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Bobo-Dioulasso : Plaidoyer pour le respect des droits des personnes malades mentales

Dans la matinée de ce mardi 10 octobre 2023 s’est tenue une activité de célébration de la journée Mondiale de la Santé Mentale à Bobo-Dioulasso. Une activité organisée par l’Association Saint Camille de Lellis (ASCL) en partenariat avec le Centro Volontari Cooperazionne allo Svilippo (CVCS). L’objectif de cette initiative est de contribuer à faire changer de regard sur les personnes malades mentales par la société à travers une conscientisation. Cette activité a réuni plusieurs acteurs de la protection des droits des personnes malades mentales.

« La santé mentale, un droit humain et universel ». C’est sous ce thème que s’est célébrée l’édition 2023 de la journée mondiale de la santé mentale. A Bobo-Dioulasso, c’est l’Association Saint Camille de Lellis (ASCL) en partenariat avec le Centro Volontari Cooperazionne allo Svilippo (CVCS) qui prend en charge les personnes atteintes de la maladie mentale. En cette journée du 10 octobre 2023, cette association a organisé une activité de sensibilisation et de plaidoyer pour le respect des droits des personnes malades mentales. C’est une manière pour la structure de réaffirmer son attachement au droit des personnes en détresse mentale et ce, pour les assurer l’accès aux soins et la réhabilitation de leur dignité perdue par la maladie mentale. Ainsi leur initiative a connu la présence d’autorités administrative.

Emmanuel Ouédraogo est le préfet du Département de satiri. Représentant le Haut-Commissaire de la province de Houet à l’activité symbolique de célébration de l’Association Saint Camille de Lellis (ASCL), il estime que la santé mentale est une question cruciale qui doit retenir l’attention de tous. « Il faut dire que chaque année la journée de la santé mentale est célébrée. C’est une grande préoccupation car elle concerne tout le monde. En effet, chez les personnes de 18 ans et plus, 42 % sont confrontées à cette maladie. Cette situation est perceptible notamment en Afrique sub-saharienne à travers les problèmes socioéconomiques, à des questions liées à l’insécurité et aux crises humanitaires. Il faut dire que la maladie mentale en elle-même ne constitue pas un problème. Mais la société à travers les préjugés, les stigmatisations et les coutumes font souvent atteinte aux droits humains à travers des agissements. Ainsi les personnes malades mentales sont isolées, écartées, marginalisées et subissent des traitements inhumains. C’est pourquoi nous saluons l’initiative de l’Association Saint Camille de Lellis (ASCL) qui fait la promotion de leurs droits en droite ligne avec la vision de l’Organisation Mondiale de la Santé », a-t-il affirmé. 

Emmanuel Ouédraogo, préfet du département de Satiri, représentant le Haut-commissaire de la province du Houet

Aussi, ajoute-il, « cette journée offre à l’humanité, l’occasion de susciter un regain d’intérêt à l’égard des actions à prendre pour promouvoir la santé mentale et à renforcer les systèmes nationaux de prise en charges des personnes en détresse mentale. Le nombre de personne dont la santé mentale s’est dégradée dans le monde ne cesse d’augmenter. Et cela est encore alarmant en Afrique surtout chez les enfants et adolescents. Au regard de l’immensité du travail à faire pour que la santé mentale soit véritablement un droit humain universel pour la population burkinabè. C’est pour cela que l’Etat encourage les initiatives privées comme celle de l’ASCL ».

Selon l’Abbé Emmanuel Nabaloum, secrétaire Général de l’ASCL, la société doit comprendre et venir en aide aux personnes atteintes de maladies mentales. Pour lui, certaines victimes en arrivent à guérir de leurs maladies et réintègre normalement la société. « Nous imposons à chaque membre de la société à s’adapter aux différents canaux de compréhensions de ces personnes. Quand la personne n’est pas capable de se défendre face à ce que la société lui impose, elle devient victime. En effet la société devrait comprendre la maladie, s’humaniser elle-même en disant que la maladie ne change pas substantiellement la dignité de la personne. Ainsi la société doit conduire ces victimes à une prise en charge. La psychiatrie, l’ASCL invitent donc tous ceux qui ont besoin d’assistance à y venir. La prise en charge commence par un accueil de la victime et se termine par sa récupération. Cette prise en charge comporte l’hygiène corporel et l’alimentation et permet au malade d’avoir une vie sociale progressivement réhabiliter », fait savoir l’homme d’église.

Abbé Emmanuel Nabaloum, sécrétaire général de l’association Saint Camille de Lellis

Ce dernier invite les différents acteurs à s’implanter véritablement dans la prise en charge et la réinsertion sociale des personnes malades mentales. « Pour la réinsertion des malades, nous lançons un appel à nos proches, à nos amis et connaissances et toute personne pouvant nous aider. Nous avons des psychiatres qui les examinent selon les critères avant la reprise de leurs activités. Et cela se fait à travers les attitudes des malades mentaux, à la comparaison de leur stabilité. Pour les réinsertions, nous sommes à plus 1500 personnes, soit plus de 300 dans des activités professionnelles partout au Burkina Faso. Avec plus d’implication au niveau des différents acteurs, on pourrait faire mieux », souligne l’Abbé Emmanuel Nabaloum.

Rappelons que c’est depuis 1992 que l’OMS célèbre chaque 10 octobre, la Journée Mondiale de la Santé mentale. Cette journée est aussi célébrée au niveau national par des structures comme l’ASCL, spécialisées dans la prise en charge des personnes souffrant de déficience mentale. Il est important de préciser que selon l’annuaire statistique 2020 du ministère de la santé du Burkina Faso, on avait un psychiatre pour 1 304 378 habitants et 96 attachés spécialisés en santé mentale.

BrigitteBoussim/Stagiaire                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                          

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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