A Bobo-Dioulasso, la période des fêtes de fin d’année rime généralement avec une côte élevée du business de la volaille. En cette fin d’année 2025, les carrefours et bordures de rue de la ville sont des lieux privilégiés pour le commerce des poulets. Un tour sur quelques sites de vente dans l’après-midi du 30 décembre 2025 a permis à une équipe de Ouest Info de faire le constat des prix de ces gallinacés qui varient entre 4000 FCFA et 10 000 FCFA.
4000 FCFA, c’est le minimum qu’il faut pour s’acheter un poulet à Bobo-Dioulasso en cette fin d’année à Bobo-Dioulasso. Au milieu de sa volaille sous une tente dressée pour la circonstance, Hamed Yaro surveille ses poulets dans l’attente de clients. Accompagné de quelques jeunes enfants qui l’aident, le vendeur ne se plaint pas trop du marché. Abordé sur son commerce occasionnel, il fait savoir que les prix de ses poulets vont de 5 000 FCFA à 8 000 FCFA. Il se montre conscient du coût relativement élevé de ses gallinacés. Mais il ne manque pas de justification à la situation. Pour lui, l’inaccessibilité des zones d’élevage et les nombreuses dépenses d’entretien de la volaille expliquent ces prix.

Malgré ces prix jugés élevés, les acheteurs se donnent, dit-il, les moyens pour s’en procurer. « Nous avons du mal à nous en procurer cette année par rapport aux années précédentes. Chez moi les prix sont compris entre 5000 F et 8000 F CFA. Les clients s’efforcent d’acheter malgré les prix car ils n’ignorent pas les difficultés liées à l’approvisionnement. Mais ils préfèrent la volaille bien en forme surtout. J’ai commencé à vendre depuis le 24 décembre. Depuis lors, je peux vendre en moyenne 60 têtes par jour. Mais après la fête de Noël, le marché était morose. Mais le marché reprend doucement bien avec le 31 décembre et le 1er janvier », confie Hamed Yaro.
Justin Odor est un autre vendeur de volaille à l’occasion des fêtes de fin d’année. Il s’approvisionne chez des fournisseurs sur place et revend pour en tirer profit. Il trouve lui aussi, les coûts des poulets élevés. Mais il comprend tout de même la situation. « Les prix des poulets à mon niveau varient de 4 000 FCFA à 5 000 F CFA. Il faut souligner que le marché n’est aussi abordable que les années antérieures. Par exemple l’année passée en cette période, j’ai vendu plus de 300 têtes. Cette année je n’ai pas encore pu vendre 100 têtes. Ce qui explique la cherté des poulets cette année, c’est l’insécurité et le coût élevé de l’entretien de la volaille chez les éleveurs », explique Justin Odor.
« Pour un seul coq, on nous parle de 7500 FCFA »
Du coté des consommateurs, la hausse du prix de la volaille est accueillie avec peu d’enthousiasme. Entre contraintes budgétaires et nécessité de s’approvisionner, ils tentent de s’adapter tant bien que mal à cette nouvelle réalité du marché. Sam de Dieu est le nom d’artiste d’un client. Il trouve cher les prix des gallinacés.

Pour ce client, la flambée du prix de la volaille est vraisemblablement due à la crise sécuritaire que traverse certaines zones d’approvisionnement. « Le prix de la volaille est trop cher sur le marché actuellement. Pour un seul coq, on nous parle de 7500 FCFA. Mais comme c’est pour se faire plaisir ainsi qu’à la famille, nous sommes obligés d’acheter. C’est différent des années passées. La situation pourrait s’expliquer par l’insécurité dans certaines zones où les vendeurs ne peuvent pas aller pour s’approvisionner. Mon souhait est que tout revienne à la normale pour qu’il y est davantage le bon vivre dans notre pays », souligne l’artiste.

Dame Soré est une potentielle cliente qui a du mal à se procurer de la volaille pour ses fêtes. Elle trouve les prix très élevés comparativement à l’année dernière. « Le poulet local est mon préféré mais il est assez cher par rapport aux poulets de chair. Cette année, le prix des volailles a connu une hausse considérable par rapport à l’année dernière. Je me renseigne d’abord sur les différents prix et en fonction de cela, je saurai le nombre de poulets que je pourrais acheter. De ce que j’ai entendu, les prix vont de 5000 F à 10.000 FCFA », s’étonne Dame Soré.
Les quelques témoignages sur les coûts élevés des poulets à Bobo-Dioulasso en cette période de fin d’année, sont une réalité qui pénalisent acheteurs et vendeurs, les uns dépensant plus pour acheter et les autres ayant du mal à écouler la volaille qu’ils ont à vendre.
Ackim Traoré, Serge Palm & Ali Djibey (stagiaires) / Ouest Info




