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Affaire Tiendouré Moumouni : 2 mois après, les populations toujours en attente de la « lumière »

Dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 juin 2023, des militaires ont fait une descente musclée dans le quartier Diarradougou de Bobo-Dioulasso pour « bastonner » des résidents, causant la mort d’un jeune homme du nom de Tiendouré Moumouni et faisant des blessés. Du gouverneur de la région des Hauts-Bassins au chef d’Etat-major général des armées en passant par le gouvernement, tous avaient condamné cet acte « isolé » d’éléments des forces de défense et de sécurité et avaient promis que les auteurs seront identifiés et punis à la hauteur de leur forfait. Mais deux (02) mois après, les populations sont toujours en attente de voir la lumière jaillir sur cette affaire qui, repellons-le, avait fait couler beaucoup d’encre et de salive.

Que s’est-il réellement passé pour que, dans la nuit du 15 au 16 juin dernier, le jeune Tiendouré Moumouni qui s’apprêtait à prendre part à l’examen du baccalauréat 2023, trouve la mort suite à une descente musclée de militaires dans son quartier ?

A cette question, les populations de Bobo-Dioulasso, notamment du quartier Diarradougou dans l’arrondissement 2, attendent toujours la réponse, telle que promise par le gouverneur de la région ainsi que le chef d’Etat-major général des armées.

Retour sur une nuit mouvementée…

Ce jour-là en effet, aux environs de 21h selon des témoins, un cargo débarque dans ledit quartier. Aussitôt descendus du cargo, des hommes en tenues militaires entament les bastonnades. Hommes, femmes, vieux et enfants, personne n’a été épargnée. Plusieurs blessées et un mort, c’est le bilan de cette agression d’hommes en tenue sur des civiles.

La colère des résidents du quartier monte d’un cran.  Le corps sans vie du jeune en main, ils prennent la direction du gouvernorat où ils déposent celui-ci pour « exiger des explications de la part des autorités régionales ».

Les esprits se surchauffent. La tension monte.  Aux environs de 2h du matin, alors que les jeunes réclament toujours des explications, le gouverneur de la région, accompagné du grand Imam de Bobo-Dioulasso arrive sur les lieux.

Le très écouté Imam de la ville de Sya prend le devant des choses. Il appelle les manifestants au calme et ce, « au nom de l’Islam et de la cohésion sociale ». « Je vous conjure de pardonner et de laisser nos autorités mener leurs enquêtes. Prions plutôt pour le repos en paix de l’âme du défunt », s’était-il adressé aux populations en colère.

Lesquelles autorités ont séance tenante, rassuré que « cette affaire ne restera pas impunie ». Autour de 3h du matin, le corps du défunt est transféré à la morgue de l’hôpital Souro Sanou et les manifestants ont rebroussé chemin.

L’Etat-major général des armées et le gouvernorat sortent leurs griffes

Au petit matin du vendredi 16 juin alors que la toile est enflammée, l’on assiste à un bal de communiqués.

L’Etat-major général des armées et le gouvernorat de Bobo-Dioulasso, chacun de son côté, pond un communiqué dans lequel il essaie d’expliquer les faits avant de les condamner.

Aussi, ont-ils tous pris le ferme engagement de « tout mettre en œuvre pour que la lumière soit faite sur cette affaire » qui, en plus de ne pas honorer l’armée dans son ensemble, ne favorise pas la synergie d’action souhaitée entre populations civiles et forces de défense dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. « Ces actes de violences ne resteront pas impunis. Des dispositions ont déjà été prises pour situer les responsabilités et engager les poursuites qui siéent contre les auteurs de ces comportements peu recommandables », avait rassuré le communiqué du gouverneur.

Si ces communiqués avaient rassuré plus d’un de par la fermeté de leur ton, force est de constater que sur le terrain, les populations attendent toujours, deux (02) mois après, de voir la « lumière » jaillir sur cette affaire comme ce fut le cas dans l’affaire Yves Kohoun en 2014 où un gendarme, reconnu coupable de bavure qui a entrainé la mort d’un jeune a été condamné à 10 ans de prison ferme.

Jack Koné/Ouest Info

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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