A chaque édition de la SNC, la question d’hébergement des artistes s’est toujours posée avec acuité. Pour l’édition 2023, le comité national d’organisation s’est engagé à améliorer les conditions d’hébergement de ceux qui donnent un sens à la SNC, c’est à dire les artistes. Mais qu’en est-il des réalités sur le terrain. Le constat est que malgré « les efforts » du comité d’organisation, les artistes ne semblent toujours pas satisfaits de leurs conditions d’hébergement. C’est du moins ce qui ressort d’une visite d’une de nos équipes sur les différents sites d’hébergement des artistes.
Contrairement aux années antérieures, la plupart des artistes n’ont pas été logés dans des salles de classe. Pour ce faire, des sites comme le stade Sangoulé Lamizana, le centre Mariama Bâ, la Cité de Bobo 2010 ont été aménagés à cet effet.
De ces différents sites à priori, les artistes, par rapport aux éditions antérieures « sont logés dans des conditions plus aux moins acceptables ».
Malgré ce que le comité national d’organisation appelle efforts, les artistes ne semble toujours pas satisfaits de leurs conditions d’hébergement.

Les artistes logés à la cité de Bobo 2010 se sont plaints de leurs conditions d’hébergement pendant la SNC 2023. Conditions qui ne leur permettent pas, disent-ils, de s’épanouir afin de pouvoir mieux compétir.
Encadreur de troupes en compétition, Yacouba Coulibaly dénonce les conditions d’hébergement de la 20ème édition de la SNC. Pour lui, ces conditions sont plus catastrophiques que celles des éditions antérieures. « Cette année, nos conditions d’hébergement sont chaotiques. J’ai trouvé pour l’édition antérieure meilleure que cette année. Je dirai même que c’est moins sérieux de la part du comité nationale d’organisation (CNO). La cité Bobo 2010 est trop loin des lieux d’évènements. Il est difficile pour nous de se rendre aux lieux des activités inscrites dans le cadre de la SNC. En plus, notre bâtiment est contreplaqué et ils n’ont pas tenu compte du genre. Femmes et hommes habitent dans le même bâtiment », s’indigne-t-il.
Comme les artistes du Kénédougou, ceux de la région de l’Est également disent être mal logés. Logé tous dans une grande salle séparée par des contre-plaques, femmes, hommes et enfants partagent le même bâtiment à Bobo 2010.
Avec un matelas d’une place chacun, ces artistes ne sont pas satisfaits de leurs conditions à la SNC 2023. Pour Emmanuel Wango, artiste de la troupe zoodo de Tibga, la 20ème édition de la SNC n’a pas tenu ses promesses du côté de l’hébergement des artistes. « Ce n’est pas la première fois que je participe à la SNC. Mais nous n’avons jamais vécu les mêmes conditions que cette 20ème édition. Beaucoup de gens disent que ça été une réussite parce que à la cérémonie d’ouverture le président était là. Mais au niveau des artistes les conditions de logements ne sont pas du tout bonnes. Quatre régions qui se trouvent dans une même salle et une seule porte. Les hommes et les femmes sont dans un seul et même magasin. Pour les années antérieures, c’était dans des écoles et on se plaignait mais là-bas au moins, chaque troupe avait sa salle où elle pouvait faire des répétitions. Mais cette année, on est obligé de sortir pour faire nos répétitions. Pour ça, je ne peux pas dire que je suis satisfait de l’organisation. Un artiste qui vient pour la première fois à cette édition ne vas jamais avoir un bon goût de la SNC », explique Emmanuel Wango.

Tout comme ce dernier, Yacouba Coulibaly lance un appel aux autorités en charge de la culture à vite opérationnaliser la cité des artistes et faciliter du même coup leur mobilité pendant les événements culturels comme la Semaine nationale de la culture. Ainsi les artistes souhaitent une prise en compte des observations des artistes et de tous les acteurs culturels pour améliorer davantage leurs conditions pendant les événements culturels notamment la SNC.
Sita Guiti/stagiaire (Ouest Info)




