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Pourquoi la réconciliation coince au Burkina Faso?: Le CGD pose la question à Bobo

Le centre pour la gouvernance démocratique (CGD) a organisé à Bobo-Dioulasso le samedi 23 juillet 2022, un dialogue démocratique sous le thème, « Réconciliation nationale : pourquoi ça coince ?»

Pourquoi les Burkinabè ont du mal à aller vers la réconciliation alors que depuis près de 10 ans, cette question figure dans tous les agendas politiques. Qu’est ce qui coince ?  Est-ce que c’est le format  qui pose problème ? Est-ce que c’est la démarche pour y parvenir qui pêche ? Pourquoi la réconciliation qui devrait unir les Burkinabè tend à les diviser ?

Voici autant de questions qui ont amené le CGD a interrogé les populations de Bobo-Dioulasso (à travers un dialogue démocratique) en vue de recueillir leurs propositions pouvant alimenter le processus de réconciliation.

A travers ce dialogue démocratique qui consiste à réunir des citoyens de différentes couches sociales autour d’un sujet d’intérêt national, le CGD entend également créer une adhésion populaire autour du processus pour « enfin permettre au Burkina Faso d’aller vers une réconciliation vraie ».

La réconciliation vue par Dr Doti Bruno Sanon…

Et pour planter le décor de ces échanges, le CGD a fait appel à l’historien Doti Bruno Sanon pour « interroger notre anthropologie, notre sociologie et notre histoire » sur la question de la réconciliation.

Pour l’historien, la réconciliation est un processus et sauter des étapes serait une mise en théâtre. « La réconciliation est un processus. Si on saute des étapes, on va encore retomber dans les mêmes problèmes » a-t-il martelé avant d’insister sur la place du pardon dans tout processus de réconciliation. « Dans la réconciliation, le pardon est essentiel car, il désarme et apaise les cœurs. Ç’a toujours été ainsi dans les sociétés », souligne-t-il.

Anselme Somda, chargé de programmes du CGD

De ce qui bloque la réconciliation, l’historien en sait quelque chose. Et ce sont selon lui, la non-maitrise des concepts de la réconciliation et son caractère sacré par les acteurs, la méconnaissance de l’histoire du pays, l’inexploitation des conseils des personnes ressources (collège des sages), la multiplication des déchirures à tous les niveaux de la société (dans la famille, dans l‘administration, etc).

Si nous voulons une réconciliation dit-il, « il va falloir qu’on se réconcilie d’abord avec notre histoire et reconsidérer la famille ». « La connaissance de l’histoire est importante dans la réconciliation. Il faut d’abord maitriser l’histoire de cette société. Il y a des crises qui datent de la période précoloniale, depuis les 16ème et 17ème siècles qui ressurgissent. On se réconcilie avec sa propre histoire et avec la génération à venir. Dans la réconciliation, la famille est importante car, c’est dans la famille qu’on apprend à être humble, à demander pardon quand on a offensé l’autre. Si la famille est devenue aujourd’hui un espace de droit et non de devoir, comment voulez-vous que les enfants qui sortent de ces familles puissent vivre dignement et se réconcilier de façon régulière avec l’autre ».

Pour une réconciliation vraie, il faut commencer par le bas…

Dans les échanges, tous ont été unanimes de la nécessité d’aller à une réconciliation nationale pour le « bien de la nation ».

Cependant, les uns et les autres proposent que celle-ci commence par le bas et ne devrait être uniquement une affaire entre politiciens.

Elle doit être selon les différents intervenants, sociale, économique, historique etc.  « Il ne faudrait pas que la réconciliation fasse la promotion de l’impunité » ont clamé bon nombre d’intervenants. « Avec ce que nous avons entendu, il revient maintenant au CGD de les faire monter vers les pouvoir publiques en vue de leur prise en compte », a indiqué Anselme Somda, chargé de programme du CGD.

Jack/Ouestinfo.bf

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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