Le procès des responsables de la Société immobilière Traoré et Frères (SITRAF) s’est rouvert dans la matinée de ce vendredi 18 septembre 2026 au Tribunal de grande instance (TGI) de Bobo-Dioulasso. Toutefois, les débats n’ont pas permis d’entrer dans le fond du dossier, une nouvelle qualification pénale ayant été ajoutée à la procédure.
Lionel Bilgo et Vincent Kaboré sont poursuivis pour exercice illégal d’activités de promotion foncière et publicité d’activités de promotion immobilière sans autorisation préalable de l’autorité habilitée. À ces faits s’ajoute désormais une nouvelle infraction : le blanchiment de capitaux, présenté comme une infraction autonome.
Selon le parquet, cette nouvelle qualification découle des compléments d’enquête effectués dans le dossier, qui avaient notamment justifié son renvoi lors d’une précédente audience.
Pour le parquet, cette nouvelle qualification relève de la compétence du pôle économique et financier (ECOFI). Il estime donc nécessaire de se dessaisir du dossier au profit de cette juridiction, afin de permettre, selon lui, une « bonne administration de la justice ».
Du côté de la défense, cette position du parquet a suscité des réactions. L’un des avocats des deux prévenus a estimé qu’il s’agissait certes d’une question de procédure, tout en évoquant des « tâtonnements ». Un autre conseil de la défense a, pour sa part, clairement exprimé son souhait de voir le dossier être jugé : « Nous voulons que le dossier soit jugé », a-t-il déclaré.
Lionel Bilgo et Vincent Kaboré, sereins à la barre
À la barre, Lionel Bilgo et Vincent Kaboré sont apparus sereins. Costume noir soigneusement repassé, lunettes sur le nez et chaussures bien cirées, l’ancien ministre de l’Éducation nationale a suivi les échanges avec attention, sans laisser transparaître d’inquiétude particulière.
Pendant que leurs conseils prenaient part aux débats et défendaient leur position, Lionel Bilgo et Vincent Kaboré sont restés silencieux et attentifs.
Ali Djibey/Ouest Info




