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Burkina: Métier de parkeur, un gagne-pain silencieux à Bobo-Dioulasso

À Bobo-Dioulasso, il n’est pas rare de croiser un parkeur. Aux abords des marchés, devant les hôpitaux, pharmacies, débits de boisson ou encore différents services, ces acteurs de l’ombre restent constamment présents. Une activité souvent banalisée, parfois méprisée, mais qui pourtant nourrit son homme. En contact avec quelques parkeurs à Bobo-Dioulasso, ils lèvent un coin de voile sur l’activité de parking et ses contours.

Le marché central et le Centre Hospitalier Universitaire Souro Sanou (CHUSS) sont deux importants centres à forte affluence humaine à Bobo-Dioulasso. Les usagers de ces lieux ne peuvent compter sans les parkings. Ainsi, les parkeurs autour de ces deux centres se tapent de bons chiffres d’affaire.

Oumar Sanou est le gérant du parking au Centre Hospitalier Universitaire Sourou Sanou

Oumar Sanou est gérant de parking au CHUSS. Il exerce le métier de parkeur depuis 2001. En 25 ans de carrière, il en arrive à la conclusion que le métier de parking est un métier noble. « Il n’y’a pas de sot métier », lance-t-il avant de préciser qu’il tire bien son épingle du jeu en plus de créer de l’emploi pour les jeunes. « Je suis parkeur depuis 2001. Actuellement, nous employons 27 jeunes. J’ai six (06) enfants tous scolarisés sans difficultés. C’est donc vous dire que je vis bien du métier parking », nous confie Oumar Sanou.

Ce dernier n’a toutefois pas manqué de souligner les difficultés du métier. Les pertes d’engins sont le plus gros risque du métier. « C’est vrai que nous gagnons bien notre vie dans le parking mais nous rencontrons beaucoup de difficultés. Par exemple, on a souvent des problèmes avec certains clients qui, apparemment de mauvaise foi, ne préparent pas la monnaie avant de venir au parking. Il y a aussi que certaines motos se gâtent avec nous et dans ces cas, il faut réparer. Les pertes de motos sont les plus gros risques que nous courons. Dans ma carrière, c’est jusqu’à 09 motos que nous avons perdues et nous avons remboursé leurs propriétaires. Pour réduire ces risques, nous avons été obligés de fixer des caméras de surveillance », avoue Oumar Sanou.

Sur les tarifs fixés par le gouvernement, ce dernier rassure que le tarif fixé pour les centres de santé est celui qu’il applique à ses clients.

Ardjata Sanou est une cliente au parking de Oumar Sanou

Ardjata Sanou est une cliente de Oumar Sanou. Pour elle, mettre sa moto au parking est une mesure de sécurité. C’est pourquoi, elle dit toujours confier sa moto aux parkeurs chaque fois qu’elle se rend dans un lieu public. Pour les tarifs en vigueur, Ardjata Sanou dénonce le fait que ce n’est pas respecté à certains endroits. « A l’hôpital ici, des parkeurs continuent d’encaisser 100 F CFA par moto alors que c’est mentionné 50 F CFA sur le ticket. C’est ce que je n’arrive pas à comprendre », dénonce Ardjata Sanou.

Yacouba Kaba est gérant de parking au marché central de Bobo-Dioulasso

Au marché central de Bobo-Dioulasso, nous croisons Yacouba Kaba dans un parking.  Il exerce le métier depuis 2006 et gagne très bien sa vie. Comme Oumar Sanou, lui-aussi, revient sur les difficultés liées à la gestion des parkings « Nous perdons parfois des motos. Pour réduire ces risques, nous ne baissons jamais la garde. C’est ce qui rend l’activité compliquée à notre niveau », laisse entendre Yacouba Kaba.

Sur la question des nouveaux tarifs des parkings, Yacouba Kaba coupe court : « Nous nous sommes dans un marché. On n’est pas concerné par ces nouveaux. C’est toujours 100 F CFA ». Le parking dont Yacouba a la gestion refuse du monde. Pour lui, cette situation s’explique par le fait que le marché central est un important lieu de rassemblement humain quotidien. Il travaille quasiment tous les jours sans repos. Il invite les uns et les autres à ne pas voir au travail de parking un sot métier car, dit-il, il nourrit bien son homme.

Comme Yacouba Kaba et Oumar Sanou, ils sont nombreux ces gens qui font qui vivent et qui font vivre décemment des familles avec ce business à Bobo-Dioulasso.  

Palm Serge/stagiaire (Ouest Info)

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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