encadrée entre autorités coutumières et parquet
Adama Kafando, procureur général près la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso et directeur exécutif du CERCOFI, a expliqué que la loi Faso Bukaoré définit un champ de compétences précis pour les autorités coutumières. Certaines matières demeurent toutefois exclues de leur intervention.

« Il s’agit notamment de clarifier les compétences des autorités coutumières, les conditions de leur intervention ainsi que leur collaboration avec le parquet, conformément aux dispositions prévues par la loi. Par exemple, lorsqu’il s’agit d’un meurtre, de dégradations de champs ou d’autres infractions, la loi prévoit des mécanismes précis pour encadrer ces interventions », a-t-il expliqué.
Les travaux devraient déboucher sur l’élaboration d’un document de référence destiné à capitaliser les expériences partagées. Cet outil servira de repère pour les acteurs impliqués et contribuera à une application cohérente de la loi Faso Bukaoré à travers le pays.
Ackim Traoré/Ouest Info




