spot_img
spot_img
spot_img

Tronçon Malon- Wolokonto dans la Léraba : Un calvaire de 10 Km

Wolokonto est une petite commune rurale du Burkina Faso. Située dans la province de la Léraba à équidistance entre les villes de Banfora et de Sindou, cette commune est une zone agricole par excellence. Cependant elle est enclavée. Y accéder est un parcours du combattant. En effet, le tronçon reliant Wolokonto et Malon, les deux principaux villages de la commune est aujourd’hui, dans un état de dégradation avancée. Les habitants de ces localités sont obligés d’organiser des travaux d’aménagement à chaque fin de saison d’hivernage pour assurer l’écoulement de leurs produits agricoles. Cette année, les populations de la zone ont encore respecté la tradition. A compter du 24 septembre jusqu’au 08 octobre 2023, quatre jours de cet intervalle de temps ont suffi aux natifs de la localité pour rendre temporairement praticable le tronçon qui désenclave la commune.

Axe Malon- Wolokonto. Un tronçon d’environ 10 km qui donne du fil à retordre aux populations de la commune rurale de Wolokonto en saison d’hivernage.  Ce tronçon a, en effet, été aménagé pour la première fois en 2000. Cette piste rurale subit l’usure du temps et des intempéries. Ainsi cette route voit son aire de circulation se réduire d’année en année avec les pluies diluviennes. Aujourd’hui, elle ne reste presque plus l’ombre d’elle-même la réduisant ainsi en un petit sentier. Sur la petite chaussée qui reste à peine praticable, des nids de poules y trônent royalement avec de l’eau stagnante en cette fin de saison d’hivernage. Les deux petits ponts sur le tronçon menacent de céder. L’évacuation de malades ou de femmes enceintes vers les villes de la région est une aventure aux contours incertains car tout peut arriver. L’écoulement des produits agricoles à la fin de la saison met tous les producteurs de la commune à l’épreuve du mauvais état du tronçon.

Les populations fortement mobilisées pour rendre praticables la principale voie d’écoulement des produits

En désespoir de cause, les usagers de la route ne manquent pas l’occasion de la raccommoder à chaque fin d’hivernage. Mais les premières pluies de la saison suivante suffisent pour mettre encore à nouveau hors d’usage la piste rurale mettant ainsi les natifs de la localité dans un perpétuel recommencement tel le mythe de Sisyphe. En immersion dans cette commune rurale, la tristesse et l’amertume sont les sentiments les mieux partagés par les populations face au mauvais état de leur route. Sans se résigner, elles se sont organisées en cette fin de campagne agricole 2023 pour rénover leur seule voie de désenclavement. Selon elles, cette initiative locale fait suite au silence des autorités municipales face à l’état de dégradation avancée de leur infrastructure. « Nous menons ces activités d’aménagement depuis 2013. Et chaque année c’est ainsi. Si nous sautons une année sans faire d’aménagement, l’année qui suit nous sommes obligés sinon on ne peut pas circuler », nous relate Issouf Hié, un natif de la localité.  

Sur l’organisation de la réfection de la route par les populations locales, Issouf Hié donne des explications. « La méthode consiste à faire passer l’information par la sensibilisation pour mobiliser les jeunes. Et cela marche très bien car par moment, on peut atteindre 200 ou 300 jeunes. Et là, on se répartit en groupes de 20 à 30 personnes. Les endroits où le passage est un peu difficile, le groupe creuse le sable aux abords et avec les cailloux sauvages qu’on transporte dans les tricycles on remplit ces trous ainsi de suite jusqu’à finir les dix kilomètres », explique-t-il. Et c’est au son du n’goni (instrument de musique local) que se font généralement les travaux qui s’étalent sur plusieurs jours de manière discontinue.

En entendant l’Etat, les populations ont décidé de prendre leur destin en main

Selon notre source, plusieurs approches ont été faites auprès des autorités municipales, provinciales et régionales pour ne serait-ce, à défaut du bitume, faire un reprofilage. Des approches qui, à l’entendre sont restées jusqu’à présent lettre morte. « Les années antérieures précisément en 2021, nous sommes allés voir le directeur provincial chargé des questions d’infrastructures routières de la Léraba. A l’époque, nous avons fait une délégation qui est allée le rencontrer pour faire des plaidoyers qui n’ont pas porté fruits. La direction régionale en a même été informée. Chaque fois que nous devons mener ces initiatives d’aménagement, on les approche. Mais seulement, ils nous promettent de transmettre à qui de droit nos doléances. C’est dans cette incertitude que nous sommes jusqu’à présent », nous confie Issouf Hié d’un ton calme qui camoufle mal sa colère. Une incertitude qui est devenue selon ce dernier un désarroi pour les populations qui ne savent plus à quel saint se vouer. Pourtant, la localité, poursuit-il, est un grenier important de production de cultures telles que la noix de cajou, la mangue, le sésame, le bissap.  

« Aujourd’hui, nous produisons beaucoup la noix de cajou, la mangue, le bissap entre autres. Mais il est très difficile pour nous d’écouler ces produits vers les centres urbains à cause de l’état de la voie. Nous souffrons vraiment. Souvent, certains de nos produits ne trouvent pas preneurs parce que les villages sont difficiles d’accès », Issouf Hié rumine-t-il son amertume.

Au regard, des capacités de production agricole de la commune de Wolokonto, Issouf Hié et sa communauté souhaitent voir ce tronçon aménager pour leur permettre d’écouler facilement leurs produits. Mais pour l’instant, ils doivent se contenter des initiatives locales, en attendant que l’autorité se penche sur leurs cris de cœur.

Diakalia SIRI, de retour de Wolokonto pour Ouest Info

La rédaction
La rédaction
Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

spot_img

Autres Articles

Réformes judiciaires au Burkina Faso : Le CGD forme des journalistes à Bobo-Dioulasso

Le Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD) a organisé, les 10 et 11 mars 2026 à Bobo-Dioulasso, une session de formation au profit d’une...

Burkina/Fin du Ramadan 2026 : observation du croissant lunaire prévue le 19 mars

La Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB) a annoncé que l’observation du croissant lunaire marquant la fin du Ramadan 2026 aura lieu le...

Burkina Faso/ALERTE : L’arnaque aux épices bio refait surface!

L’arnaque aux épices bio persiste et fait de nombreuses victimes avec un préjudice financier très important.Le piège ?Par appel téléphonique, le cyber escroc lance...

Autres Articles