À travers une caravane de presse organisée les 3 et 4 juin 2026, Endeavour Mining a offert à des journalistes une immersion au sein de son usine de traitement de l’or à Houndé. Une occasion rare de découvrir les différentes étapes qui permettent de transformer le minerai extrait du sous-sol en lingots d’or, tout en mettant en lumière les performances techniques et économiques de l’un des plus importants sites miniers du Burkina Faso.
Les 3 et 4 juin 2026, des professionnels des médias ont quitté leurs salles de rédaction respectives pour se rendre à la mine de Houndé, située dans l’ouest du Burkina Faso. Initiée par la direction pays d’Endeavour Mining, cette caravane de presse visait à faire découvrir le fonctionnement de l’usine de traitement de l’or ainsi que les réalités de l’exploitation minière moderne.

Cette immersion a permis aux journalistes de mieux comprendre les mécanismes qui sous-tendent la production aurifère industrielle, depuis l’extraction du minerai jusqu’à la fabrication des lingots d’or. Une chaîne de valeur complexe où se conjuguent expertise humaine, technologies de pointe et exigences de performance.
Une usine de traitement à haute performance
Selon le directeur Mining de la mine de Houndé, Ogou Patrick Brou, l’usine repose sur un schéma de traitement moderne intégrant un circuit de broyage SABC (Semi-Autogenous Ball Crushing), associé à une technologie gravimétrique et à un procédé de lixiviation au charbon actif connu sous l’acronyme CIL (Carbon In Leach).

Grâce à cette configuration selon lui, l’unité est en mesure de traiter environ 3 millions de tonnes de minerai par an, avec un taux moyen de récupération de l’or atteignant 86 %. Des performances qui témoignent de l’efficacité des installations mises en place sur le site.
De l’extraction du minerai au concentrateur
Selon son explication, le processus débute dans les fosses à ciel ouvert exploitées par la mine. Le minerai est d’abord fragmenté à l’aide d’explosifs avant d’être chargé par de puissantes pelles mécaniques dans des camions de grande capacité, communément appelés « dumpers ».
Le minerai est ensuite acheminé vers le concasseur, puis vers le concentrateur pour les premières opérations de traitement. Cette phase constitue le point de départ d’une chaîne industrielle minutieusement organisée, dont l’objectif est de maximiser la récupération du métal précieux.
Le broyage, une étape déterminante
Une fois arrivé à l’usine, le minerai subit un concassage initial avant d’être introduit dans le circuit de broyage SABC. Il passe successivement dans un broyeur semi-autogène (SAG), puis dans un broyeur à boulets, à en croire le guide d’un jour.

L’objectif est de réduire progressivement la roche à une granulométrie très fine afin de libérer les particules d’or emprisonnées dans la matière minérale. La qualité de cette étape est essentielle, car elle influence directement les performances des opérations de récupération qui suivent.
La récupération de l’or
Après le broyage intervient la séparation gravimétrique selon lui. Cette technologie permet de récupérer une partie de l’or libre grâce à des concentrateurs centrifuges. Elle améliore ainsi l’efficacité globale du procédé en extrayant rapidement les particules d’or les plus grossières.

Le minerai poursuit ensuite son parcours dans les cuves de lixiviation du circuit CIL. La pulpe obtenue après broyage est mélangée à du cyanure et à de l’oxygène, ce qui permet de dissoudre les fines particules d’or encore présentes dans le minerai.
Du charbon actif est ensuite introduit dans les cuves afin de capter l’or dissous. Ce procédé, largement utilisé dans l’industrie aurifère mondiale, est reconnu pour son efficacité dans le traitement de grands volumes de minerai et l’optimisation des rendements.
Du charbon actif aux lingots d’or
La dernière étape du processus est celle de l’élution et du raffinage. Une fois saturé en or, le charbon actif est traité afin d’en extraire le métal précieux.

L’or récupéré est ensuite fondu dans des fours à haute température avant d’être coulé sous forme de lingots. Ces derniers constituent le produit final issu de l’usine de Houndé, matérialisant l’aboutissement d’un long processus industriel mobilisant des équipements sophistiqués et un savoir-faire technique de haut niveau.
Une opération de transparence et de sensibilisation
Au-delà de la visite technique, cette caravane de presse s’inscrit dans une démarche de transparence visant à mieux faire connaître les activités minières et leur contribution à l’économie nationale.
Pour les journalistes présents, cette immersion a permis de découvrir les coulisses d’un secteur stratégique pour le Burkina Faso et de mesurer l’ampleur des moyens humains, techniques et financiers mobilisés pour transformer le minerai brut en l’un des métaux les plus recherchés au monde.
Khépa Traoré (correspondant Tuy)/Ouest Info




