Le taro est un tubercule saisonnier cultivé dans certaines localités du pays. Disponible en saison d’hivernage, il est prisé pour son goût et ses valeurs nutritives malgré son prix relativement élevé pour certains bobolais. A chaque saison, un commerce se développe autour de ce tubercule. Installées aux abords des voies, devant les concessions, dans les marchés, des femmes et des hommes s’adonnent à la vente du taro. Une équipe de Ouest Info est allée à la rencontre de certains vendeurs dans la matinée de ce mercredi 20 août 2025 pour en savoir davantage sur le taro.
Nous sommes en pleine saison d’hivernage. Difficile de faire un tour en ville ou dans un marché sans apercevoir des tas de taro en vente. Au marché des fruits et légumes de Bobo-Dioulasso, le constat est palpable. Les taros, dans des sacs ou en tas, sont exposés tout le long des allées par des grossistes et détaillants.
Salif Ganamé est sexagénaire. Il est dans le commerce du taro il y a plus de dix (10) ans. Assis sous un hangar devant un magasin, il fait face à des dizaines de sacs de taro éparpillés. En attente de potentiels clients, le vieux commerçant grossiste de taro discutent avec ses camarades. A son contact, il nous apprend que les taros qu’il vend proviennent de plusieurs localités de l’ouest du pays. « Je ne suis pas un détaillant mais un grossiste. Les taros que je vends me viennent de Kangala, de Badara, de Samogohiri et Orodara. Les prix des sacs de taros varient entre 15 000 F CFA et 17 500 F CFA », fait savoir Salif Ganamé.

Sur les contours de ce commerce, le sexagénaire fait comprendre que la vente de taro a ses difficultés. « Le taro est un tubercule qui se gâte si ça dure dans nos mains. Donc je casse souvent les prix pour les détaillants afin de ne pas tout perdre », explique-t-il.
Assise aux abords du marché des fruits et légumes de Bobo-Dioulasso sous l’ombre d’un parasol, elle surveille de près ses tas de taros disposés dans l’attente de potentiels clients. Elle, c’est Barakissa Traoré, une vendeuse de taro en détail. Les taros qu’elle vend, proviennent de la province du Kénédougou. « Je suis dans la vente de taro depuis maintenant plus de 10 ans. Les taros que je vends proviennent du Kénédougou plus précisément de Orodara. Je les vends en tas et les prix de ces tas varient entre 1 000 F CFA et 2 000 F CFA », nous confie Barakissa Traoré.
Cette dernière trouve son compte dans la vente de ce tubercule. Mais comme tout autre commerce, elle fait face à des difficultés dans la conservation de ce produit. « La vente est bénéfique car j’arrive à subvenir à mes besoins. Parfois je subis des pertes dans la vente car souvent ma marchandise pourrit », raconte-t-elle.

Malgré que le prix du taro est jugé élevé, il reste un aliment prisé par des bobolais. Riche en fibres, en vitamines et en énergie, le taro contribue à une alimentation saine et équilibrée. En plus de ses vertus nutritives pour les consommateurs, ce tubercule est un gagne-pain passager pour certains acteurs du secteur informel de Bobo-Dioulasso.
Aïchata Ouattara, Kini Dofinitessan & Larissa Sant’anna (stagiaires)/Ouest Info