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Bobo-Dioulasso : Quand le pied-à-terre de Blaise Compaoré devient un abri pour délinquants et ritualistes

Les 30 et 31 octobre 2014 ont été marqués par une insurrection populaire au Burkina Faso. Les Burkinabè ont opposé une grande résistance à la volonté de l’ex-président Blaise Compaoré, qui avait pour ambition de modifier l’article 37 de la constitution et de se maintenir au pouvoir, après 27 ans de règne. Ce jour, les manifestants dans leur mécontentement ont saccagé plusieurs édifices du pays parmi lesquels la résidence privée de l’ancien président à Bobo-Dioulasso. Neuf (09) ans après, ce site qui s’étend sur plusieurs hectares avec plusieurs villas dans son enceinte est toujours à l’abandon.

Quartier Lafiabougou de Bobo-Dioulasso, il est 8 heures lorsque nous foulons le sol du pied-à-terre de l’ex président Blaise Compaoré. Ce lieu qui était classé parmi les plus sécurisés de la région des Hauts-Bassins il y a 10 ans n’est plus que l’ombre de lui-même. Un portail double battant ouvert permet d’accéder librement à la résidence.

Les murs, même s’ils sont toujours solides ne laissent plus qu’apparaître l’esthétique qu’ils dégageaient au paravent. A l’intérieur, les herbes et autres arbustes ont pris la place des jardins qui étaient autrefois entretenus méticuleusement.

Une villa abandonnée depuis 2014 et devenu le nid de petits bandits

Un silence de mort réside désormais sur le site. Les belles villas elles, portent toujours les stigmates de la furie des manifestants. Si certaines ont été incendiées, d’autres par contre ont été simplement vandalisées.

Un site aux grands dangers aujourd’hui

« Depuis 2014, bien avant que les manifestations n’arrivent sur le site, ceux qui y vivaient avaient fui. Il y avait des objets de valeur à l’intérieur tels que des meubles et de l’argent (selon certaines personnes). Les manifestants ont tout pillé et ils ont disparu. Même après, certains revenaient la nuit, arrachaient des portes et des fenêtres et partaient avec », nous confie un habitant non loin de la zone. Cette résidence selon notre source, abrite aujourd’hui de grands dangers.

Un abri pour les « petits délinquants »

Selon lui, venir à cet endroit à partir d’une certaine heure notamment après le coucher du soleil est une très grande exposition au danger. « La résidence est très vaste. En plus, il y a beaucoup d’arbres et d’herbes. Les délinquants profitent souvent pour en faire leurs zones de rencontres. Plusieurs fois, des petits délinquants s’y rassemblent. Certains viennent, dit-il, pour se droguer où pour boire des excitants. Le coin est plein de produits de tout genre », affirme notre source.

Les petits délinquants ne sont pas seulement les habitués de cette ancienne résidence présidentielle.  « Il y a certains qui viennent pour faire des rituels. A véhicules, à pied ou à motos, des personnes entrent et quelques minutes après elles ressortent. D’autres viennent se laver dans l’enceinte même des maisons avec des décoctions et reprennent leurs chemins », raconte-t-elle.

Une utilisation du site à bon escient

Si certains utilisent ce cadre pour des pratiques peu recommandables, d’autres par contre viennent pour profiter de la nature, faire du sport ou bosser avec le grand calme qui y règne.

Si elles sont réhabilitées, ces villas peuvent être utiles au Burkinabè

C’est le cas de l’étudiant en Histoire, Cheick Traoré que nous avons rencontré sur place. « Le cadre est paisible et on peut bosser tranquillement. Il n’y a pas de bruit. Mais c’est un peu touffu, je ne rentre pas trop en profondeur », déclare-t-il.

Le réaménagement de la centaine de villas s’impose

Cette résidence qui était sous le feu des projecteurs, a aujourd’hui besoin de réaménagement pour servir utilement. Certaines personnes ne tardent pas à faire des propositions. « Ces bâtiments peuvent être réaménagés pour servir de logements pour les personnes déplacées internes de la ville de Bobo-Dioulasso par exemple », avance l’étudiant Cheick Traoré.

Selon lui, le gouvernement doit prendre des mesures urgentes pour réhabiliter ce lieu (à la mesure du possible), qui est en train de se dégrader progressivement.

SLS/ Collaborateur Ouest info

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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