Le Ministère de la solidarité, de l’action humanitaire, de la réconciliation nationale, du genre et de la famille en collaboration avec la confédération paysanne du Faso (CPF), la plateforme multi acteur sur le foncier (PMAF) et Oxfam a organisé un atelier de réflexion et de plaidoyer sur le droit foncier des femmes en milieu rural les 15 et 16 juin 2023 à Ouagadougou. L’objectif de cet atelier est de promouvoir les droits fonciers des femmes rurales au Burkina Faso.
Des autorités coutumières, des organisations de la société civile, des représentants des collectivités territoriales, des commissions de conciliations foncières villageoises, des professionnels de médias, des représentants de l’Etat et bien d’autres représentant des organisations de défenses des droits de la femme ont pris part à cet atelier.
Au menu, des panels, des communications, des échanges, des partages d’expériences, des témoignages d’actrices (femmes victimes et/ou bénéficiaire), des travaux de groupe et des recommandations.
Des communications ont été données au cours de ces deux jours de partage d’expériences. Ainsi les questions de la gestion du domaine foncier rural, la contribution des leaders coutumiers pour un accès sécurisé des femmes à la terre, les droits fonciers des femmes dans les sociétés traditionnelles, l’état des lieux sur la sécurisation foncière des femmes sont des communications qui ont constitué l’ossature de l’atelier.
De ces communications suivies d’échanges, il ressort que la loi 034-2009 portant régime foncier rural a été adoptée pour pallier les inégalités dans le domaine de l’accès à la terre. Mais, constatent les différents participants à l’atelier, ceci demeure insuffisant à causes des pesanteurs socioculturelles, le faible pouvoir d’achat des femmes, la méconnaissance des démarches administratives pour avoir des terres sécurisées et d’autres.
Une étude réalisée par l’ONG Oxfam en 2017 faisait ressortir que 12% des terres agricoles sont détenues par les femmes. 10,5% des femmes possèdent individuellement des terres en milieu rural contre 45,5% chez les hommes selon l’enquête démographique et santé (EDS) de 2015.
Alors, la revue Cooper-Action N*6 en avril 2019, soutenait que les femmes rurales sont à l’origine de 80% de la production alimentaire au Burkina Faso. L’accès équitable et sécurisé des femmes à la terre demeure un défi majeur malgré les multiples efforts des autorités et organisations de défenses des droits des femmes.
Ces analyses comparatives et croisées ont été l’œuvre des acteurs présents à la rencontre de plaidoyer. Ils souhaitent que la tendance change pour un développement durable du Burkina Faso.
Leïla Korotimi Koté/stagiaire (Ouest Info)




