À l’occasion de la 22e édition de la Semaine nationale de la culture (SNC Bobo 2026), la communauté lobi met en lumière la richesse de son patrimoine au Village des communautés, une vitrine culturelle qui permet aux festivaliers de découvrir un pan important des traditions du Burkina Faso. Une équipe de Ouest Info est allée à la rencontre d’un guerrier lobi sur le site.
Sur une affiche exposée, apparaît un homme presque nu, simplement vêtu d’une culotte. Autour du cou, un collier de cauris ; sur la tête, un chapeau en peau d’animal surmonté de trois plumes dressées ; à l’épaule, un arc. Cette affiche est en réalité le portrait d’une figure emblématique du guerrier lobi : Momo Wabiro.
Assis devant le stand de la communauté lobi, l’homme qui incarne ce guerrier est bien présent. Avec l’âge, il ne porte plus la tenue de sa jeunesse, mais reste un témoin vivant de cette tradition.
« Ce chapeau coiffé de plumes est pour le guerrier lobi ce que sont les casques pour les soldats aujourd’hui »
Souriant et disponible, Momo Wabiro se prête volontiers aux échanges et explique la signification des éléments de son habillement. Selon lui, le chapeau en peau d’animal symbolise le casque protecteur du guerrier lobi.

« Ce chapeau coiffé de plumes est pour le guerrier lobi ce que sont les casques des soldats aujourd’hui. Lorsqu’on le porte, on se sent en sécurité », confie-t-il.
Autre élément essentiel : l’herminette (outil proche de la houe ou du gourdin). Selon lui, cette arme était utilisée en combat rapproché et servait à la défense lors des affrontements.
« L’herminette est généralement utilisée lorsque l’adversaire est proche. Avant l’avènement de la modernité, c’était une arme de guerre », précise-t-il.
Les flèches, quant à elles, explique le guerrier lobi, permettent d’attaquer à distance ou d’achever une cible. Certaines peuvent même être empoisonnées. « Il existe des flèches extrêmement mortelles. Lorsqu’elles atteignent leur cible, il n’y a pas de remède possible », indique Momo Wabiro.

Interrogé sur les caractéristiques d’un guerrier lobi, il le décrit comme un homme loyal, travailleur, mais aussi combatif. « Le guerrier lobi est discret, mais il ne tarde pas à réagir lorsqu’il est provoqué », prévient-il.
Guerrier, homme de culture et d’expérience, Momo Wabiro est un dépositaire de la tradition lobi. Il possède une connaissance approfondie de la culture de sa communauté. Il lance ainsi un appel à la jeunesse burkinabè à se montrer à la hauteur de l’héritage que les anciens s’apprêtent à lui transmettre. Connaître sa culture et la préserver est, conclut-il, le secret d’un peuple invincible.
Aminata Ouédraogo et Ali Djibey (Stagiaires)/Ouest Info




