Le conseil d’administration de l’Union Nationale des Producteurs de Coton du Burkina Faso (UNPCB) a organisé une rencontre avec ses présidents provinciaux. L’objectif de cette rencontre est d’informer les producteurs sur les prix des intrants pour la campagne cotonnière 2023-2024 et de les inviter à la résilience pour relever les défis de la saison qui s’annonce difficile. C’était dans la matinée de ce lundi 03 juillet 2023 au siège de l’UNPCB à Bobo-Dioulasso.
Mettre tous les producteurs de coton au même niveau d’information sur les prix des intrants pour la campagne 2023-2024 ; c’est le principal objectif de la rencontre avec les présidents provinciaux de l’UNPCB à l’initiative du conseil d’administration de l’Union.
Cette réunion se veut selon N’Kambi Nikiébo, président de l’UNPCB, une rencontre d’information sur la campagne cotonnière en cours. Il estime que la communication est la force d’une bonne production cotonnière. C’est pourquoi, il soutient que la rencontre d’échange est importante à plus d’un titre.

Pour le président de l’UNPCB, l’appel aux présidents provinciaux vise d’abord à rendre compte des conclusions de la dernière réunion de l’Association Interprofessionnelle du Coton du Burkina Faso (AICB) sur la campagne cotonnière 2023-2024.
Les informations issues de cette réunion, souligne N’Kambi Nikiébo, annonce une campagne difficile avec les coûts des intrants qui sont élevés. « La campagne 2023-2024 est une campagne qui s’annonce difficile. Les années antérieures avec la subvention de l’Etat, on arrivait à supporter les coûts des intrants. Mais cette année, l’Etat n’a pu accorder que 10 milliards de Francs CFA à la filière eu égard au contexte sécuritaire. C’est un gros effort que l’Etat a fait mais c’est insuffisant pour les producteurs. Ce qui fait que les coûts des intrants sont très élevés et cela ne facilitera pas la présente campagne », le président de l’UNPCB annonce-t-il une campagne difficile.
Il a ainsi invité ses interlocuteurs du jour à se préparer et à préparer les producteurs à la base à une résilience pour faire face à la situation. « Dans les problèmes, il faut mettre son génie créateur en marche. Pour la présente campagne, il faut du courage, de la technique, du professionnalisme et du génie pour dompter les difficultés. Les producteurs doivent être plus que jamais unis et partager leurs solutions entre eux pour éviter les impayés », N’Kambi Nikiébo a-t-il exhorté ses camarades producteurs de coton.
Venu prendre part à la rencontre au nom de la SOFITEX, Casimir Tiahoun a décrit la situation de la campagne et son présage avant d’inviter les producteurs à privilégier des solutions endogènes pour pouvoir produire cette année. « Face à la situation qui se présente, on ne peut pas imposer aux producteurs de respecter l’itinéraire technique normale. Cette année, l’itinéraire technique est individuel. Il n’y a pas de solution qui puisse venir de l’extérieur pour sauver la situation. Il faut donc des solutions endogènes pour que les producteurs ne tombent pas en impayé », Casimir Tiahoun a-t-il conseillé aux représentants des producteurs présents à la rencontre.

Du reste, les participants à la rencontre d’information ont salué l’initiative et la franchise dans les débats. C’est le cas de Voubié Naon, représentant de la province du Sanguié. Pour lui, l’annonce du prix du kilogramme de coton à 325 FCFA a suscité la joie chez les producteurs. Mais le prix des intrants a étouffé cet enthousiasme. « Les prix des intrants cette année, c’est du jamais vu. Le prix du sac de NPK est à 28 000 FCFA et l’urée à 32 000 FCFA. Le litre du traitement phytosanitaire est de 6 000 FCFA. Ainsi le traitement à l’hectare est passé de 98 000 FCFA à plus de 150 000 FCFA cette année. Ainsi avec moins d’une tonne à l’hectare, ce n’est pas évident de rentabiliser. Il faut donc une sensibilisation pour que les producteurs puissent avoir une bonne gestion du crédit intrant », Voubié Naon a-t-il exposé la situation des producteurs pour la présente campagne.
Notons que pour la campagne 2023-2024, le gouvernement a accordé une subvention de 10 milliards de FCFA à la filière coton contre plus de 72 milliards de FCFA la campagne dernière.
Abdoulaye Tiénon




