Ce mardi 17 octobre 2023, les agents de la police municipale de Bobo-Dioulasso ont lancé une campagne de sensibilisation des commerçants installés aux abords des voies publiques. L’objectif est de les inviter à libérer ces espaces afin de faciliter la circulation et réduire le nombre d’accidents liés aux installations anarchiques sur les trottoirs de la voirie urbaine.
La campagne de sensibilisation menée par la police municipale de Bobo-Dioulasso s’inscrit dans le cadre d’une décision gouvernemntale de déguerpir les accotements de la voirie urbaine d’au moins deux (02) mètres.
Cet objectif fait suite à une vision du gouvernement de lutter contre l’occupation anarchique des abords des rues des villes du Burkina. En effet, ces espaces sont utilisés pour des activités commerciales, artisanales, industrielles ou des garages automobiles.
Selon l’inspecteur de police municipale Seydou Coulibaly par ailleurs directeur de la police municipale de Bobo-Dioulasso, cette campagne de sensibilisation de grande envergure commence avec trois (03) équipes. Une équipe se charge de la sensibilisation des occupants des abords des rues aux alentours du marché central de Bobo. Une autre équipe est en action sur le tronçon qui va de la place de la femme à la sortie de la ville route de Ouagadougou. Une troisième équipe sillonne l’Avenue Châlons-en-Champagne qui relie la place de la femme au rond-point du cinquantenaire.

« Cette opération s’inscrit dans la politique du déguerpissement de la commune de Bobo qui vient accompagner le communiqué institué par le gouvernement. En effet, notre ministère de tutelle a fait un rappel nous ordonnant de sensibiliser les citoyens qui occupent les emprises des chaussées de les libérer avant le 1er novembre 2023. Car l’occupation anarchique du domaine public n’est pas autorisée. Les enjeux de cette sensibilisation c’est de permettre aux commerçants de créer des parkings pour leurs clients. Nous souhaitons qu’ils se conforment au strict respect des termes du communiqué et qu’ils soient des acteurs qui nous accompagnent pour le respect des mesures prises », a déclaré Seydou Coulibaly. Le directeur de la police municipale de Bobo prévient tout contrevenant aux mesures de déguerpissement. « Nous les invitons par conséquent à rejoindre les marchés. Aux camionneurs qui occupent les emprises des chaussées, nous les invitons aussi à rejoindre les espaces de stationnement désignés par la commune. A compter du 1er novembre 2023, ceux qui ne vont pas coopérer seront soumis à des amendes et à des saisies provisoires. L’incivisme ayant la peau dure à Bobo, les récidivistes feront face à des poursuites judiciaires », prévient-il.
Amidou Koussoubé est le président du collectif des organisations des commerçants de Bobo-Dioulasso et responsable du marché central de Bobo-Dioulasso. Il salue l’initiative de la police municipale. Cette lutte, dit-il, est en marche il y’a longtemps mais les commerçants ne se sont pas encore pliés aux règles. Il espère qu’avec la sortie des agents aujourd’hui il y’aura des changements sans résistance dans les jours à venir.
Quant aux commerçants, ils disent comprendre la nécessité des mesures prises par le gouvernement. Pour cela, ils promettent de s’exécuter avant la date butoir. Ladji N’Diaye est commerçant de chaussures aux abords du marché central. Il est concerné par le déguerpissement mais apprécie néanmoins la mesure. « J’apprécie la procédure de la police car elle a commencé par des sensibilisations et non des saisies. Je ferai passer le message à mes voisins pour qu’on recule de deux (02) mètres du goudron. Ceux qui ne vont pas obéïr, la police fera ce qu’elle a à faire », a-t-il marqué son adhésion à la décision.

Tidiane Ouédraogo, informaticien reconnait que cette opération permettra de libérer les voies pour faciliter la circulation dans la zone du marché central.
Si certains sont prêts à coopérer, d’autres par contre sont un peu réticents. Nouhou Sawadogo est le propriétaire d’un magasin de vivres à côté du grand marché. Il est prêt à respecter la mesure mais à condition qu’elle soit observée par tous les occupants. Il donne ses raisons. « Après l’une des sorties de la police municipale, j’avais reculé de deux (02) mètres avec mes marchandises alors que chez mes voisins ce n’était pas le cas. Leurs clients profitaient de mon espace pour stationner et ma boutique n’était plus visible par les clients. C’est pour cela je suis revenu à mon ancienne place. Je ne refuse pas de reculer mais à condition que les autres fassent la même chose », a-t-il expliqué.
Notons que l’opération de sensibilisation va se poursuivre jusqu’au 1er novembre 2023. Après cette date, l’autorité municipale passera à la phase de la répression.
Adjara Djamilatou Coulibaly et Yipin Céline Nignan/Stagiaires




