L’Assemblée législative du peuple (ALP) a adopté, le lundi 19 octobre 2026, une loi interdisant la privatisation totale ou partielle des entreprises publiques à caractère stratégique.
Cette loi vise à préserver les intérêts nationaux dans des secteurs jugés essentiels à la souveraineté et à la sécurité du pays.
Devant les députés, le ministre en charge de l’Industrie, Serge Poda, a expliqué que plusieurs critères permettront de déterminer le caractère stratégique d’une entreprise, d’une entité ou d’un secteur. Ces critères prennent notamment en compte la souveraineté nationale, la sûreté de l’État face aux menaces intérieures et extérieures, ainsi que les répercussions économiques et sociales des activités concernées.
« À travers cette loi, l’État a désormais toutes les prérogatives pour encadrer, contrôler et suivre les entités publiques à caractère stratégique », a indiqué le ministre. Il a également souligné que l’État pourra prendre des participations ou renforcer sa présence au capital d’entreprises privées reconnues comme stratégiques.
Une réforme de la loi de 1993
Cette nouvelle législation vient remplacer un dispositif adopté en 1993, qui visait déjà à identifier et à protéger certaines entreprises économiques et commerciales stratégiques, notamment face aux vagues de privatisations des années 1990.
Selon Serge Poda, cette ancienne loi a progressivement montré ses limites au regard des évolutions du contexte économique et politique national.
Le ministre estime ainsi que sa révision était devenue nécessaire pour accompagner les ambitions actuelles du Burkina Faso en matière de souveraineté économique et industrielle.
L’objectif, a-t-il expliqué, est de renforcer la création et la protection d’outils stratégiques dans les domaines de la production, de la transformation, du commerce et de l’industrie.
D’autres mesures de protection
Au-delà de l’interdiction des privatisations, le texte introduit plusieurs innovations destinées à renforcer la protection des entreprises concernées et à encadrer leur fonctionnement.
Il prévoit notamment de soumettre certaines opérations des entités publiques stratégiques ou à participation publique majoritaire à une autorisation préalable du Conseil des ministres.
La loi consacre également la possibilité pour l’État de réserver, par voie réglementaire, l’exercice de certaines activités économiques stratégiques aux nationaux.
Autre innovation : l’instauration d’une clause d’insaisissabilité des biens et des comptes des entités économiques, commerciales ou industrielles publiques ou à participation publique majoritaire reconnues comme stratégiques.
À travers ces dispositions, l’État entend consolider son contrôle sur des secteurs considérés comme essentiels aux intérêts nationaux.
Ouest Info




