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Burkina : Nadège Badoit, une pépite culturelle bobolaise qui veut conquérir le monde par la danse

Nadège Badoit est une jeune artiste danseuse, interprète, comédienne de théâtre, mannequin et chorégraphe bobolaise. La danse, la principale corde de son arc, lui est désormais chevillée au corps. Par la danse, elle cultive une philosophie de vie résiliente face aux coups du destin. Elle défie ses propres exploits avec derrière la tête une ambitieuse idée : aller à la conquête du monde par la danse et la création chorégraphique. A la rencontre de Nadège Badoit, une pépite culturelle bobolaise qui trace sa voie vers le sommet du monde par la danse.

Elle est jeune, belle, extrovertie et surtout ambitieuse. La danse et la création chorégraphique sont pour elle un exutoire. Elle a décidé d’en faire un amortisseur des maux moraux et psychologiques du quotidien humain. Nadège Badoit est, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, une étoile montante de la danse, de la chorégraphie, bref de la culture bobolaise.

Son histoire avec la danse est récente mais avec déjà des racines peu ou prou profondes et des branches solides. Six ans de parcours professionnel pour un artiste est peu, dirait-on. Mais les six (06) ans d’histoire de Nadège avec la danse est un condensé de courage, de détermination et de belles expériences. A ses ambitions, il n’y a de limite que le ciel.

Nadège et la danse, c’est une longue histoire et elle imagine aujourd’hui mal sa vie sans la danse. Ses premiers projets artistiques séduisent déjà des institutions culturelles comme le Bureau Burkinabè du Droit d’Auteur (BBDA). En effet, l’institution a financé “ELLE”, un spectacle solo de Nadège présenté le 15 novembre 2025 suite à un appel à projets. Par des gestes raffinés et élégants parfois teinté d’une agilité maitrisée, la jeune fille a rendu hommage à sa mère et à sa sœur qui ont quitté le monde des vivants en 2019 et 2022. Par cet hommage singulier, Nadège Badoit tend une perche de réconfort à tous ceux qui ont perdu des êtres qui leur sont chers. Mais pourquoi “ELLE” pour elles et par elle pour une première création chorégraphique ?

Nadège Badoit et la danse : rencontre hasardeuse ou coup du destin

Nous sommes en 2019. Nadège Badoit perd sa mère. Toute petite, elle prenait déjà part aux compétitions de danse de Fitini Show. Mais, c’est avec la disparition de sa mère qu’elle va se reconnecter avec cet art de la scène en là laquelle elle voit un exutoire à sa peine.  Elle enchaine ainsi les répétitions. Nadège se remettait doucement du choc de la perte de sa mère quand elle perd sa grande sœur aimée en 2022. Un nouveau coup de massue pour une jeune fille de 24 ans.

Nadège et la danse, c’est une longue histoire

Sa foi ébranlée, sa force de résilience éprouvée, Nadège Badoit est en état de choc émotionnel. Plutôt que de courber l’échine, elle décide de rester maître d’elle-même. Une fois de plus, Nadège trouve en la danse un refuge. Séduite par les mouvements rythmés du corps, la jeune fille claire d’une sveltesse raffinée sent la nécessité de faire une carrière dans la danse. Elle décide de se professionnaliser par des formations.

J’ai commencé à danser depuis toute petite car je prenais part aux compétitions de danse à Fitini Show. Mais le vrai déclic est parti du décès de ma maman en 2019. J’ai commencé à danser depuis cette période car je trouvais du réconfort dans la danse. Et c’est en 2022 que ma formation en danse de création contemporaine a commencé à Ankata lors de la formation Next Generation 2.”, confie Nadège sur son histoire avec la danse.

 Comme un appel du destin, la jeune Badoit trouve un chemin de vie dans la danse. C’est le début d’une carrière de danseuse qui émerge d’un talent dormant. De ce talent émergent d’autres talents de chanteuse, de comédienne de théâtre, de mannequin et de coiffeuse. Dès lors, Nadège se lance à corps perdu dans les arts de la scène avec un accent sur la danse et la chorégraphie.

Pour varier ses expériences, Nadège enchaine les formations et résidences de création artistique à Ankata à Bobo-Dioulasso et au Centre de Développement Chorégraphique La Termitière à Ouagadougou notamment avec l’excellent danseur et chorégraphe international burkinabè Serge Aimé Coulibaly. Avec un goût exquis pour la danse, Nadège commence à mettre ses études universitaires en filigrane. La jeune fille finit par sacrifier ses études sur l’autel de sa passion pour la danse. Désormais, toute sa vie se conjugue en danse, chant, chorégraphie, mannequinat et comédie. “J’imagine mal ma vie aujourd’hui sans la danse. La danse est désormais comme mon ombre. En plus de la danse, je chante, je fais du mannequinat, je suis comédienne de théâtre et coiffeuse”, Nadège lève un coin de voile sur la construction de sa carrière et sa polyvalence de vie.

En quête de la meilleure version d’elle-même, ses temps sont consacrés à des répétitions de représentation ou de création chorégraphique. Ainsi s’ouvrent doucement les portes de l’international à la jeune danseuse bobolaise aux grandes ambitions.

De Bobo-Dioulasso à Yaoundé en passant par Toubab et Lomé, une carrière internationale en construction

Après la représentation du spectacle “ELLE” le 15 novembre 2025, Nadège Badoît enchaine les scènes tant au niveau national qu’international. Les performances de la jeune danseuse la conduit à Toubab Dialaw, une ville sénégalaise où elle participe à “Dialaw Festival” organisé par le chorégraphe burkinabè Sayouba Sigué. Elle marque d’une pierre blanche son passage à ce festival. Une belle occasion pour Nadège d’étoffer davantage son palmarès et garnir son carnet d’adresse.

« J’ai commencé à danser depuis toute petite car je prenais part aux compétitions de danse à Fitini Show »

De Toubab Dialaw, Nadège s’envole pour Lomé la capitale togolaise. Elle n’y va pas en tourisme ni en villégiature ; mais pour suivre une formation en “Danse Traditionnelle et d’Aujourd’hui et pour participer au Festival Oué Doupé initié par Affiadegnigban Senagbe Kossivi. A ce festival, elle ne passe pas inaperçu. Ses talents en danse marque les festivaliers. Nadège enregistre une fois de plus des performances séduisantes qui lui valent des lauriers.

De Lomé, Yaoundé attend la jeune danseuse pour le Festival International de Mouvement et Performance (Modaperf) sur invitation des promoteurs de l’évènement culturel en novembre 2025. Nadège n’y est pas allée en simple festivalière mais en artiste programmée sur scène. A cet évènement, elle joue en duo un spectacle intitulé “Zalm”. Une pièce inspirée de l’œuvre “Les Carnets secrets d’une fille de joie” de l’auteur burkinabè Patrick G. Ilboudo. Ce spectacle a été créé en commun avec son binôme à l’occasion d’une formation assurée par Sergé Aimé Coulibaly au Centre Culturel Ankata de Bobo-Dioulasso. Sur scène, la performance de la jeune bobolaise enchante bien les festivaliers venus de tous les coins du monde. Sa notoriété s’accroit, son capital de sympathie culturelle est côté et son expérience sur scène renforcée. Ainsi la jeune Badoit fait en 2025 des coups d’essai qui furent des coups de maitre à l’international.

De retour dans son Bobo-Dioulasso natal, elle est sans répit. Elle boucle 2025 avec une série de spectacles chorégraphiques dans la capitale économique du pays dont “Au Crépuscule des Batards”, une chorégraphie présentée par Ardji danse compagnie du 18 au 20 décembre 2025. Autant dire que 2025 s’est montrée généreuse envers Nadège Badoit qui semble devoir ces opportunités à sa propre détermination.

Nadège ne sait pas faire les choses de moitié… Je suis donc convaincu qu’elle touchera le sommet de son art

La passion de Nadège Badoit pour la danse, la création chorégraphique, le chant et la culture tout court n’est plus un secret pour personne dans son entourage. Son nom tend à se confondre avec la danse et la chorégraphie chez ses proches. Les performances qu’elle aligne n’étonnent guère. Nadège est une fille au caractère bien trempé si fait que rien ne l’arrête quand elle s’engage.

Père biologique de la jeune danseuse, Richard Badoit porte Nadège sa fille au centre de toute son attention paternelle. La danseuse incarne l’espoir d’un père qui reprend doucement goût à la vie après la perte de son épouse et de son autre fille. “Nadège a choisi la danse comme exutoire depuis la disparition de sa mère et de sa sœur. Elle a même créé et présenté un spectacle à leur honneur. A travers ce spectacle, elle a incarné les sentiments que ressent la famille de la perte de sa mère et de sa sœur. Je suis fier d’elle par rapport à ce qu’elle fait. Elle a tout mon soutien et je la souhaite le meilleur dans sa carrière”, témoigne le géniteur de Nadège. Ce dernier est confiant quant à l’excellence de sa fille dans la danse car souligne-t-il, “Nadège ne sait pas faire les choses de moitié. Quand elle s’engage, c’est avec corps et âme. Je suis donc convaincu qu’elle touchera le sommet de son art”, témoignage de Richard Badoit sur sa fille.

RH Moulaye est artiste slameur et membre du groupe musical Afrikan’Da. Son témoignage donne Nadège pour une reine de la perfection dans tout ce qu’elle fait. Pour lui, la jeune fille qu’il connait depuis ses premiers pas dans la danse est très active et très engagée pour son art. “Nadège a toujours eu l’envie de faire quelque chose qui sort de l’ordinaire. Sur scène, elle présente toujours la meilleure version d’elle-même car elle a toujours reflété et respecté l’image d’une Nadège perfectionniste”, confie l’artiste qui encourage sa cadette d’art à maintenir le cap pour être à la hauteur de l’espoir qu’elle incarne dans le domaine de la danse.

Idrissa Kafando, chorégraphe, pédagogue et formateur de Nadège

Idrissa Kafando alias Vicky est chorégraphe, pédagogue et assiste parfois Nadège dans ses créations et représentations artistiques. Il a croisé la jeune danseuse à Ankata au cours d’une formation, il y a environ trois ans. Il se souvient qu’après cette formation, Nadège a poursuivi sa formation en danse et chorégraphie jusqu’à ce qu’elle bénéficie du soutien du BBDA sur appel à candidature pour représenter “ELLE” le premier spectacle solo de sa carrière. “Pour moi, c’est déjà un grand pas qu’elle a franchi avec ce spectacle solo car pour moi, quand tu décides de faire un solo, chorégraphiquement, tu te mets en danger pour savoir ce que tu vaux. Elle l’a fait, elle l’a réussi et je trouve cela louable”, Idrissa Kafando se montre admiratif de la détermination de la jeune Nadège.

Le chorégraphe, pédagogue est sûr qu’avec une telle ténacité, un horizon infini de possibilités attend de s’ouvrir à la carrière de la jeune Badoit. Sur le caractère de cette dernière, ce qui aurait pu être un défaut chez Nadège est plutôt vu par Idrissa Kafando comme une qualité. Elle est difficile à convaincre sur ses positions au point se s’opposer souvent à son maître. Une opposition plutôt fructueuse selon Idrissa Kafando. “Sur le plan de la création, on est souvent opposé mais c’est purement et simplement sur le côté positif. En ce qui concerne son travail de création, je ne vois pas de défaut en Nadège, elle essaie juste de grandir. Et ce qui est important c’est la discipline, le respect et la combativité dont elle fait montre dans la pratique de son art”, témoigne Vicky.

Du reste, Nadège continue son bonhomme de chemin dans sa volonté de conquérir le monde. Une conquête où elle rêve de faire flotter le drapeau du Burkina par la danse et la création chorégraphique. En six (06) ans de carrière, le background de Nadège Badoit commence déjà à peser lourd. Mais ne dit-on pas qu’“aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années. Et Nadège incarne fort bien le sens de ce dicton. Mais en attendant la native de Bobo-Dioulasso continue de se former pour se donner les moyens de ses ambitions.

Abdoulaye Tiénon/Ouest Info

tienonabdoulaye@yahoo.fr   

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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