Après près de deux décennies d’inactivité, le barrage de Kokologho est de nouveau opérationnel. Le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, a procédé ce samedi 1er août 2026 à la mise en eau officielle de l’ouvrage réhabilité, dans la province du Boulkiemdé, région de Nando. L’événement marque une étape importante dans la politique gouvernementale de renforcement des infrastructures hydrauliques destinées à soutenir la production agricole et le développement rural.
Construit en 1955 grâce à la mobilisation des populations locales, le barrage avait déjà fait l’objet d’une première réhabilitation avant de céder totalement en 2008.
Pendant dix-huit ans, la localité a été privée d’un outil essentiel pour l’agriculture, l’élevage et les activités économiques liées à l’eau.
Une réhabilitation financée par l’État
Les travaux, entièrement financés par le budget national au titre de l’exercice 2025, ont été exécutés par l’Office national des barrages et des aménagements hydroagricoles (ONBAH). Réalisés en seulement trois mois, ils ont permis de restaurer intégralement l’ouvrage et d’en accroître la capacité de stockage, désormais supérieure à 806 000 mètres cubes d’eau.

Présent à la cérémonie, le Chef du Gouvernement a salué la rapidité d’exécution et la qualité des travaux. Selon lui, cette réhabilitation ouvre des perspectives concrètes pour la mise en valeur agricole de la zone.
Un levier pour l’économie locale
L’un des principaux enjeux de ce projet réside dans l’aménagement annoncé d’un périmètre irrigué d’environ 25 hectares. Ce futur espace de production devrait favoriser le développement du maraîchage, de la riziculture, de la culture du maïs, ainsi que des activités de pisciculture et d’aquaculture.

Au-delà de la production agricole, les autorités misent sur les retombées économiques de l’infrastructure : création d’emplois, amélioration des revenus des producteurs, opportunités pour les jeunes et les femmes, mais aussi recharge de la nappe phréatique et préservation des écosystèmes environnants.
Préserver un investissement stratégique
Lors de son intervention, le Premier ministre a insisté sur la nécessité d’assurer la pérennité de l’ouvrage. Il a demandé au gouverneur de la région de Nando et au président de la délégation spéciale de Kokologho de mobiliser les populations autour de la protection et de l’entretien du barrage, estimant que son efficacité dépendra également de l’implication des bénéficiaires.
L’objectif affiché est de faire de cette infrastructure un véritable moteur de développement local, capable de stimuler les activités agricoles et de générer des revenus durables.
La souveraineté alimentaire comme horizon
À travers la remise en service du barrage de Kokologho, le Gouvernement entend renforcer sa stratégie de maîtrise de l’eau et de valorisation des ressources nationales. L’ouvrage est présenté comme un outil de transformation économique, mais aussi comme un instrument au service de la souveraineté alimentaire.

Pour les autorités, le succès de cette réhabilitation se mesurera moins à la qualité des travaux qu’aux récoltes futures, à l’occupation des jeunes dans les périmètres aménagés et à la capacité des populations à tirer durablement profit de cette ressource retrouvée.
Madi Tiéndrébéogo/correspondance particulière




