Ce 30 septembre 2026 marque les quatre ans du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR 2), sous la direction du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. Depuis septembre 2022, plusieurs réformes, programmes et projets ont été engagés dans des secteurs considérés comme prioritaires.
La défense du territoire, la souveraineté économique, la transformation des ressources nationales, la santé, l’éducation, les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et la coopération régionale figurent parmi les principaux axes développés au cours de cette période. Cette présentation reste toutefois non exhaustive.
Défense et sécurité : la reconquête du territoire au cœur de l’action
La lutte contre le terrorisme et la reconquête du territoire constituent l’un des principaux axes de l’action engagée depuis 2022.
Les mesures prises se sont notamment traduites par le renforcement des Forces de défense et de sécurité (FDS), le recrutement de personnels ainsi que l’acquisition d’équipements et de matériels militaires.
Dans certaines localités, le retour de l’administration, des services sociaux et des populations est présenté comme une conséquence des opérations de reconquête. Selon les données communiquées à l’issue de l’évaluation des contrats d’objectifs au premier semestre 2026, le taux d’occupation du territoire national s’élevait à 74,53 % au 30 juin 2026.
Santé : infrastructures, équipements et réduction du coût des soins
Dans le secteur de la santé, l’Initiative présidentielle pour la Santé (IPS), adoptée et mise en œuvre à partir de juillet 2024, constitue l’un des programmes phares. Elle vise notamment à transformer et à moderniser les infrastructures sanitaires et à renforcer les capacités de prise en charge des patients.
Le Centre hospitalier universitaire de Pala figure parmi les infrastructures sanitaires majeures mises en avant. Mis en service en décembre 2025, il dispose de 500 lits, d’un centre de radiothérapie et de plusieurs équipements médicaux. Son coût de réalisation est annoncé à plus de 70 milliards de FCFA.
Des mesures ont également été prises dans le domaine de la dialyse. Depuis avril 2024, la caution préalable de 500 000 FCFA a été supprimée, tandis que le coût annoncé d’une séance est passé de 15 000 à 2 500 FCFA.
À cela s’ajoutent des dotations en équipements biomédicaux destinées à plusieurs grands centres hospitaliers, notamment dans les domaines de la cardiologie, de la pédiatrie et de l’imagerie médicale.
Dans sa première composante, l’Initiative présidentielle pour la Santé prévoit par ailleurs la construction de 55 centres médicaux communaux à travers le pays. À ce jour, 25 sont en construction, tandis qu’une dizaine est en phase de finition et d’équipement.
Éducation : renforcer les capacités d’accueil et moderniser les infrastructures
Dans le domaine de l’éducation, l’Initiative présidentielle pour une éducation de qualité pour tous (IPEQ) vise notamment à renforcer les capacités d’accueil et à améliorer les conditions d’apprentissage et d’enseignement.
À Bobo-Dioulasso, le complexe d’amphithéâtres de l’Université Nazi-Boni comprend un grand amphithéâtre de 1 200 places, quatre mini-amphithéâtres de 210 places chacun et six laboratoires.
La formation scientifique et l’excellence scolaire font également l’objet d’initiatives spécifiques. La première édition de la compétition féminine d’excellence scientifique « Hakili Mousso », consacrée aux mathématiques, à la physique et à la chimie, a réuni 84 finalistes.
À cela s’ajoutent les mesures annoncées pour résorber le chevauchement des années académiques et les retards dans les universités publiques du Burkina Faso.
L’instauration de l’immersion patriotique obligatoire dans certains parcours de formation figure également parmi les mesures mises en avant dans les domaines de l’éducation et de la formation.
Économie et industrie : transformer les ressources sur place
La transformation locale des matières premières constitue l’un des axes importants de la politique économique engagée depuis 2022.
Le projet de raffinerie nationale d’or occupe une place centrale dans cette stratégie. La RAFFINOR-BF a été inaugurée le 28 septembre 2026 à Ouagadougou. L’objectif annoncé est de renforcer la transformation locale de l’or produit au Burkina Faso. La raffinerie dispose d’une capacité initiale annoncée de 164 tonnes par an, avec une perspective d’extension à 515 tonnes.
Dans le secteur textile, le Complexe industriel textile des Forces du Burkina Faso (TEXFORCES-BF), inauguré en septembre 2026 à Bobo-Dioulasso, constitue une autre infrastructure industrielle majeure
Installé sur un site de neuf hectares, le complexe comprend notamment des unités de filature, de tissage et de confection. Sa capacité annoncée est de 2 160 tonnes de coton par an, pour une production pouvant atteindre 1 260 000 tenues.
Dans le secteur agro-industriel, l’usine de transformation de la pomme de cajou de Péni, dont la première pierre a été posée le 22 mai 2025, vise également à valoriser localement la production agricole.
Le complexe agro-industriel Agroserv, consacré notamment à la transformation du maïs en produits finis et en farines infantiles, s’inscrit dans cette même logique de transformation locale.
À ces réalisations s’ajoutent d’autres initiatives et projets industriels, notamment l’APEC, SOBTO-SA et SOFATO.
Agriculture : renforcer la production et la souveraineté alimentaire
Dans le secteur agricole, les interventions portent notamment sur l’accès aux équipements agricoles, la mécanisation, l’accompagnement des producteurs, la production céréalière et la transformation des produits agricoles.
Dans ce cadre, le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, a procédé à la mise en eau de plusieurs périmètres irrigués, notamment à Douna, Séguéla et Toukoro.
Ces infrastructures doivent contribuer au développement de la production agricole et à une meilleure maîtrise de l’eau à des fins agricoles.
Infrastructures : routes, voiries et désenclavement
Le projet d’autoroute Ouagadougou-Bobo-Dioulasso figure parmi les grands chantiers routiers engagés au cours de la période. La première pierre a été posée le 16 décembre 2025 à Yimdi, dans le cadre de l’initiative présidentielle Faso Mêbo.
Le programme Faso Mêbo comprend plus largement des travaux destinés à améliorer les infrastructures routières et l’aménagement du territoire.
À cela s’ajoutent les travaux d’aménagement et de réhabilitation de voiries dans plusieurs villes, ainsi que la réalisation ou la réhabilitation de certains ouvrages, dont le pont de Hèrèdougou et plusieurs axes stratégiques.
Énergie : accroître les capacités nationales de production
Dans le secteur énergétique, plusieurs actions portent sur l’augmentation des capacités de production et le renforcement du réseau électrique.
D’un montant de plus de 104 milliards de FCFA, le projet présenté doit notamment permettre de renforcer les capacités opérationnelles de la SONABEL et de l’Agence Faso Vêenem. L’objectif annoncé est d’atteindre un taux d’électrification de 70 % à l’horizon 2030, tout en réduisant la dépendance énergétique du Burkina Faso.
Plusieurs infrastructures thermiques ont également été mises en avant, notamment la centrale de Pabré, d’une capacité de 50 MW, et la centrale Bobo II, d’une capacité de 26,4 MW.
À Koudougou, une centrale de 25 MW a été inaugurée en août 2026. Elle doit contribuer à renforcer le réseau national et à accroître les capacités de production énergétique.
Les investissements dans les infrastructures électriques et les projets solaires s’inscrivent ainsi dans la volonté d’accroître l’offre énergétique nationale.
Mines : renforcer la maîtrise et la transformation des ressources
La politique minière s’articule notamment autour d’une volonté affichée de renforcer la maîtrise nationale des ressources.
La construction de RAFFINOR-BF constitue l’un des projets emblématiques de cette orientation. Au-delà de l’exploitation de l’or, la raffinerie doit permettre de développer les capacités nationales de traitement et de transformation du métal précieux.
À cela s’ajoutent la reprise de la Société de participation minière du Burkina (SOPAMIB) et une intervention accrue de l’État dans le secteur minier, notamment à travers la prise de contrôle de certaines activités minières.
Diplomatie : le rapprochement avec le Mali et le Niger
Sur le plan diplomatique, la période est marquée par une réorientation de la politique extérieure du Burkina Faso.
Le rapprochement avec le Mali et le Niger constitue l’un des principaux changements intervenus depuis 2022. Les trois pays ont renforcé leur coopération dans les domaines politique, diplomatique, économique et sécuritaire à travers l’Alliance des États du Sahel (AES).
Cette dynamique s’est notamment traduite par la mise en place progressive de mécanismes communs entre les trois États.
Au-delà de l’AES, le Burkina Faso a également engagé une diversification de ses partenariats dans plusieurs domaines.
Un bilan qui couvre plusieurs secteurs
De la défense à la santé, en passant par l’éducation, l’agriculture, l’industrie, les mines, les infrastructures, l’énergie et la diplomatie, les quatre années du MPSR 2 ont été marquées par plusieurs réformes, réalisations et projets.
Cette présentation distingue les réalisations déjà opérationnelles des projets en cours ou encore en phase de développement. Elle ne constitue donc pas un inventaire exhaustif, mais donne un aperçu des principaux chantiers engagés au Burkina Faso depuis septembre 2022
Ali Djibey/Ouest Info




