Dans la ville de Nouna, périodes de vacances riment avec petits jobs pour les élèves. Pour ces vacances 2022, les rues de la ville grouillent de monde. Dans ce lot, des élèves notamment, déplacés internes, s’adonnent à de petits métiers.
Comme dans toutes les villes, les périodes de vacances occupent autrement les élèves à Nouna. Hors des salles de classes, beaucoup d’entre eux se livrent au petit commerce ambulant, à l’initiation aux métiers comme la mécanique, la menuiserie, la maçonnerie, la soudure et autres. Ces petites occupations permettent aux uns de subvenir à leurs personnels, aux autres de soutenir leurs parents et à certains d’assurer leur scolarité.
C’est le cas de Issa Konaté. Orphelin de père et personne déplacée interne à Nouna, cet élève bientôt en classe de Terminale D, ne peut que compter sur les revenus de ses occupations de vacances pour espérer continuer ses études.
« Cela fait bientôt quatre (04) ans que les terroristes nous ont chassés de notre village. Ma famille et moi, vivons donc à Nouna ici. Chaque vacance, je me promène dans la ville de Nouna pour vendre. Mes sœurs quant à elles, vont à Ouagadougou pour travailler. C’est devenu une coutume pour moi de mener cette petite activité génératrice de revenus chaque vacance. Ce petit commerce de pommade, parfum, porte-monnaie, lotus et autres me rapporte beaucoup. Car je parviens à chaque rentrée scolaire à aider ma maman pour ma scolarité et m’acheter de nouveaux habits et des chaussures. Je songe aussi à garder toujours quelque chose pour mes petits besoins supplémentaires.Certains camarades ont honte de se promener vendre mais moi je trouve du plaisir à le faire car c’est de là que je tire ma fierté d’être un homme » se montre-t-il courageux d’un air décomplexé.
A l’instar de cet élève déplacé interne, certains autres enfants le font pour soutenir leurs parents.
Fatoumata Zerbo est vendeuse de jus et fruits au petit marché du secteur 2 communément appelé « Palais ». Elle est fière de pouvoir soulager sa mère dans ses activités commerciales pendant les vacances. « Cela fait maintenant plusieurs années que je profite toujours des vacances pour aider ma mère dans son commerce au marché. Dans la soirée, je sors me promener avec les bananes, les oranges, les pommes et les jus dans la ville et je fais en moyenne une recette de 12000 fcfa par jour. Ce qui met toute la famille à l’abri du besoin », fait-elle le témoignage de son expérience d’occupations vacancières.
Fatoumata Zerbo et Issa Konaté ne sont qu’un petit échantillon d’élèves qui s’occupent sainement pendant les vacances scolaires les uns pour leurs scolarité et petits besoins, les autres pour aider leurs parents dans leurs activités et certains pour se préparer aux réalités de la vie active. En tout cas, ces enfants sont un bon exemple de résilience face à la situation sécuritaire qui affecte la vie socio-économique à Nouna depuis maintenant plusieurs années.
Adama Dama/Nouna




