Le monde de la recherche burkinabè regorge de figures intellectuelles de haut vol. Docteur Oumarou Traoré est de la trame de ces chercheurs qui cherchent, qui trouvent et qui mettent leurs trouvailles au service de leur communauté. Phytopathologiste, Oumarou Traoré est innovateur de plusieurs technologies agroécologiques dont la dernière est un compost bactéricide contre le flétrissement bactérien des solanacées (tomate, piment, la pomme de terre, le poivron, l’aubergine…). A la rencontre de Docteur Oumarou Traoré de l’Institut de l’Environnement et de Recherches Agricoles (INERA), récit d’un excellent chercheur phytopathologiste, chantre de l’agroécologie à Bobo-Dioulasso.
Oumarou Traoré. Phytopathologiste, ce nom sonne dans le milieu des chercheurs nationaux comme une valeur sûre de la recherche agricole. Burkinabè, c’est un chercheur fécond. Il est parti de la base pour être presqu’au sommet des grades du domaine de la recherche. D’ingénieur de recherche en 2014 à maître de recherche en 2023 en passant par les grades d’Attaché de recherche et de Chargé de recherche, l’homme est déjà auteur et coauteur de plusieurs travaux et innovations agroécologiques. Des biopesticides aux biofertilisants bactéricides, le spécialiste des maladies des plantes semble avoir déclaré une guerre sans merci aux nuisibles des plantes.

Chevronné, Docteur Oumarou Traoré cultive une philosophie de vie résiliente dans la recherche. Il y met son temps, son énergie et ses propres moyens. Il cherche toujours à apprendre de ses imperfections. C’est un chercheur qui fait face aux douteux ténèbres de l’obscurité pour voir poindre le glorieux soleil de la victoire de la sécurité alimentaire au Burkina Faso. Que de nuits d’insomnies laborieuses pour l’homme qui n’a de vie que pour la recherche au service d’une agriculture résiliente, durable et rentable. Dans le silence des laboratoire, Docteur Oumarou Traoré s’est fait une solide carapace pour ne reculer devant aucun obstacle. Il défie ses propres performances.
Pour lui, il n’y a de limite à l’action humaine que le ciel. Il s’approprie à demi-mot la pensée de Réné Descartes qui veut que l’Homme se rende « maître et possesseur de la nature ». Ainsi par la recherche scientifique, Oumarou Traoré veut révolutionner l’agriculture burkinabè. Fils d’un horticulteur, il a nourri une passion aux proportions inimaginables pour les plantes et pour l’agriculture depuis ses années d’enfance en terre étrangère.
Allure discrète, regard perspicace, timbre de voix intelligible et bien posé, Oumarou Traoré est un homme rationnel et pragmatique comme tout bon scientifique. Il compte peu ou presque pas avec les prières et croit encore moins aux miracles pour répondre aux défis de l’agriculture burkinabè. Ainsi le chercheur va sortir des entrailles des laboratoires de l’INERA/Bobo, la bonne recette contre le flétrissement bactérien des solanacées. Il est aussi auteur de plusieurs biopesticides.
Le compost bactéricide de Docteur Oumarou Traoré, un intrant à action bis
Docteur Oumarou Traoré est en effet, l’auteur d’une innovation agrotechnologique qui promet d’être généreuse pour les sols, les plantes et les producteurs agricoles. Il s’agit d’un compost bactéricide qui fertilise et protège du même coup les plantes contre les nuisibles telluriques. Autant dire un intrant à double action. Les premiers résultats de cette trouvaille sont séduisants. Le compost bactéricide de Docteur Oumarou Traoré, entend maximiser les revenus des producteurs tout en réduisant leur dépendance des intrants agrochimiques.

Le compost bactéricide est une technologie qui, selon le chercheur, améliore la structure du sol, stimule la croissance des plantes et les protège contre les maladies provoquées par les bioagresseurs telluriques. Il favorise, dit-il, un équilibre entre rendement agricole et protection de l’environnement. C’est un fertilisant quasi bio qui optimise la gestion des ressources et préserve la biodiversité.
En un mot, le compost bactéricide mis au point par Docteur Oumarou Traoré est une avancée majeure dans la transition agroécologique au Burkina Faso. Car la vision du chercheur à travers cet intrant à double action est de permettre aux producteurs agricoles de « produire en quantité et en qualité sans détruire l’environnement». Un principe qui résume bien l’agroécologie.
Expérimenté en milieu confiné puis en milieu réel, le compost bactéricide se montre à la hauteur des attentes. Appliqué sur un champ de tomate, les résultats se sont montrés prodigieux. Sur un hectare enrichi au compost bactéricide, les performances obtenues sont spectaculaires pour l’équipe de recherche. Une application de la technologie est en train d’être faite sur un champ d’oignon. Selon Docteur Traoré, la physionomie des plants promet de très bonnes performances.
Les prouesses de cette technologie agricole valent à Oumarou Traoré le Prix d’excellence de la recherche scientifique 2024 au Burkina Faso. Un prix que le lauréat qualifie de “Kundé de la recherche”. Convaincu que rien ne peut faire obstacle à l’intelligence humaine, le chercheur quadragénaire à la prestance incarnée promet, du haut de ses trouvailles, des réponses agroécologiques à la hauteur des défis de l’agriculture burkinabè.
Le compost bactéricide, une solution à un problème agroécologique vieux de 50 ans
Le compost bactéricide développé à l’INERA par Docteur Oumarou Traoré est une réponse écologique innovante et durable au service de l’agroécologie. Son principal rôle, lutter contre le flétrissement bactérien des cultures. Ce qui permet de réduire l’incidence des maladies d’au moins 80% selon le chercheur. Il enrichit le sol en nutriments tout en supprimant les agents pathogènes.

Ce compost est le résultat d’au moins cinq (05) années de travail de fourmi. Débuté en 2014 alors que le chercheur était encore Ingénieur de recherche, c’est en 2019 qu’il livre les résultats de ses travaux de recherche. Lesquels travaux ont fait l’objet d’une soutenance de thèse sur le flétrissement bactérien des solanacées. Ce projet de recherche est parti du constat de la récurrence du flétrissement bactérien des solanacées comme la tomate, le piment, la pomme de terre, le poivron, l’aubergine…
«Nous avons commencé nos travaux en 2014. Il s’est agi d’abord pour nous de faire le diagnostic de la maladie (ndlr : flétrissement bactérien des solanacées) qui existe au Burkina Faso depuis 1964. Il fallait non seulement mieux connaitre cette maladie, faire la situation au plan national, élaborer une cartographie, connaitre l’agent pathogène partant de sa virulence, son agressivité c’est-à-dire la puissance de l’agent pathogène à induire la maladie sur les plantes. C’est ce que nous avons fait avec l’accompagnement de grands maîtres de la recherche comme Professeur Irénée Somda et Docteur Léonard Ouédraogo, pour aboutir à un résultat en 2019 »,Docteur Oumarou Traoré lève un coin de voile sur le chemin scientifique qui a conduit à la mise au point du compost bactéricide.
Après avoir caractérisé et mieux cerner le bioagresseur tellurique, le chercheur a concentré son énergie sur comment atteindre cet agent pathogène qui vit dans le sol. Il a vite imaginé un biofertilisant comme support d’un éventuel fumigant (pesticide qui s’évapore ou se décompose au contact de l’air ou de l’eau). Docteur Traoré décide de dénicher le meilleur biofertilisant parmi les plus courants au Burkina Faso. Le casting s’est fait entre la bouse de vache, les déjections de porc et le fumier de volaille. Aux résultats, la fiente de volaille s’est hissée au-dessus de la moyenne espérée.

Expérience menée au laboratoire et testé en milieu réel, le chercheur déduit que le fumier de volaille réduit significativement la maladie de l’ordre de 32% en plein champ sur des sites infestés. Elle est retenue comme support du fumigant à rechercher pour combattre l’ennemi numéro 1 des solanacées. Cette étape franchie, Oumarou Traoré focalise son attention sur la recherche du fumigant qui, combiné à la fiente, pourrait combattre efficacement le flétrissement bactérien des solanacées. Le chercheur ne cherche pas trop loin.
Il se tourne vers des plantes qu’il connait déjà pour chercher le bon bactéricide à adjoindre au biofertilisant. Le «Soukona » ou « Gnoungnouga » est la plante dont les propriétés vont se montrer à la hauteur des ambitions du chercheur. En laboratoire, certaines des propriétés de la plante se sont montrées capables de combattre le bioagresseur. De cette plante, le chercheur obtient de l’huile essentielle. Il faut donc trouver de la technicité pour pouvoir utiliser cette huile qui est volatile. Un adjuvant est vite trouvé pour résoudre cette équation.
« Nous avons donc produit le bactéricide avec un adjuvant à une concentration de 10% c’est-à-dire que l’adjuvant fait 90% et 10% pour l’huile essentielle. C’est l’huile essentielle qui est en réalité le bactéricide. Le reste, c’est un support pour mieux administrer le produit. C’est ce produit bactéricide combiné avec le compost composé de fiente qui a donné le compost bactéricide qui réduit l’incidence du Ralstonia solanacearum (ndlr : nom de la bactérie qui attaque les solanacées) », explique Docteur Oumarou Traoré.
Le compost bactéricide, c’est une réduction d’au moins 80% de l’incidence du bioagresseur des solanacées
Le compost bactéricide s’obtient par un mélange du fumier de volaille avec le produit bactéricide à la proportion d’un millilitre de bactéricide pour un kilogramme de compost formulé. Après ce mélange, le producteur fait un amendement de fond en apportant le compost bactéricide à la parcelle.

« Après l’amendement de fond, le producteur doit très bien mélanger avant de faire ses buttes, billons ou ses planches comme il veut. Il peut aussi faire des poquets de zaï et apporter la quantité voulue dans ses poquets de zaï et procéder au repiquage. Notre produit agit comme un fumigant. Une fois appliqué, au bout de trois jours, le produit bactéricide va se diffuser dans le sol et éliminer l’agent pathogène. Le fertilisant agit de son côté pour améliorer la structure et amender le sol au profit de la plante qui va mieux se développer. En fait, le compost bactéricide est un produit à action bis. Le produit s’applique une seule fois pour un cycle de production. Quand nous l’avons testé, ça réduit à 80% l’incidence de la maladie sur les cultures », le chercheur donne des détails sur l’utilisation et l’effet du compost bactéricide.
Sur la vulgarisation de la technologie agricole, le chercheur a opté pour la formation des acteurs directs. Ainsi beaucoup de formations d’acteurs dans la formulation du compost ont été initiées. Essentiellement composé de producteurs, d’agents d’agriculture, de membres de groupements agricoles, c’est environ 200 personnes qui ont déjà reçu la formation sur le compost bactéricide. Pour Oumarou Traoré, l’intérêt de ces formations réside dans le fait que ce sont les acteurs bénéficiaires qui vont contribuer à la vulgarisation de la nouvelle technologie agricole protectrice des solanacées. Dans cette dynamique de transfert de la technologie aux premiers acteurs, le père du compost bactéricide pense à une plateforme de compostage sous forme de centre de formation sur un site de production agroécologique avec des femmes productrices au secteur 25 de Bobo-Dioulasso.
Sur l’accessibilité du compost bactéricide, l’éminent chercheur se veut rassurant. Il annonce le sac de 50 kilogrammes à 7500 F CFA. Pour lui, c’est un coût abordable et accessible à toute sorte de producteur. « Il y a des producteurs qui utilisent déjà le compost bactéricide et les retours que nous avons sont positifs et rassurant », se réjouit Oumarou Traoré.
Vers un traitement foliaire du bactéricide associé au compost bactéricide
Perfectionniste, le père de la technologie agricole à action bis n’entend pas dormir sur ses lauriers. Il veut affiner davantage la technologie pour étendre son effet à des cultures autres que les solanacées. Pour ce faire, l’homme à la curiosité scientifique bien aiguisée est retourné dans le silence feutré des laboratoires. L’objectif de Docteur Traoré est d’obtenir une formule qui puisse permettre d’utiliser le produit bactéricide en traitement foliaire.

« Nous nous sommes dit que si le produit était utile par combinaison avec le compost, et si on utilisait le produit bactéricide seul en traitement foliaire. Nous avons testé à la dose de 200 millilitres pour un pulvérisateur de 16 litres sur la tomate cobra 26, une variété prisée au Burkina. On a en effet, apporté le compost bactéricide comme fumure de fond et on a utilisé le produit bactéricide pour un traitement foliaire en remplacement aux pesticides de synthèse. Et les résultats préliminaires nous ont ébahi. Dès les deux (02) premières récoltes, nous avons fait une estimation et nous avons réalisé un rendement de quatre (04) tonnes à l’hectare avec le compost bactéricide apporté au sol et le bactéricide utilisé en traitement foliaire contre 0,8 tonne à l’hectare pour le NPK seul », Docteur Traoré confie les résultats préliminaires du test de la version améliorée de sa technologie.
Face à ces résultats positifs, le chercheur attend la prochaine saison d’hivernage pour confirmer sa nouvelle expérience en milieu réel. Dans cette optique, il entend voir la technologie s’appliquer sur d’autres spéculations comme le maïs, le riz et les arbres fruitiers. Pour le chercheur, cette bataille vise à donner de solides assises à la production agroécologique au Burkina Faso. Une agriculture raisonnée qui, dit-il, permet d’avoir un « sol sain et des plantes saines dans la durée».
Pour le chantre de l’agriculture durable, il faut éviter de faire une confusion entre les pratiques agroécologiques et l’agriculture biologique. Selon sa conception, l’agroécologie n’exclut pas l’utilisation de produits agrochimiques. C’est plutôt une agriculture raisonnée, insiste-t-il. Docteur Oumarou Traoré conçoit l’agroécologie comme une harmonie entre l’Homme et son environnement en matière de production agricole. Il faut produire sans toutefois déséquilibrer ce qui est déjà préétabli, prône-t-il. « Celui qui formule un produit, doit savoir comment l’utiliser pour préserver notre environnement ou préserver notre vie dans la durabilité. On ne peut donc pas dire de ne pas utiliser les produits de synthèse mais les utiliser de manière raisonnée. C’est ça l’agroécologie », le chercheur modèle résume-t-il sa conception de l’agroécologie.
Docteur Oumarou Traoré, un condensé de qualités scientifiques et humaines
Bon scientifique, Docteur Oumarou Traoré bénéficie d’un important capital de sympathie dans sa famille professionnelle et dans son entourage social.

Sur le plan professionnel, beaucoup de ses collègues reconnaissent en lui un homme d’une générosité intellectuelle remarquable. Docteur Adèle Ouédraogo est chercheure à l’Institut de Recherche en Sciences Appliquées et Technologie (IRSAT) de Bobo-Dioulasso. Collègue et promotionnaire de Docteur Traoré, elle décrit l’homme comme un scientifique passionné qui allie science fondamentale et science appliquée. Amoureux des questions agricoles, dit-elle, Oumarou laisse les empreintes de sa passion pour l’agriculture partout où il passe. « Quand il est arrivé à l’IRSAT, il a commencé à reverdir la cour. Il a mis ses plantes aromatiques et fait un jardin. On avait de la tomate à tout moment. On avait aussi du concombre, de la menthe et beaucoup d’autres. Il y a même des plantes que nous avons eu à découvrir avec lui. Nous avons actuellement un goyavier à l’IRSAT dont tout le monde apprécie les fruits. C’est lui qui l’a planté. Ces exemples traduisent l’amour de l’homme pour l’agriculture et pour les plantes en général », témoigne Docteur Adèle Ouédraogo.
Ce n’est pas Kouka Kaboré, ami d’université de Docteur Traoré qui dira le contraire du témoignage de Adèle. L’homme a justement marqué ses années universitaires par des actes qui traduisaient sa passion pour l’agriculture et les plantes. Et Kouka Kaboré fait un témoignage proche de celui de Docteur Adèle sur l’excellent chercheur de l’INERA. « Quand on était à l’université, il exploitait les petits espaces de notre cour pour produire des arachides, du maïs et on en avait à consommer presqu’à tout moment. Je sais qu’il était en SVT et quand ils faisaient des travaux de botanique où les biologistes vont collecter les plantes, ils faisaient ça avec tellement d’engagement et de passion qu’on prenait du plaisir à le chambrer. C’est donc dire que son engagement pour les questions agricoles n’a pas commencé après qu’il soit devenu chercheur. C’est tout simplement un passionné dans l’âme », confie Kouka Kaboré.
Comme si ce témoignage ne suffisait pas pour décrire la passion de l’homme, Kouka Kaboré précise que « même chez lui à la maison à Bobo-Dioulasso, partout, c’est des plantes qu’il essaie de tester. Et aujourd’hui, nous essayons tous de faire comme lui. C’est une culture que nous avons adopté de lui quand nous étions ensemble ».
Toujours sur le plan professionnel, Adèle Ouédraogo confie que Oumarou Traoré est toujours apte à partager ses bonnes expériences intellectuelles. Une générosité intellectuelle qui découle certainement de sa générosité sociale et humaine que lui reconnaissent ses proches. S’il y a une qualité humaine sur laquelle tous les témoignages sont unanimes, c’est le fait d’être toujours apte à aider les autres.
Adjara Kouda est promotionnaire d’université de Docteur Oumarou Traoré. Elle ne manque pas de rendre hommage à un homme altruiste. Pour elle, son excellence dans la recherche est en partie le fruit d’une humilité dont lui seul détient le secret. Amoureux du travail bien fait selon Adjara Kouda, Docteur Traoré déteste la corruption, la courte échelle et tout ce qui est louche. Comme défaut apparent, Adjara Kouda lui en connait un. « Il est direct et véridique. Il ne tourne pas autour du pot. », souligne-t-elle. Docteur Adèle Ouédraogo quant à elle lui reproche de travailler sans presque jamais se donner un temps de repos.

En un mot comme en mille, Docteur Oumarou Traoré est une valeur sûre de l’intelligentsia scientifique burkinabè. Du haut de ses trouvailles, il rêve d’une synergie d’actions dans la recherche pour faire de la science le fer de lance du développement durable du Burkina Faso. Pour cela, il est conscient qu’un engagement de tous les acteurs est nécessaire. Mais en attendant, le chercheur passionné est focus sur sa guerre contre les maladies des cultures agricoles avec les moyens du bord.
Encadré 1
Oumarou Traoré a soutenu sa thèse de doctorat en décembre 2019 à l’Université Nazi Boni. Une thèse qu’il a préparé dans le cadre d’un projet de renforcement des capacités des chercheurs de l’IRSAT. Sous la direction du Professeur Irénée Somda et l’encadrement de Docteur Léonard Ouédraogo, les travaux de Oumarou Traoré ont porté sur le flétrissement bactérien des solanacées. D’Attaché de recherche après sa soutenance, il est Chargé de recherche en 2020 et Maître de recherche depuis 2023. Trois doctorants travaillent actuellement sur des sujets en lien avec les phytopathologies sous son encadrement.
Encadré 2
Avant sa carrière de chercheur, Oumarou Traoré est passé par l’ENAM d’où il est sorti Administrateur des Services Touristiques en 2011. Il est mis à la disposition du ministère de la culture. Avant son affectation à un poste précis, un besoin en chercheurs s’est fait sentir au ministère de la recherche scientifique. Oumarou Traoré et certains de ses camarades tous fraichement sortis de l’ENAM, reçoivent la proposition d’intégrer le ministère de la recherche scientifique eu égard à leur profil universitaire qui affichait un certain intérêt pour ce ministère. Diplômé d’une maîtrise en biologie de l’Université de Ouagadougou (Actuelle Université Joseph Ki-Zerbo), le jeune Administrateur des Services Touristiques passionné de recherche saisit cette opportunité.
Mis à la disposition du ministère de la recherche scientifique par un acte administratif, il est affecté au Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) précisément à l’IRSAT. Encouragé par son responsable de service Professeur Roger Nébié, Oumarou Traoré s’inscrit en Master en protection et amélioration des plantes à l’Université Joseph Ki-Zerbo en 2014. Après ce Master, il est nommé Ingénieur de recherche à l’IRSAT. Son dévouement et sa curiosité scientifique lui ouvre des portes auprès de Professeur Roger Nébié. C’est en effet dans le cadre d’un projet de renforcement des capacités des chercheurs du CNRST que Professeur Roger Nébié fait bénéficier à Oumarou Traoré une opportunité de thèse qu’il a soutenu à l’Université Nazi Boni en décembre 2019 sur le flétrissement bactérien des Solanacées.
Encadré 3
Né en Côte d’Ivoire, Oumarou Traoré y a fait ses études primaires, post-primaires et secondaires. Son baccalauréat série D en poche en 2002, il entre au Burkina Faso, son pays d’origine. Orienté en biologie à l’Université de Ouagadougou (actuelle Université Joseph Ki-Zerbo), il sort de cette université en 2006 avec une maîtrise en biologie végétale-physiologie végétale. Ce diplôme universitaire en poche, le jeune étudiant d’alors se met à enseigner en tant que vacataire les Sciences de la Vie et de la Terre et les Mathématiques dans des collèges et lycées dans la Boucle du Mouhoun (actuel Bankui). Il n’y fera pas une longue carrière avant de réussir à un concours de la fonction publique en 2009. Après deux ans de formation à l’ENAM, Oumarou Traoré sort Administrateurs des Services Touristiques en 2011. Affecté au ministère de la culture, il sera aussitôt mis à la disposition du ministère de la recherche scientifique d’où commence une riche carrière de chercheur pour un homme passionné des plantes et de la recherche.
Abdoulaye Tiénon/Ouest Info
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