La Semaine nationale de la culture (SNC) constitue une vitrine privilégiée des cultures et traditions. Cette tribune de valorisation met en lumière des savoirs et savoir-faire ancestraux, parmi lesquels la connaissance des plantes médicinales occupe une place importante.
Au village des communautés de la 22e édition de la SNC, plusieurs groupes exposent des produits issus de la pharmacopée traditionnelle, hérités de leurs cultures respectives. Focus sur le savoir-faire médicinal des communautés bôbô mandarè et san.
La pharmacopée, un héritage ancestral valorisé

Racines, écorces, feuilles ou graines de plantes : tels sont les éléments de base de la pharmacopée traditionnelle. Héritières de savoirs ancestraux, les communautés s’attachent à préserver et transmettre ces connaissances médicinales.
La SNC offre ainsi une opportunité aux différentes communautés de mettre en valeur leurs pratiques thérapeutiques traditionnelles. À Bobo-Dioulasso, les communautés bôbô mandarè et san se distinguent par la diversité de leurs produits médicinaux.

Rosalie Sanou, exposante de la communauté bôbô mandarè, est tradipraticienne. Dépositaire de connaissances ancestrales, elle met en avant les vertus des plantes pour la santé humaine.
Elle propose des produits qui, selon elle, permettent de traiter plusieurs affections, notamment les maladies rénales, le paludisme, les troubles de la prostate ou encore la drépanocytose.
« Je vends divers produits issus de plantes pour soigner de nombreuses maladies. Plusieurs personnes ont utilisé mes produits et en ont témoigné. Mes produits sont efficaces et n’ont pas d’effets secondaires », affirme-t-elle.
Entre savoirs traditionnels et pratiques spécifiques
Awa Billa, autre tradipraticienne issue de la communauté san, expose des produits principalement à base de feuilles de neem.

« J’ai suivi une formation en pharmacopée à Garango et j’ai dix ans d’expérience dans le domaine. À partir des feuilles de neem, je fabrique des produits contre de nombreuses maladies », explique-t-elle.
Elle évoque également une pratique particulière. « À l’aide d’une lampe à pétrole et de beurre de karité, je parviens à soulager certains maux. C’est un savoir que j’ai hérité de ma mère », confie-t-elle.
Une diversité de remèdes naturels
Comme Awa Billa, Kadiatou Cissé, de la communauté samo, expose également des produits issus de la pharmacopée.
Elle propose notamment des décoctions de plantes utilisées contre la toux, l’hypertension, la diarrhée et bien d’autres affections. « Ce sont des remèdes naturels efficaces », soutient-elle.

Face aux sceptiques, Kadiatou Cissé défend l’efficacité de la pharmacopée traditionnelle. Selon elle, ces remèdes constituent une alternative crédible pour traiter certaines maladies parfois jugées difficiles à soigner par la médecine moderne.
À travers leur présence à la SNC, ces femmes incarnent la transmission et la pérennisation des savoirs ancestraux liés aux vertus thérapeutiques des plantes.
Serge Palm et Jean Baptiste Ye (Stagiaires)/Ouest Info




