La 5ᵉ édition des Journées portes ouvertes de la Direction régionale de recherches environnementales et agricoles de l’Ouest (DRREA-O), couplée à celle du Centre régional d’excellence en fruits et légumes (CRE-FL), se tient les 22 et 23 octobre 2026 à la station de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) de Farako-Bâ, à Bobo-Dioulasso.
L’objectif de ces journées portes ouvertes est de présenter aux producteurs et au grand public les technologies développées par les chercheurs nationaux pour améliorer la productivité agricole.
Plus d’une centaine de technologies présentées
« Accélérer le transfert et l’adoption des innovations agricoles pour une agriculture productive, durable et résiliente au Burkina Faso ». C’est sous ce thème que se tient cette édition des journées portes ouvertes. Elle réunit des élèves, des étudiants, des producteurs, des chercheurs ainsi que des autorités administratives, militaires et paramilitaires.

Au cœur de ces journées, le parc de technologies et d’innovations agricoles de la station de Farako-Bâ constitue un espace de découverte des résultats de la recherche. Les participants y découvrent plus d’une centaine de technologies présentées dans plusieurs filières agricoles et animales.
Selon le Dr Étienne Sodré, chercheur en agropastoralisme à l’INERA de Bobo-Dioulasso, ces innovations concernent notamment la pisciculture, l’élevage de vaches laitières et de chèvres, ainsi que la production de fourrage destiné à l’alimentation animale.

Les participants découvrent également des cultures telles que le riz, la banane plantain, le soja, le niébé, le manioc, la patate douce à chair orange, l’igname et le taro, sans oublier des fruitiers locaux comme le baobab et le jujubier.
D’autres technologies portent sur la gestion intégrée de la fertilité des sols et la production de composts destinés à améliorer la nutrition des plantes et à contribuer à la lutte contre certains ravageurs. Des espèces comme le kolatier, le cacaoyer et le caféier sont également présentées aux visiteurs.
Accélérer l’adoption des innovations agricoles
Pour Omer Sacamba Aimé Hema, directeur régional de l’INERA, ces journées constituent une occasion de partager les résultats de la recherche avec un public diversifié. Il souligne que les technologies présentées ont vocation à être vulgarisées afin d’accélérer leur adoption et de contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire au Burkina Faso.

Le vice-président du comité d’organisation, le Dr Éric Sombié, insiste également sur la nécessité de rapprocher la recherche des utilisateurs finaux. Pour lui, le transfert de technologies ne doit pas se limiter à leur présentation. Les producteurs doivent pouvoir y accéder, maîtriser leur utilisation et en tirer des bénéfices concrets.
Cette nécessité est également soulignée par Apollinaire Zoungrana, ingénieur agronome intervenant dans le cadre du projet TARSPro. Selon lui, certaines technologies appréciées par les producteurs lors de la première phase du projet rencontrent encore des difficultés d’adoption, notamment en raison de l’indisponibilité physique des semences.
Il estime qu’un partenariat avec l’INERA, chargé de fournir les semences de base, pourrait contribuer à lever cet obstacle et à favoriser une adoption durable.
Un engagement en faveur de la souveraineté alimentaire
Représentant le gouverneur de la région du Guiriko à la cérémonie d’ouverture, Sombémiwendé Nikièma a salué l’initiative. Il a souligné l’importance de ces journées, convaincu qu’elles permettront aux producteurs de découvrir des innovations susceptibles d’améliorer les rendements et de soutenir les efforts en faveur de la souveraineté alimentaire.

Le représentant du Lieutenant-Colonel Lassané Porgo, président des JPO, a également apprécié la démarche, estimant qu’elle permettra aux producteurs de découvrir des solutions innovantes pour améliorer leurs rendements agricoles.
Ces journées portes ouvertes constituent enfin une occasion pour les acteurs du secteur agricole de se rencontrer, de nouer des contacts et de partager leurs expériences afin de mieux répondre aux défis de la politique agricole actuelle.
Ali Djibey/Ouest Info




