Yacouba Drabo dit le Bonk est le coordonnateur national de la confrérie des dozos sans frontière. Répondant à l’appel de la nation en se faisant enrôler (VDP) pour aller combattre, il invite les dozos à s’enrôler massivement.
« Quand on parle de dozos de façon naturelle, nous sommes déjà tous des VDP même sans être enrôlés. Notre rôle et notre mission c’est de contribuer à accompagner les autorités et les FDS.
De tout temps nous avons montré notre disponibilité à l’égard des autorités. Mais une chose est de vouloir faire quelque chose, une chose est qu’on vous le permette effectivement.
Depuis le début de la crise sécuritaire nous avons été les premiers volontaires à nous engager. Nous avons mobilisé nos membres depuis plus de 4 ans pour participer à ce combat. A l’époque, nous avons approché les autorités avec des listes de volontaires dozos prêts à aider les autorités dans le travail. Les listes ont été réceptionnés ; l’affaire a traîné et finalement il n’y a pas eu de suite favorable.
Quelque part, cela a découragé certains dozos qui étaient pourtant prêts à se battre pour défendre leur pays sans qu’on ne leur offre l’opportunité. Voilà pourquoi avec l’avènement de l’enrôlement, nous avons décidé de montrer l’exemple en allant symboliquement se faire enrôler pour inciter les dozos à le faire massivement. Dans plusieurs régions du Burkina, les dozos se sont enrôlés notamment dans les Hauts Bassins, les Cascades, la Boucle du Mouhoun…
Peut-être que certains ont des craintes ou des questions sans réponses. Nous les invitons à s’enrôler pour répondre à l’appel des autorités.
L’enrôlement n’est pas seulement l’affaire du gouvernement. C’est l’ensemble des filles et fils du pays qui doit se lever et se donner la main pour combattre ce fléau. Personne ne viendra d’ailleurs pour sauver notre patrie, notre région, notre province ou notre village. Nous encourageons la jeunesse à comprendre et à se réveiller.
Si la situation s’est détériorée pour atteindre ce seuil, il faut reconnaître que les responsabilités sont partagées. Mais mieux vaut tard que jamais. Il faut qu’on prenne conscience et qu’on comprenne que chacun doit faire quelque chose. Il n’y a pas que l’enrôlement. On peut ne même pas aller s’enrôler mais travailler beaucoup plus pour défendre son pays. Il y a le côté du renseignement qui est essentiel dans ce combat. Dans les différents quartiers, vous avez des inconnus qui vont et viennent. Rien n’est à négliger. Vous pouvez toujours vous approchez d’eux et tendre intelligemment l’oreille pour recueillir d’éventuels renseignements qui pourraient aider les autorités.
Sinon s’agissant des dozos, nous sommes déjà engagés comme volontaires depuis longtemps. Si on nous dit de marcher, nous allions courir parce que nous avons déjà une longueur d’avance. Nous maîtrisons déjà un peu le métier des armes. Nous avons également bénéficié de la formation en police de proximité.
Savoir se servir de l’arme, savoir protéger son prochain et connaître ses limites. Il ne suffit pas de maîtriser les armes mais il faut l’utiliser pour un bon usage.
Que ceux qui viennent dans l’intention d’accompagner le fasse bien. Nous mettons en garde ceux qui s’engagent dans le but de satisfaire leur sale besogne. Qu’ils sachent qu’ils ne s’en sortiront pas.
Ceux qui ont la bonne foi pour accompagner, qu’ils sachent qu’ils peuvent participer à tous les niveaux. Tout le monde peut faire quelque chose. Que ce soient les autorités, les fonctionnaires, les commerçants, les hommes politiques, les opérateurs économiques … Chacun peut contribuer à sa manière pour faire bouger les lignes.
Les premiers VDP qui ont été engagés n’ont pas suffisamment été encadrés. Ils ont été abandonnés a eux-mêmes avec de nombreuses difficultés. Même le minimum de moyens n’a pas été mis à leur disposition pour faire le travail. C’est pourquoi je lance un appel à l’endroit des autorités pour qu’ils utilisent minutieusement les éléments qui seront enrôlés. Si toutefois les premiers engagés sur le terrain rencontrent des difficultés de nature à les faire douter, cela peut les décourager alors qu’il s’agit d’un combat de longue haleine.
Nous demandons aux autorités d’essayer de leur côté de soutenir comme il se doit les personnes engagées. Qu’elles soient soutenues, qu’on veille sur elles. On ne sait pas quand prendra fin cette guerre. Mais une chose est sure, le Burkina Faso sera libéré. Que ceux qui sont du côté de l’ennemi comprennent qu’ils ont encore le temps de déposer les armes et de revenir à la raison. Le Burkina Faso c’est le pardon.
Nous savons que certains se sont retrouvés dans le camp de l’ennemi sans le savoir. On peut t’obliger à faire du mal mais on ne peut pas t’obliger à rester à leur côté pour toujours. Il ne faut pas résister avec les armes à la main jusqu’à ce qu’on vienne mettre la main sur toi.
Ceux qui pensent que notre armée ne peut pas gagner cette guerre se trompent. Il faut faire confiance à nos FDS. Ils ont besoin de notre accompagnement. Cela peut les rassurer et les encourager dans la bataille.
Parfois on entend qu’il n’y a pas de matériel. Mais en matière de guerre, ce n’est pas seulement le matériel qui est l’essentiel. C’est le cœur. C’est l’homme d’abord. Quand on parle d’homme intègre c’est ça. C’est d’abord l’homme qui fait tout. Les autres viennent après comme moyens d’accompagnement.
Le plus important de cette bataille c’est l’union des enfants du pays. Il faut qu’à tous les niveaux on soit sur la même longueur d’ondes. Que chacun de son côté enterre la hache de guerre. Nous devons parler le même langage. Nous appelons les plus hautes autorités et surtout les hommes politiques d’essayer de taire leur divergence pour prendre en compte la souffrance du peuple.
Nous avons foi à notre armée mais sans l’union sacrée autour de leurs actions, la tâche ne sera pas facile. Nous sommes tous les enfants de ce pays. Nous sommes des frères. Nous devons nous pardonner et se comprendre.
Pour vivre mieux demain, nous devons nous unir dans le pardon ».




