Dans la matinée de ce samedi 15 avril 2023, un mouvement de la société civile dénommé Groupe d’action de la société civile (G.A.S.C) a animé une conférence de presse à Bobo-Dioulasso. En toile de fond, l’opposition entre le gouvernement et les promoteurs immobiliers sur l’avant-projet de loi sur la promotion immobilière. C’était en présence de plusieurs membres de l’organisation de la société civile et d’habitants de non-lotis de Bobo-Dioulasso.
Face à la presse, les membres du Groupe d’action de la société civile (G.A.S.C) ont décidé de donner de la voix face à l’opposition des promoteurs immobiliers à l’avant-projet de loi du gouvernement qui vise à recadrer l’activité immobilière au Burkina.
Selon Noël Ouédraogo, principal conférencier du jour, si cette loi venait à être adoptée avec ses dispositions en l’état, ce serait une autre crise que le gouvernement ajoute à la crise déjà existante. Ce qui selon lui, n’est pas de nature à garantir la cohésion sociale.
Pour ce faire, il propose de revoir certaines dispositions de l’avant-projet de loi notamment celles portant sur « la confiscation de droit de jouissances aux propriétaires terriens et les risques de peines d’emprisonnement allant de 5 à 10 ans avec une amende de 100 millions de FCFA s’ils exploitent leurs terrains sans autorisation du gouvernement ».
En plus de cette révision souhaitée, Noël Ouédraogo et ses camarades du Groupe d’action de la société civile invitent les autorités à une explication claire et commentée de la loi 057-2008/AN du 20 novembre 2008 afin de permettre aux différents acteurs de mieux appréhender les contours de leurs missions. Selon lui, c’est la méconnaissance de certaines des dispositions de cette loi qui créent des problèmes dans la promotion immobilière.

Aussi, souhaitent-ils, l’initiation d’un cadre d’échanges entre le gouvernement, les OSC, les syndicats, les autorités coutumières, les promoteurs immobiliers, les chefs de terre, les propriétaires terriens, les populations des zones non-loties.
Car, le mouvement estime qu’il n’y aurait pas eu suffisamment de concertation inclusive avant l’élaboration de l’avant-projet de loi sur la promotion immobilière.
Comme pour défendre les promoteurs immobiliers, Noël Ouédraogo et ses camarades ont annoncé que « les promoteurs immobiliers s’engagent à dégager 60 000 parcelles pour pallier les problèmes de manque ou d’insuffisance de parcelles dans les zones non-loties de Bobo-Dioulasso et de Ouagadougou ».
« Les promoteurs immobiliers sont prêts à accompagner le gouvernement dans son projet d’urgence de la transition en octroyant des logements à certains combattants engagés sur le théâtre des opérations », ajouté Noël Ouédraogo qui pense que ces propositions pourraient permettre de trouver une solution à la crise si toutefois elles venaient à être acceptées par le gouvernement.
Du reste, le Groupe d’action de la société civile dit soutenir la transition dans ses efforts pour le retour de la paix au Faso.
Abdoulaye Tiénon/Ouest Info




