spot_img
spot_img

Bobo-Dioulasso : ces braqueurs à moto scooter qui traquent les noctambules

A Bobo-Dioulasso, des cas de braquages sont de plus en plus constatés dans certains quartiers. Le mode opératoire de ceux qui s’adonnent à ces actes de grands banditisme est quasiment le même. Toutes les victimes rencontrées décrivent un binôme à moto scooter, encagoulé et/ou en capuche muni de machettes qui surgit à des heures indues et tient en  respect leurs cibles avant de disparaitres dans la nature avec leurs téléphones et les clés de leurs engins. A la rencontre de quelques victimes de ce ou ces binôme(s) motorisé(s),  témoignages sur des actes de grand banditisme au cours du mois d’août 2026 à Bobo-Dioulasso.

À Bobo-Dioulasso, par le travail des services de sécurité, le grand banditisme a du mal à prospérer. Malgré ces efforts de maillage de la ville, certains quartiers sont des repaires de jeunes qui s’adonnent à des actes de grand banditisme. Comme pour dire qu’en matière de lutte contre le grand banditisme et la criminalité urbaine, il n’y a pas de guerre à gagner mais des batilles permanentes à mener.

Belle-Ville, Lafiabougou, Bobo 2010. C’est le lieu de jeu favori de jeunes délinquants à certaines heures de la nuit ces derniers temps. Des personnes se font agresser par des binômes à moto scooter engoulés ou en capuche armés de machettes. Ils ciblent les personnes isolées dans des zones non ou peu éclairées.

Ils surgissent et les tiennent en respect avec leurs machettes avant de repartir aussitôt avec leurs téléphones. Si leurs victimes possèdent des engins, ils emportent avec eux les clés. La stratégie des bandits est, selon les victimes intérrogées, d’empêcher des tentatives de course-poursuites ou aller rapidement vers les services de sécurité les plus proches.

Awa et Ali braqués à Bobo 2010

Dans la nuit du 20 août 2026, Awa et Ali étaient au mauvais endroit et au mauvais moment. Il est environ 23 heures dans le quartier Bobo 2010. Etudiant, Ali quitte Belle-Ville à moto pour rendre visite à sa petite amie Awa. Une fois sur place, les deux jeunes s’installent dans une pénombre non loin de chez Awa. Ils se sont mis à converser loin des regards indiscrets, comme ils en ont l’habitude. Pris par leurs échanges, les deux jeunes ne font plus attention à ce qui se passe autour d’eux. Bercée par la légère brise de la nuit calme, les deux amis ont ignoré le bruit d’engins qui venaient vers eux de dos.

Une fois à leur niveau, deux binômes à moto scooter se garent et les encerclent. « Donnez vite vos téléphones », lancent les quatres braqueurs à leurs cibles. Au début, Awa et Ali, nous racontent-ils , pensaient presque à une plaisanterie. Mais lorsqu’ils aperçoivent les machettes, la peur prend rapidement le dessus. « Au début, on ne voulait pas donner, mais quand ils nous ont menacés de nous machetter, on a donné sans hésiter, car ils étaient vraiment prêts à passer à l’acte », témoigne Awa.

Les agresseurs repartent avec leurs téléphones et les clés de la moto sans la moto. Pour Awa, la scène reste encore vive dans sa mémoire.

Quelques jours plus tard, une scène similaire se produit dans le quartier de Belle-Ville. Cette fois, la victime est Mathias, gérant d’un kiosque.

Il est environ 1 heure du matin lorsqu’il ferme son kiosque pour rentrer chez lui. Ce qu’il ignorait, c’est que deux binômes à moto scooter l’attendaient dans une pénombre à quelques mètres de son kiosque. « Je rentrais. A peine bougé de mon kiosque, je vois quatre individus sur deux motos scooter me barrer le passage dans l’obscurité. Ils me disent de donner mon sac. J’ai refusé et ils ont sorti leurs machette », confie-t-il.

Mathias a finalement échappé aux délinquants grâce aux phares  d’un véhicule qui négociaient le passage. « Heureusement pour moi, ils ont vu le phare d’une voiture qui avançaient vers nous et ils ont pris la fuite », explique-t-il.

« J’ai tenté de crier au voleur mais j’ai eu peur parce qu’ils avaient une machette »

Le 11 août 2026, c’est Dramane Coulibaly qui a eu la malchance de croiser la route d’un binôme à moto scooter à Lafiabougou. Étudiant, il exerce comme vigile de 18 heures à 5 heures du matin dans ce quartier. Ce jour-là, alors qu’il rentrait chez lui aux environs de 6 heures, raconte-t-il, deux jeunes à moto scooter s’approchent de lui. Ils arrachent son téléphone avant de prendre la fuite. « Quand ils ont arraché mon téléphone, j’ai tenté de crier au voleur, mais j’ai eu peur parce qu’ils avaient une machette. Donc ma voix n’a pas trop porté », confie Dramane Coulibaly.

Au cours de notre reportage, nous eu la piste deux sœurs qui ont aussi été victimes de braquage il y peu, par des bandits qui ont emporté leurs téléphones. A leurs contact, elles n’ont pas voulu nous en dire plus. « Je ne veux plus revenir sur cet évènement dangereux qui a intervenu dans ma vie », nous a lancé une d’elles.

À travers les différents témoignages, la similtude des modes opératoires, des moyens roulants, des machette utilisées comme armes et des look décrits par les victimes que nous avons rencontré, font penser à un même groupe ou à un réseau de bandits spécialisés dans le vol de téléphones.      

En attendant que ces individus malveillants soient mis hors d’état de nuire, les victimes évitent désormais les sorties tardives non nécessaires, les zones isolées et non éclairées. Conseils que les services de sécurité ne manquent pas l’occasion de donner aux bobolais.

Ali Djibey (stagiaire)/ Ouest Info

NB: Image générée par IA

La rédaction
La rédaction
Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici
Captcha verification failed!
Le score de l'utilisateur captcha a échoué. Contactez nous s'il vous plait!

spot_img

Autres Articles

Mamina Sangaré : Une figure résiliente contre la drépanocytose à Bobo s’en est allée à 77 ans

Face à la drépanocytose, elle a lutté, elle a résisté et elle avait finit par briser le mythe de cette maladie génétique. Son secret...

Burkina Faso : l’ancien ministre Lionel Bilgo placé sous mandat de dépôt dans une affaire foncière

Dans un communiqué daté du 28 août 2026, le Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a informé l’opinion publique...

Autres Articles