Dix-sept ans après « un lotissement spécial », en 2009, d’un champ familial de plus de 60 hectares à au secteur 21 de Bobo-Dioulasso, Moussa Toungo Ouattara affirme n’avoir toujours pas reçu les 167 parcelles promises par la mairie en guise de dédommagement. Malgré un accord conclu entre les deux parties, le patriarche dit attendre toujours son exécution. Il se confie au micro de Ouest Info.
Plus de 60 hectares. C’est la superficie du champ de la famille Ouattara loti en 2009 par la commune de Bobo-Dioulasso, selon Moussa Toungo Ouattara. En contrepartie, un accord de dédommagement aurait été conclu avec la famille Ouattara.
Dix-sept ans après, les 167 parcelles promises sont toujours attendues, selon le patriarche Moussa Toungo Ouattara. Une situation qui alimente le mécontentement du patriarche, toujours dans l’attente du respect des clauses de cet accord.
Un accord de dédommagement toujours sans suite
Moussa Toungo Ouattara se souvient encore des discussions engagées avec les responsables concernés au sujet du dédommagement du champ familial. Selon lui, il a d’abord été proposé deux parcelles par hectare. Une proposition qu’il dit avoir refusée, estimant que le terrain était destiné aux activités agricoles et non à l’habitation.
Il affirme avoir ensuite proposé cinq parcelles par hectare. À l’issue des discussions, les deux parties se seraient finalement accordées sur trois parcelles par hectare. Un accord qui devait permettre de dédommager la famille à la suite du lotissement du terrain. « Ils ont accepté et on a signé un accord. Depuis la signature, plus rien », déplore Moussa Toungo Ouattara. Pour lui, le problème réside désormais dans le non-respect de cet engagement, alors que les années continuent de passer sans que les parcelles attendues ne soient attribuées.
Des démarches infructueuses et un appel aux autorités
Depuis la signature de l’accord, Moussa Toungo Ouattara affirme avoir multiplié les démarches pour obtenir son exécution. Mais, selon lui, celles-ci n’ont pas permis de faire avancer le dossier. « Plusieurs maires se sont succédé à la tête de la commune sans que la situation ne trouve de solution », raconte-t-il d’un air désespéré.
Kalifa Ouattara, fils aîné du patriarche, affirme avoir toujours accompagné son père dans ses démarches. Il indique avoir adressé chaque année des correspondances au premier responsable de la mairie pour réclamer les parcelles prévues dans l’accord.
En 2024, la famille s’est vue obligée de se tourner vers la justice. « Nous sommes allés au tribunal. Le procureur nous disait que la date limite des démarches judiciaires était passée », rapporte Kalifa Ouattara.
Malgré ces démarches, la famille affirme n’avoir toujours pas obtenu les 167 parcelles réclamées. Pour Moussa Toungo Ouattara, cette attente prolongée est d’autant plus difficile à vivre que l’accord avait été conclu à l’issue de discussions avec les responsables concernés. Il espère désormais que les autorités prendront les dispositions nécessaires pour que la promesse de dédommagement soit honorée.
À cet effet, Moussa Toungo Ouattara lance un appel aux autorités burkinabè, en particulier au président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, afin que son dossier connaisse enfin un dénouement.
Il rappelle que le chef de l’État a donné des instructions pour accélérer le règlement des problèmes fonciers. Une décision qui ravive son espoir de voir la promesse de dédommagement se concrétiser. « Que les autorités nous aident à régler ce problème pour sauver mon honneur », plaide-t-il, en espérant que les démarches entreprises depuis le lotissement de son champ en 2009 aboutiront enfin.
Du reste, cette affaire de lotissement du champ de la famille Ouattara, au-delà des 167 parcelles toujours attendues, a également entraîné des tensions au sein de la famille.
Moussa Toungo Ouattara affirme que certains de ses proches l’accusent d’avoir bénéficié des parcelles avec ses enfants. Dix-sept ans après le lotissement du champ familial, le patriarche attend toujours que l’accord soit honoré, afin de mettre un terme à cette affaire qui menace son honneur.
Ali Djibey & Ackim Traoré/Ouest Info




