La Laiterie Kossam de l’Ouest est une société basée à Bobo-Dioulasso et spécialisée dans la production et la commercialisation de produits laitiers. Depuis l’entrée en vigueur de la mesure portant interdiction de circulation des grosses motos, celle-ci se porte mal. Pour cause, les grosses motos sont les principaux moyens de livraison de ses produits.
« A la Laiterie Kossam de l’Ouest, nous avons treize (13) livreurs. Tous utilisent de grosses motos. Et parmi ces 13, seulement 2 exercent à Bobo-Dioulasso qui n’est pas concernée par la mesure. Les 11 autres interviennent dans des localités frappées par la mesure. Du coup, difficile pour eux d’y aller » relate Moumouni Sidibé, gérant de la société.
De cette situation, Moumouni Sidibé n’est pas sûr que sa société tienne. « Nous ne sommes même pas sûr de tenir pour les trois (03) mois (durée de la mesure) à plus forte raison son prolongement car, depuis son entrée en vigueur, on n’arrive plus à livrer partout » s’inquiète-t-il
A la question de savoir pourquoi ne pas faire les livraisons via les véhicules de transport en commun ? Moumouni Sidibé se veut catégorique : « ça ne résout pas le problème. Même si on envoie les produits par les transporteurs, ça ne s’achètent pas parce que dans les zones rurales, les articles se vendent et s’achètent dans les lieux qui grouillent de monde. Etant donné que les mouvements des populations sont aussi limités, ça ne change vraiment pas grande chose ».
S’il n’y a pas de solutions alternatives, Moumouni Sidibé pourrait se séparer de certains de ses 32 employés permanents. « Nous avons 32 employés permanents dans notre société. Avec la situation, si rien n’est fait, nous serons obligés de libérer certains car, nos ventes ont considérablement baissées » regrette-t-il.
Pour ce dernier, il faut rapidement trouver des solutions pour éviter de « créer de nouveaux chômeurs ». Toute chose qui ferait l’affaire des groupes armés qui recruteraient dans la frange jeune de la population où le problème d’emplois se pose avec acuité.
Estimant que plusieurs personnes sont dans cette situation, Moumouni Sidibé dit cependant comprendre la mesure. Mais il faut selon lui, éviter de créer des problèmes en voulant résoudre d’autres.
Jak




