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Alain Sanou : Un homme engagé pour l’environnement et la culture bôbô

Natif de Kokorowé, Alain Sanou est un homme bien connu dans la zone de Bobo-Dioulasso. Cette notoriété ne tient pas du fait qu’il soit du terroir mais plutôt parce qu’il pose des actes qui suscitent envie et admiration. Parler de la promotion de la culture bôbô à Bobo-Dioulasso sans parler d’Alain Sanou relève d’une subjectivité. Conscient que culture et environnement sont les deux faces d’une même médaille, il a aussi fait de la protection de l’environnement son cheval de bataille.

Alain Sanou. Derrière ce nom ordinaire se cache un homme extraordinaire par ses actes. Barbe et moustache toujours bien rasées, regard expressif et débordant d’énergie, les premiers contacts avec ce quinquagénaire font garder de lui des souvenirs inoubliables tant pour son franc parler, sa simplicité de vie que pour son altruisme. Derrière ces qualités se trouve le caractère d’un homme engagé pour la culture de manière globale et pour la culture bôbô en particulier. Pour Alain Sanou, défendre la culture bôbô sans défendre l’environnement, c’est faire les choses à moitié. C’est pourquoi la protection de l’environnement fait aussi partie de ses combats.

Du haut de son engagement sans réserve pour la culture et l’environnement, l’homme arrivé en politique en 2012, devient adjoint au maire de la commune chargé de la culture, de l’environnement, de l’éducation et de l’embellissement de la ville de Bobo-Dioulasso de juillet 2016 à février 2022. Serein et imperturbable, il se met à la tâche pour que rayonne la culture bôbô. Une de ses premières actions au sein du conseil de la commune allant dans ce sens a été d’attirer l’attention de ses camarades conseillers sur la nécessité d’arrêter un calendrier de funérailles avec les coutumiers afin d’institutionnaliser l’organisation de ces funérailles et la sortie des masques bôbô.

Dans sa proposition, il avait suggéré un soutien de la commune à ces activités culturelles. Aussi, il a proposé la valorisation de la forêt de Kou communément appelée guinguette ainsi que la réhabilitation du mausolée bôbô en ruine au sein de cette forêt classée. Aucune de ces propositions faites par l’homme de culture n’a eu écho favorable au sein du conseil. Plusieurs initiatives culturelles de la ville de Bobo-Dioulasso portent ses empreintes. C’est en tant que maire adjoint à la culture qu’il a plaidé pour que la commune soutienne certains festivals et activités culturelles à Bobo-Dioulasso. L’initiative du soutien de la Foire internationale de Bobo-Dioulasso (FIBO) à hauteur de vingt millions de FCFA par la commune de Bobo à chaque édition a été portée et défendue par Alain Sanou au sein du conseil.

Comme ambition, le natif de Konkorowé rêvait d’un projet de transformation des lieux de danse des masques bôbô en stades pour en faire un véritable levier de développement de la ville de Bobo-Dioulasso. « Si nous structurons la sortie et la danse des masques, nous pouvons en faire une véritable industrie. Notre vision est d’en faire comme les arènes de lutte qui génèrent des milliards au Sénégal. On peut aussi valoriser nos masques à la dimension du football d’aujourd’hui. C’est sûr que ceux qui ont initié ce sport étaient loin de penser que ça rapporterait un jour des milliards. C’est pourquoi je me bats pour structurer la sortie des masques afin de pouvoir mieux valoriser cette identité culturelle bôbô », disait Alain Sanou quand il était maire adjoint à la culture.

Aussi la restauration et le besoin d’étoffer le musée communal Sogossira Sanou faisaient partie des rêves du maire Alain Sanou. Il propose au sein du conseil municipal l’idée de protection communale des lieux de culte des bôbô menacés de bradage à l’époque. Parfois mal compris dans son environnement politique, l’homme de culture dans l’âme n’en démord pourtant pas. Il reste malgré tout droit dans ses bottes dans la défense de ses idéaux de développement de la ville de Sya qui doit selon lui passer par la culture et l’écotourisme. Ainsi à l’occasion de la célébration 2019 de la journée mondiale des monuments et des sites du patrimoine culturel mondial, l’UNESCO a adressé une invitation à la commune en sollicitant expressément la participation de Alain Sanou à une conférence internationale organisée à cet effet. « J’ai l’honneur de solliciter votre appui pour inviter M. SANOU Alain, votre 4ème adjoint, à prendre part à cette conférence internationale pour partager l’expérience de votre ville en matière de protection et de promotion du patrimoine culturel », peut-on lire dans la lettre d’invitation.

L’homme n’a pas manqué d’émerveiller les participants à cette conférence avec un brillant exposé sur les masques bôbô et la vieille mosquée de Dioulassoba.

  

Alain Sanou avait pour ambition de créer une forêt au milieu de la ville de Bobo

Alain Sanou est décoré de la médaille de Chevalier de l’Ordre du Mérite Burkinabè de l’environnement et de l’agriculture avec agrafe environnement à la journée nationale du paysan 2017 à Kaya par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré

Sur le plan de l’environnement, l’engagement d’Alain Sanou n’a pas de limite. Ses actions ne sont plus à présenter. Elles sont palpables. La Guinguetta, mini-forêt et lieu de détente est son initiative. Concepteur de projet ‘’Bobo-Dioulasso, ville verte’’, il a engagé des actions pour concrétiser son concept. Il a ainsi imaginé une forêt écotouristique au milieu de la ville de Bobo-Dioulasso sur les berges du marigot Houet à l’image de la Guinguetta. Pour joindre l’utile à l’agréable, Alain Sanou, en tant que maire chargé de l’environnement, va penser un projet spécial pour la protection du marigot avec la contribution des riverains. Il initie ainsi des activités de reboisement sur les berges du cours d’eau avec la commune au premier rang.

Il entame des démarches pour un contrat de rivière avec tous les exploitants du marigot (jardiniers, teinturiers, pépiniéristes…) pour une action commune autour de la protection du marigot Houet. Alain Sanou est décoré de la médaille de Chevalier de l’Ordre du Mérite Burkinabè de l’environnement et de l’agriculture avec agrafe environnement à la journée nationale du paysan 2017 à Kaya par le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, pour la vision du site écotouristique Guinguetta dont il est promoteur. Il est aussi lauréat d’une bourse d’écotourisme offerte par le conseil régional des Hauts-Bassins et la région française de Rhônes Alpes pour la Guinguetta. Pour le même lieu de détente, Alain Sanou est lauréat du prix de promoteur du meilleur site touristique de la région. Il reçoit aussi une récompense spéciale du ministère de l’environnement pour le projet Guinguetta. L’expertise d’Alain Sanou est sollicitée par la gendarmerie de Bobo pour l’aménagement du foyer verdoyant trônant actuellement devant le camp de Kuinima.

Son engagement pour la protection de l’environnement l’amène à prendre une position tranchée contre le déclassement des quatorze hectares de la forêt classée de Kua pour la réalisation de l’hôpital de référence de Bobo-Dioulasso.

La Guinguetta, preuve tangible de l’engagement de l’homme pour l’environnement et la culture

La Guinguetta est une mini-forêt qui trône sur la rive gauche du marigot Kou situé entre les villages de Konkorowé et Nasso. C’est l’œuvre de Alain Sanou qui a voulu répliquer la forêt Kou communément appelée la guinguette qui se trouve dans la même localité. Amoureux de la nature, il était peiné de voir cette forêt classée de Kou abandonnée à son propre sort. En mettant en place la Guinguetta, c’est une manière pour Alain Sanou de contribuer à protéger le marigot Kou qui prend sa source dans la forêt Kou. Sur ce site, le natif de Konkorowé a su mettre en harmonie la culture et l’environnement. A la Guinguetta, des objets culturels du terroir tels des tam-tam, des ruches traditionnelles, des pots et canaris sont exposés de part et d’autres. Ce sont plusieurs dizaines d’espèces végétales locales comme exotiques qui forment un couvert végétal attrayant sur une superficie d’environ sept hectares.

La Guinguetta, une des preuves de l’engagement de Alain Sanou en faveur de l’environnement

Alain Sanou y a mis de l’énergie, du courage, de la détermination et surtout beaucoup d’argent. De cette initiative de site écotouristique, il a créé de l’emploi et de la richesse au niveau local. Des artisans d’objets culturels de la localité vivent aujourd’hui de leur art grâce aux activités touristiques qu’il a développé à partir de la Guinguetta. Cette mini-forêt de grande renommée conduira l’homme en Belgique pour une grande école de protection de l’environnement. Il y a été admis grâce à son expérience de la création de la Guinguetta. Le quinquagénaire n’est pas au bout de ses rêves de création de forêt. Il entend créer une autre mini-forêt toujours sur le territoire de son village natal. Plein d’optimisme, Alain Sanou espère pouvoir impacter le développement local par les activités écotouristiques. Avec humour il prend parfois du plaisir à raconter le chapitre de sa dure expérience au début de la création de la Guinguetta. Mais pour lui, le développement passe par le changement de mentalité et de comportement. Et cela a toujours un prix à payer.

Témoignage sur Alain Sanou

Alain Sanou doit aujourd’hui son capital de sympathie auprès de sa communauté à sa capacité de résilience face aux difficultés dont il a su dompter pour impacter positivement le développement local. Altruiste, serviable et élégant dans ses prises de position, l’homme a comme défaut apparent la colère facile mais jamais rancunier. Très fidèle en amitié, certains de ses proches lui reprochent d’être un très bon samaritain au point de parfois frôler la ruine.

« J’ai rencontré Alain pour la première fois en 2004. Quand on s’est rencontré ce jour, il était environ 10h mais on s’est quitté autour de 22h. Il a passé toute la journée à me parler de sa vision pour le développement de Bobo-Dioulasso. J’ai vu en lui un homme engagé pour sa communauté. De là est née notre amitié. Depuis lors jusqu’à ce jour, c’est la première personne avec qui je communique quand je me réveille et c’est la dernière personne avec qui je communique avant de dormir. Même quand Alain gagne un morceau de viande, il peut garder ma part pendant deux à trois jours. Il aime beaucoup partager et il est très sensible aux difficultés des autres. Il est vraiment très fidèle en amitié », raconte Kani Mountamou, directeur de Publication de l’Express du Faso, un de ses amis intimes qui ne manque pas de lui faire des reproches.

« Ce que je vois comme défaut chez Alain, c’est qu’il s’énerve vite mais il n’est pas du tout rancunier. Ce que je lui reproche surtout c’est son altruisme débordant. Alain partage souvent l’argent aux gens sans compter. Il arrive des fois où il se vide les poches pour aider des gens. Je lui déconseille toujours ça mais il ne peut pas arrêter » lui reproche son ami.

Alain Sanou et Mountamou Kani, une amitié qui dure depuis 2004

Alexandre Sanou est natif de Konkorowé et par ailleurs président du comité local de gestion de la forêt Kou. Pour lui, Alain Sanou aime tellement l’humain qu’il a du mal à s’enrichir. « Si ce n’est pas parce que Alain aide beaucoup les gens, il serait à l’heure-là le plus riche de toute la communauté y compris. Tu ne peux pas aller expliquer ton problème à Alain sans être soulagé ne serait-ce qu’en partie. Je ne sais pas si c’est un défaut mais Alain est trop direct quand il veut exprimer ce qu’il pense », témoigne ce guide touristique qui reconnait aussi à l’ex adjoint au maire de la commune une colère rapide mais passagère.    

Un petit tour dans la communauté de Alain Sanou laisse tout de suite entrevoir sa générosité et sa gentillesse que lui reconnaissent les uns et les autres. Certains même l’appellent « le père des orphelins ».

Comment Alain Sanou est-il devenu amoureux de la culture et de l’environnement

Né en 1969, Alain Sanou est fils d’un catéchiste. Issu d’une fratrie de onze enfants, son enfance sera bercée par la bonne ambiance et l’environnement paisible de Konkorowé, son village natal. Auprès de son père, il apprend les travaux champêtres. Un père qui lui donne une éducation religieuse. Son certificat d’étude primaire en poche à la fin des années 80, il quitte son village natal pour le collège à Bobo-Dioulasso. Inscrit au lycée municipal de la ville, Alain Sanou devient un élève turbulent. Il est obligé d’aller poursuivre ses études au Collège de l’avenir avant d’être admis au lycée Ouezzin Coulibaly où il obtient son baccalauréat série A4 en 1992. Sa vocation, devenir éleveur moderne. Ses parents le convainquent à poursuivre les études. Il s’inscrit au département des lettres à l’université de Ouagadougou.

Quelques années plus tard, il prend le chemin de la Côte d’Ivoire pour rejoindre son frère alors fonctionnaire international. Son projet d’élevage lui tient toujours à cœur. Son frère est d’accord mais lui propose d’achever ses études universitaires d’abord. Il s’inscrit à l’université de Cocody et obtient une maîtrise en Lettres, art et Communication. Pendant ses années universitaires en Côte d’Ivoire, il est le président de l’association des jeunes ressortissants burkinabè d’Abidjan. Sa maîtrise en poche, Alain prend une année pour se former dans le domaine de l’élevage avant de regagner le Burkina Faso en 2002. Pendant son séjour chez son frère au pays d’Houphouët Boigny, Alain a eu la chance de faire le tour de plusieurs pays grâce au fonctionnaire international. Le Bénin, le Togo, le Sénégal sont entre autres des pays qu’il a sillonné. C’est de ces voyages que l’homme a pu aiguisé son amour pour la culture et l’environnement.

Des plages qu’il a fréquentées dans les pays côtiers, il a gardé de très bons souvenirs. Ce qui lui pousse à imaginer la même chose dans son pays et pourquoi pas dans son village natal. C’est de là qu’il y a eu le déclic de la création de la Guinguetta inspirée de la forêt Kou. Mais avant cela, il travaille d’abord au Conseil supérieur de la communication comme contractuel avant de rejoindre la Société Saga Express du groupe Bolloré. Pendant ce temps, il s’éloigne de la politique et se rend plus actif dans les mouvements associatifs.

Comment Alain Sanou est entré en politique ?


Rentré de ses études, Alain Sanou s’éloigne de la politique. Il s’engage plutôt dans les mouvements associatifs. Très vite, l’éclat de ses actions parvient à imposer son leadership dans sa communauté. Du haut de l’estime que lui porte la jeunesse locale, il pense à un facteur de cohésion pour rapprocher les différents villages de sa localité natale.

Ainsi naît de son initiative, le tournoi vacance éclosion et culture (VEC) dont la première édition s’est tenue à l’occasion de l’ordination de son ami prêtre à il voulait rendre hommage. Soungalo Apollinaire Ouattara alors secrétaire général de la présidence du Faso est le parrain de cette première édition du tournoi.

Face au succès de l’activité, Soungalo Apollinaire Ouattara décide de parrainer les prochaines éditions quand il apprend que le tournoi va être pérennisé. L’initiative de Alain Sanou prend très vite de l’ampleur.
Ainsi en 2012, le CDP arrive à Kokorowé avec ses listes pour les élections municipales. Personne ne se montre à la hauteur de la charge. Tenant compte de la notoriété de Alain Sanou, son village le plébiscite pour porter la candidature du parti aux élections.

Chose que Alain balaie du revers de la main car il ne voulait pas entendre parler de politique en tant qu’acteur. Sur insistance de la jeunesse, il finit par accepter. Il est élu avec brio et devient deuxième adjoint au maire de l’arrondissement 7 de Bobo-Dioulasso duquel relève son village. C’est le début de la carrière politique du leader associatif. Leur mandat à la tête du conseil municipal de l’arrondissement 7 est écourté par l’insurrection populaire de 2014.

Il revient à la charge en mai 2016 comme conseiller municipal dans le même arrondissement sous la bannière du parti Nouveau Temps pour la Démocratie (NTD). Il devient ainsi 4ème adjoint au maire de la commune à la faveur des jeux d’alliance de son parti avec la majorité présidentielle. A ce poste, il est chargé de la culture, de l’environnement, de l’éducation et de l’embellissement de la ville de Bobo-Dioulasso. Il est en même temps responsabilisé au poste de secrétaire général provincial du Houet du NTD.

Pour raison de santé, il démissionne d’abord de ce poste le 04 octobre 2021 avant de démissionner totalement du parti le 19 mai 2022 et ce, après que le coup d’Etat du 24 janvier 2022 ait mis fin à leur mandat le 08 février. Pour l’heure le natif de Kokorowé est sans parti politique. Mais rien n’a émoussé son engagement pour l’environnement et la culture.

Père de trois enfants et veuf depuis maintenant huit ans, Alain Sanou n’est autre que l’incarnation de la culture bôbô. Du haut de ses cinquante-trois ans, il a un rêve : faire de la culture bôbô une véritable industrie.

Alain Sanou est en un mot, le porte-flambeau de la culture bôbô et c’est un cas d’école qui doit et peut inspirer.

Abdoulaye Tiénon

La rédaction
La rédaction
Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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