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Burkina : l’archidiocèse de Bobo livre sa version du litige foncier qui l’oppose au promoteur de l’hôtel Tounouma City

L’archidiocèse de Bobo-Dioulasso est sorti de son silence. Lors d’une conférence de presse tenue le mardi 7 juillet 2026 à la paroisse Sainte-Famille de Tounouma, ses responsables ont présenté leur version du différend foncier qui les oppose depuis plusieurs années au promoteur de l’hôtel Tounouma City, Rasmané Zoungrana. Ils affirment détenir tous les titres de propriété de la parcelle concernée et soutiennent avoir toujours privilégié un règlement à l’amiable.

Cette sortie médiatique intervient quelques jours après les déclarations publiques de Rasmané Zoungrana, qui avait notamment affirmé sur les réseaux sociaux : « Je ne vais pas me laisser faire. Même si je dois aller à la Présidence du Faso pour voir le chef de l’État, Ibrahim Traoré, pour régler ce problème, je le ferai. » Face à ces propos largement relayés, l’archidiocèse dit avoir jugé nécessaire d’apporter des éclaircissements sur ce dossier.

Un titre foncier datant de 1958

Selon Me Bruno Fako Ouattara, avocat de l’archidiocèse, l’institution religieuse est propriétaire de la parcelle grâce au titre foncier n°738, établi en 1958.

Il explique que, dans le cadre de ses activités pastorales, la paroisse de Tounouma avait autorisé verbalement certains catéchistes à occuper une partie du domaine afin d’y résider et d’y exercer des activités, notamment l’élevage. Cette autorisation, précise-t-il, ne constituait en aucun cas une cession de propriété.

À titre d’exemple, l’avocat a évoqué le cas du catéchiste Emmanuel Zossin Sanon, qui aurait obtenu de l’abbé Jean Monterrat l’autorisation d’occuper une portion du domaine de la mission. Après son décès, son fils, Noël Étienne Sanon, alors agent de la mairie centrale, aurait revendiqué la propriété du terrain. Selon l’archidiocèse, le curé de l’époque, l’abbé Jean-Paul Sanou, lui aurait demandé de quitter les lieux après lui avoir présenté les documents attestant de la propriété du diocèse.

Les responsables de l’archidiocèse soutiennent également que Noël Étienne Sanon aurait, avec la complicité d’un géomètre, établi de faux permis urbains d’habiter (PUH) portant sur une partie du domaine de l’Église ainsi que sur une emprise de voie publique, avant de tenter de les vendre.

« Depuis 2012, nous sommes en procès »

Les responsables religieux contestent également les déclarations de Rasmané Zoungrana selon lesquelles il n’aurait jamais été convoqué par la justice. Selon eux, le promoteur a été assisté d’un avocat tout au long de la procédure.

Me Bruno Fako Ouattara a rappelé que c’est Rasmané Zoungrana qui avait assigné l’archidiocèse en justice en 2013 pour « trouble de jouissance ». « Lorsque Rasmané Zoungrana et d’autres personnes ont entrepris d’y construire des édifices, le curé de la paroisse, l’abbé Sylvestre Sanou, leur a demandé à l’amiable d’interrompre les travaux. En réaction, ils l’ont convoqué à la gendarmerie, puis à la police, avant de saisir la justice », a déclaré Me Bruno Fako Ouattara.

Et d’ajouter : « Pour assurer sa défense, l’archidiocèse nous a constitués comme conseils. Nous avons entrepris toutes les démarches pour parvenir à un règlement à l’amiable, mais celles-ci ont été rejetées. Depuis 2012, nous sommes en procès et, contrairement à ce qui est affirmé, Rasmané Zoungrana était assisté d’un avocat, tout comme Sanwidi Dramane et la mairie de Bobo-Dioulasso. »

Des documents cadastraux présentés

Au cours de la conférence de presse, l’archidiocèse a présenté plusieurs documents cadastraux pour étayer sa position. Selon les explications fournies, les références foncières utilisées par le promoteur ne correspondent pas aux plans officiels conservés par les services du cadastre et des travaux de l’Ouest. L’un des documents produits portait notamment la mention : « Le lot présenté n’existe pas sur nos plans. »

Les responsables de l’archidiocèse ont réaffirmé leur volonté de voir ce différend se régler dans le respect de la loi et par le dialogue. Ils assurent n’avoir jamais recherché la confrontation et se disent toujours disposés à privilégier une solution apaisée à ce litige foncier.

Ali Djibey (stagiaire)/Ouest Info

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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