À Bobo-Dioulasso, trouver un espace pour inhumer un proche est devenu un véritable parcours du combattant. Les principaux cimetières de la ville sont aujourd’hui saturés, obligeant de nombreuses familles à parcourir plusieurs quartiers à la recherche d’une place disponible. Entre pression démographique et manque de nouveaux espaces funéraires, la capitale économique du Burkina Faso est confrontée à une problématique de plus en plus préoccupante.
Pour comprendre l’ampleur de la situation, une équipe de Ouest Info est allée à la rencontre de El Hadj Ahmed Sanogo, président du Comité de réhabilitation et de gestion des cimetières de Bobo-Dioulasso, le 31 juillet 2026.
Un seul cimetière encore pleinement fonctionnel
Selon El Hadj Ahmed Sanogo, un seul cimetière est aujourd’hui fonctionnel à 100 % dans la ville : celui de Banakélédaga, situé dans l’arrondissement n°2. Ouvert en 2019, il s’étend sur 48,5 hectares et accueille désormais l’essentiel des nouvelles inhumations de Bobo-Dioulasso.

Mais cette solution reste provisoire. « Si rien n’est fait pour anticiper les besoins futurs, le cimetière de Banakélédaga pourrait lui aussi atteindre ses limites dans les années à venir », avertit-il.
Des cimetières déjà saturés
Plusieurs autres cimetières de la ville ne reçoivent plus de nouvelles inhumations. Il s’agit notamment des cimetières de Bindougousso, Kuinima, Sarfalao, celui situé derrière l’aéroport, le nouveau cimetière de Léguéma ainsi que le cimetière municipal. Tous sont arrivés à saturation.
Cette situation contraint les familles endeuillées à multiplier les démarches pour trouver un lieu de sépulture, ajoutant une épreuve supplémentaire à la douleur du deuil.
La commune cherche une solution
La question des espaces funéraires a été évoquée lors des journées de redevabilité de la Délégation spéciale de la commune de Bobo-Dioulasso, tenues le 28 juin 2026. Les populations y ont exprimé leurs inquiétudes face à la saturation des cimetières et à la difficulté croissante d’inhumer leurs proches.
Pour faire face à cette situation, la commune envisage l’acquisition d’un terrain d’environ 1 000 hectares destiné à la création d’un nouveau cimetière. Ce projet devrait permettre de répondre aux besoins d’une ville en pleine croissance démographique.
En attendant sa concrétisation, les habitants de Bobo-Dioulasso continuent de vivre une réalité douloureuse : après la perte d’un proche, il leur faut désormais affronter une autre épreuve, celle de trouver un lieu où lui offrir une sépulture digne.
Ali Djibey (stagiaire)/Ouest Info




