Constitutionnaliste, ancien ministre de la culture et actuellement conseiller culturel du président du Faso, Abdoul Karim Sango n’est pas passé par quatre chemins pour faire savoir aux participants à la conférence que « la démocratie africaine est en panne ». C’était lors de la conférence publique initiée à Bobo-Dioulasso, samedi dernier, par le CGD.
S’expliquant sur cette affirmation, il fait noter qu’excepté quelques pays, la démocratie n’a pas été adaptée aux réalités des peuples de la plupart des pays africains où ce mode de gouvernance est en œuvre y compris le Burkina Faso.
Convaincu de sa position sur le sujet, il a dénoncé le fonctionnement de certaines institutions du Burkina. « J’ai souvent honte du fonctionnement de certaines institutions de mon pays qui ne répondent à aucune de nos réalités sociales et culturelles. Il y a des pays comme le Ghana, le Cap Vert, le Botswana où personne ne peut rêver d’un coup d’Etat car l’on y trouve des institutions fortes. Et ces institutions ne sont fortes que parce qu’elles se fondent sur les réalités socioculturelles de leurs peuples » a soutenu le conférencier Abdoul Karim Sango.
Pour corriger le tir au Burkina Faso, il propose que l’on repense les institutions de la république en tenant compte des réalités du pays. Aussi, il a suggéré que la chefferie traditionnelle se tienne à l’écart de la politique.
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En revanche, le constitutionnaliste propose à la place des nombreuses institutions qui œuvrent pour la paix et la cohésion sociale, un « haut conseil de la chefferie traditionnelle ».
Cette institution pourra ainsi jouer selon l’ex ministre de la culture, un rôle d’organe consultatif sur toutes les questions qui intéressent la vie de la république.
Dépolitiser l’administration et l’armée en mettant l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, est également un ingrédient indispensable à apporter à la table des réformes souhaitées.
Avec un tel format institutionnel au pays des Hommes intègres, Abdoul Karim Sango est sûr que le pari de la paix sociale et du développement est gagnée de moitié. Et les choses pourront avancer comme sur des roulettes.
Il a donc invité les jeunes à être les ambassadeurs de ces valeurs pour donner un jour, la chance au Burkina Faso d’avoir des institutions fortes, gage de son développement durable.
Abdoulaye Tiénon/Ouest-info.net




