Le tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso a examiné, le jeudi 18 juin 2026, une affaire de fraude aux examens impliquant plusieurs candidats au Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et au Brevet d’études professionnelles (BEP). Au total, 22 prévenus, dont 20 garçons sont poursuivis pour fraude, complicité de fraude ou tentative de fraude aux examens scolaires.
Selon les éléments présentés à l’audience, les faits se seraient déroulés lors des épreuves écrites de la session 2026 du BEPC et du BEP.
Plusieurs candidats auraient introduit des téléphones portables dans les salles de composition afin de photographier les sujets d’examen et de les transmettre à des connaissances par l’intermédiaire de WhatsApp.
WhatsApp et ChatGPT au cœur du dossier
L’enquête a révélé qu’après réception des sujets via WhatsApp, certains complices situés à l’extérieur des centres d’examen se chargeaient de traiter les épreuves ou de générer des réponses à l’aide de l’intelligence artificielle, notamment ChatGPT, avant de les renvoyer aux candidats.
Les matières concernées seraient notamment le Français, les Sciences de la vie et de la Terre (SVT) et les Mathématiques. À la barre, certains prévenus ont reconnu les faits tandis que d’autres les ont contestés.
Les débats ont principalement porté sur le degré d’implication de chacun, entre auteurs présumés, complices et personnes poursuivies pour tentative de fraude.
Le parquet requiert des travaux d’intérêt général et des peines d’emprisonnement
Pour le ministère public, les infractions de fraude, de complicité de fraude et de tentative de fraude, prévues et réprimées par les articles 376-1, 376-3 et 376-4 du Code pénal burkinabè, sont suffisamment caractérisées.
Tenant compte de leur statut d’élèves, le parquet a requis deux mois de travaux d’intérêt général à l’encontre des prévenus ayant présenté des parents comme garants devant le tribunal. En cas d’inexécution de cette peine, il a demandé qu’elle soit remplacée par une peine d’un an d’emprisonnement.
Pour les prévenus n’ayant pas présenté de garants, le ministère public a requis une peine de quatre mois d’emprisonnement ferme ainsi qu’une amende de 150 000 francs CFA avec sursis. Le parquet a également demandé la confiscation au profit de l’État des téléphones portables saisis dans le cadre de l’enquête. Le tribunal a mis son jugement en délibéré au 26 juin 2026.
Ackim Traoré/Ouest Info




