Dans le cadre de la 2e édition des Journées des Communautés, consacrée cette année au peuple Pougouli, la Direction générale de la Semaine nationale de la culture (SNC) a organisé, le vendredi 26 juin 2026 à la Maison de la culture de Bobo-Dioulasso, une conférence publique. Chercheurs, autorités coutumières et membres de la communauté se sont réunis autour du thème du mysticisme et des savoirs traditionnels pougouli.
L’objectif était de faire découvrir au public les valeurs culturelles, spirituelles et sociales de cette communauté, tout en mettant en lumière sa contribution à la préservation du patrimoine culturel burkinabè.

Une richesse culturelle saluée par les participants
Placée sous le thème « Le mysticisme dans la communauté Pougouli », la conférence a permis aux intervenants d’expliquer les fondements de ce savoir traditionnel, ses modes de transmission ainsi que son rôle dans la préservation de l’identité culturelle du peuple Pougouli.

Étudiant en sciences économiques, Ernest Tienou a dit avoir été impressionné par la richesse culturelle et les valeurs sociales de cette communauté. « Je retiens que la communauté Pougouli est très riche, surtout en valeurs sociales. Le côté mystique m’a beaucoup marqué, ainsi que son héritage socioculturel. J’ai aussi découvert certaines spécificités liées au mariage traditionnel, aux rites funéraires et aux initiations. Tout cela montre une communauté bien organisée, avec des traditions riches et profondes. Cette expérience m’a permis de comprendre à quel point la culture africaine est plus riche qu’on ne l’imagine souvent », a-t-il confié.
Le mysticisme, un savoir traditionnel transmis de génération en génération
Pour Fulgence Blauké Nouma, maître-assistant en littérature orale africaine à l’Université Joseph Ki-Zerbo, le mysticisme chez les Pougouli constitue une véritable science traditionnelle reposant sur des savoirs et des codes transmis de génération en génération.

« C’est une science du peuple Pougouli qui relie les vivants et les morts, le visible et l’invisible. Il existe des codes qu’il faut savoir maîtriser. Si l’on ne les maîtrise pas ou si on les utilise contre la nature, cela peut se retourner contre soi », a-t-il expliqué.
Des savoirs traditionnels au service de la sécurité
Intervenant également lors de la conférence, Di Aristide Zingué a évoqué la contribution que pourraient apporter les savoirs traditionnels pougouli à la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso.

Selon lui, ces connaissances peuvent contribuer, sur le plan spirituel, à renforcer la protection des combattants engagés sur le terrain. Il a notamment évoqué des pratiques et des pouvoirs transmis dans la tradition orale, tout en insistant sur leur dimension culturelle.
Au terme de cette conférence, les échanges ont permis aux participants de mieux comprendre les fondements, les représentations et les enjeux des savoirs traditionnels du peuple Pougouli.
Cette initiative s’inscrit dans la volonté de la SNC de valoriser les richesses culturelles locales et de renforcer le dialogue entre les différentes communautés du Burkina Faso.
Ackim Traoré/Ouest Info




