Les taxis constituent souvent la première et la dernière image qu’un visiteur garde d’une ville. À Bobo-Dioulasso, pourtant, l’état de certains véhicules alimente les critiques des usagers et fragilise l’activité des conducteurs. Entre un parc automobile vieillissant, une baisse de la clientèle et une concurrence de plus en plus forte, les acteurs du secteur appellent les autorités à accompagner le renouvellement de leur parc. Ouest Info est allé à leur rencontre dans l’après-midi du samedi 19 juillet 2026.
Sièges déchirés, garnitures usées, portières qui se ferment difficilement et habitacles marqués par plusieurs années de service : certains taxis présentent un état de vétusté préoccupant.
À cela s’ajoutent des bruits stridents, des moteurs qui fument parfois et l’absence de numéros d’identification sur certains véhicules. Malgré ces conditions, ces taxis continuent de sillonner quotidiennement les rues de Bobo-Dioulasso et de transporter des passagers.

Pour de nombreux observateurs, cette situation contraste avec le rôle que jouent les taxis dans l’image d’une ville. Ils sont souvent les premiers à accueillir les voyageurs à l’aéroport et les derniers à les conduire avant leur départ. Leur état peut donc influencer la perception que les visiteurs se font de Bobo-Dioulasso.
« Nos véhicules ne répondent plus aux attentes des clients »
Les taximen ne nient pas les difficultés liées au mauvais état de leurs véhicules. Pour Amadou Traoré, président de l’Union des acteurs de taxi de la région du Guiriko, le principal défi reste le vieillissement du parc automobile.
« La première difficulté que nous rencontrons, c’est le moyen roulant. Nos véhicules ne répondent plus aux attentes des clients. À l’aéroport, il est rare de voir un client choisir un taxi parce qu’il estime que le véhicule n’est pas à sa hauteur. Il en est de même devant certaines compagnies de transport », explique-t-il.

Selon lui, cette situation a également entraîné la perte de plusieurs contrats de transport scolaire. « Avant, des parents nous confiaient le transport de leurs enfants vers les écoles et nous étions payés chaque mois. Aujourd’hui, avec l’état des taxis, beaucoup ne veulent plus prendre ce risque », regrette-t-il.
Des recettes émiettées
À la vétusté des véhicules s’ajoute une concurrence de plus en plus forte. Les taximen évoquent notamment l’arrivée de la SOTRACO, le développement des tricycles et l’essor d’autres moyens de transport. « La rentabilité a fortement baissé. Avec la SOTRACO et la concurrence des tricycles, nos recettes journalières sont passées d’environ 8 000 FCFA à 4 000 FCFA », déplore Amadou Traoré.
Pour les conducteurs, cette baisse des revenus complique davantage l’entretien des véhicules, créant ainsi un cercle vicieux : des recettes en baisse, des moyens limités pour l’entretien et un parc qui continue de vieillir.
Un appel au renouvellement du parc
Face à cette situation, les professionnels du secteur espèrent un accompagnement des autorités. « Depuis longtemps, on nous annonce le renouvellement de notre parc automobile, mais jusqu’à présent, rien n’a été fait. Si les autorités nous accompagnent pour rénover nos moyens roulants et aménager des aires de stationnement, nous pourrons regagner la confiance des clients. Nous gardons confiance dans le gouvernement actuel », affirme le président de l’Union des acteurs de taxi de la région du Guiriko.

L’Union compte 1 797 taxis officiellement identifiés. En attendant la concrétisation du projet de renouvellement du parc, l’organisation affirme avoir contribué à plusieurs initiatives citoyennes, notamment à travers un appui à l’Agence Faso Mêbo et sa participation à la caravane de la Manifestation de la Révolution progressiste populaire.
Ali Djibey (stagiaire)/Ouest Info




