Dans la matinée du dimanche 18 janvier 2026, des résidents et propriétaires terriens d’une zone hors du lotissement du secteur 24 ont animé une conférence de presse. Au cœur de ce face à face avec la presse, un problème foncier opposant les conférenciers à une personne qui revendique la propriété des lieux.
Huit (08) hectares. C’est la superficie du terrain qui oppose des héritiers et résidents d’une zone non lotie du secteur 24 de Bobo-Dioulasso à un particulier. Un certain Boureima Ouédraogo revendique avec documents en main la propriété de cet espace.
C’est depuis 2022 qu’il souhaite déguerpir tous les résidents des lieux. Et c’est finalement le lundi 12 janvier 2026 qu’un huissier a procédé à la démolition d’une église occupant un hectare sur le site. Les autres occupants du site ont également été mis en demeure de quitter les lieux. Pourtant l’église brandit elle-aussi des documents qui lui confèrent la propriété de la superficie qu’elle occupe.
C’est l’essentiel de ce qui ressort de la conférence de presse des héritiers et résidents d’un espace de huit hectares du non-loti du secteur 24. Selon Bakary Sanou, un des principaux conférenciers du jour, l’espace de huit hectares est un terrain familial hérité de leur père Sou Sanou. Ce dernier avait, souligne-t-il, prêté l’espace à son ami Boureima Ouédraogo, pour exploitation.
Et c’est après le décès de leur père d’il y a une vingtaine d’années, dit Bakary Sanou, que son ami emprunteur du terrain a commencé à revendiquer la propriété des huit hectares. Selon Bakary Sanou, Boureima Ouédraogo dit avoir acheté l’espace avec leur défunt père. Chose que lui et frères héritiers rejettent en bloc. Pour Bakary Sanou, s’il y avait eu transaction entre son défunt père et Boureima Ouédraogo, il l’aurait su en tant que premier fils de Sou Sanou.
C’est en raison de leur droit à l’héritage que Bakary Sanou et ses frères ont morcelé l’espace et attribué à l’église et aux autres résidents. Pour Bakary Sanou, la démolition de l’église et la mise en demeure des populations à déguerpir ne sont pas admissibles car il reconnait leur avoir cédé les espaces qu’elles occupent.
Ainsi les héritiers et les responsables de l’église démolie, se questionnent sur l’authenticité des documents conférant la propriété du site à Boureima Ouédraogo. Bakary Sanou déclare que le nom qui figurent sur “l’acte de vente” que brandit Boureima Ouédraogo n’est pas le nom de leur défunt père. Ils disent donc ne pas comprendre comment ce dernier a pu bénéficier d’une décision de justice qui l’autorise à déguerpir les occupants des lieux.
Evariste Millogo est un des responsables de l’église démolie. Selon son récit, l’église a acheté le terrain avec les héritiers de Sou Sanou en 2014. Un achat à la suite duquel, l’église a entamé les démarches auprès des services compétents pour s’approprier légalement le terrain.

Une procédure qui a suivi son cours normal selon Evariste Millogo sans qu’aucun service ne souligne une quelque propriété antérieure sur ledit terrain. Ce qui lui fait douter des documents de propriété que brandit Boureima Ouédraogo. Il souhaite donc que les autorités compétentes se saisissent de l’affaire pour éviter que la situation n’échappe à tout contrôle.
Présent à la conférence de presse, Adama Ouédraogo, secrétaire général de la Coordination des associations pour le droit au logement a invité l’autorité à prendre à bras le corps ce problème afin de sauver des centaines de ménages qui manqueront d’abris si toutefois la décision de déguerpissement est mise à exécution.
Pour lui, la question a, au-delà du légal, une dimension sociale qu’il ne faut pas occulter. Si cette question n’est pas prise au sérieux, estime-t-il, elle va créer un nouveau foyer de tension sociale qui va alourdir la tâche des autorités dans le règlement des problèmes fonciers à Bobo-Dioulasso.
Ainsi, les conférenciers invitent les plus hautes autorités à s’impliquer dans cette affaire foncière pour préserver la paix et la cohésion sociale autour de ce site.
Abdoulaye Tiénon/Ouest Info
tienonabdoulaye@yahoo.fr




