A Bobo-Dioulasso le dolo est la boisson préférée de nombre de personnes. Des cabarets sont de plus en plus ouverts pour le réconfort des adeptes de cette boisson, le dolo. En trois (03) jours de transformation des vendeuses tirent leur épingle du jeu et les consommateurs se procurent leur goût préféré. Dans la matinée du jeudi 29 janvier une équipe de Ouest Info dans certains cabarets au contact des tenants à cette boisson de la ville.
La boisson locale communément appelée le dolo est le fin produit du sorgho ou du maïs. Le goût change selon que la matière utilisée est l’un ou l’autre. Deux étapes sont nécessaires pour la préparation du dolo selon les femmes que nous avons approchées. Tout commence par la germination du sorgho qui dure environ cinq (05) jours. Quant à l’étape de la préparation proprement dite elle dure trois jours (03) et c’est la levure mélangée à la boisson qui donne le produit fin prêt à consommer. Cette activité est non seulement une source de revenue pour les vendeuses mais, un exutoire pour les amateurs de la boisson au sorgho ou au maïs. Bien que bénéfique il Ya des difficultés que ces femmes rencontrent dans le métier.

Au cabaret 8 mars de Ouinzzinville, Nana Poda est la dolotière du jour. Pour elle préparer le dolo c’est donner le meilleur goût de boisson au consommateurs. « Je prépare le dolo pour étancher la soif de mes clients. Ils aiment ma boisson. Pendant plus de dix ans je gagne ma vie dans la préparation et la vente de dolo. Je vends entre 30000 et 40 000 f. Mon dolo est beaucoup convoité par mes clients », a laissé entendre Nana Poda.
Au « cabaret kôrô Paul » du quartier saint Etienne de bobo, Véronique Paré est une préparatrice de la boisson locale. Pour elle on peut vivre de ce métier. mais il y a des clients de mauvaise foi. « Je vends du dolo il y a environ 25 ans. Je vends entre 35 et 45 000 f. C’est vrai qu’il y a des frais à supporter comme acheter du bois et de l’eau pour la préparation, moudre le sorgho mais ; J’arrive à subvenir à mes besoins avec ce métier. Mais certains clients achètent à crédit et ne nous paient plus. »

A bindougousso c’est Sabine Sanon la vendeuse du jour au cabaret Tiaraco. Elle s’est attardée sur les difficultés qu’elle rencontre dans le métier. « Nous supportons beaucoup de frais et le contact avec le feu nous provoque souvent des maladies. Mais il y’a de quoi de quoi survivre dans ce métier » a confié Sabine Sanon.
Mesmin Somé préfère la boisson locale qui, selon lui est naturelle, pure et fait partie de la coutume dagara. « Depuis près de 40 ans je bois du dolo. C’est une boisson naturelle pure et profondément sollicitée dans nos pratiques. J’aime cette boisson pour ces nombreuses vertus. Quand je bois du dolo, je me sens bien ;je n’aime que cette boisson », a expliqué Mesmin Somé avant d’apprécie le goût de sa calebassée de dolo.
A la question sur d’éventuelles effets de la boisson, l’homme de 45 ans conseille brièvement que si tu es constipé il faut boire le dolo rouge. Cependant, ajoute -t- il, « j’invite les dolotières à ne pas mettre des produits dans la boisson pour la rendre trop alcoolisée ».
Un autre amoureux de la boisson locale c’est Antoine Ouédraogo, ancien Vigile de la Lonab. Pour lui le dolo est nourrissant et permet d’économiser. « Je préfère la boisson locale à la place de la bière car elle est nourrissante et elle me permet d’économiser. Avec 200 f seulement dans la poche je peux m’acheter un litre de dolo. Je bois de depuis mon enfance. J’ai 64 ans. Quand je bois je ressens la force. Je bois de façon modérée et il faut manger avant de boire », a confié Antoine Ouédraogo.

Au cabaret 8 mars un autre consommateur préférant gardé l’anonymat nous confie que « le dolo se sert dans une calebasse. Il n’a pas de goût quand il est servi dans un verre. Il ne faut pas la moderniser au risque de lui enlever son essence. Moi je bois le dolo chaque jour. Je peux boire quatre (0 4) litres par jour » nous a –t- il laissé entendre.
Les cabarets « 8 mars », « Koro Paul » et « Tiaraco » sont les cabarets que nous avons visités et; Nana Poda, Sabine Sanon Véronique Paré, Mesmin Somé et Antoine Ouédraogo un échantillon des gens que nous avons rencontrées au cours de notre interview.
Palm Serge /stagiaire (Ouest Info)




