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Bobo-Dioulasso : ces trois amazones de la photographie

La Journée internationale de la photographie est célébrée chaque 19 août. À Bobo-Dioulasso, ce métier prend progressivement ses marques et attire de plus en plus de passionnés, hommes comme femmes. À l’occasion de l’édition 2026 de cette journée, Ouest Info s’est intéressé à des femmes qui ont choisi de faire de la photographie leur métier dans la ville de Bobo-Dioulasso. Dans cette ville, le visage féminin de la photographie se conjugue souvent avec trois noms. Ces noms sont ceux des rares femmes photographes de la capitale économique du Burkina.  Elles racontent, éduquent et sensibilisent à travers leurs œuvres. Elles, ce sont Yasmine Thiombiano, Yassine Sourabié et Assita Diarra, des artistes photographes. Trois femmes, trois parcours, mais une même passion qui les pousse à s’imposer derrière l’objectif et à faire tomber les préjugés pour ainsi faire la photographie autrement.

À Bobo-Dioulasso, la photographie se conjugue aussi au féminin. En effet, des visages féminins bien connus donnent de la place à l’autre moitié du ciel dans un métier réputé être celui des hommes. Avec ces femmes, l’art de la photographie se féminise et professionnalise. Loin des couvertures photographiques des Djandjoba, Yasmine Thiombiano, Yassine Sourabié et Assita Diarra sont des femmes qui font la photographie autrement. Elles, elles sont des artistes photographes. Plutôt que de chercher l’esthétique, ces femmes traitent des sujets thématiques à travers des clichés.

Yasmine, Yassine, Assita ; trois femmes, trois parcours différents, mais réunies par une seule et même passion : la photographie. À travers leurs objectifs, elles capturent des instants, racontent des histoires, sensibilisent et transmettent des messages. Pour elles, l’appareil photo est bien plus qu’un simple outil de travail.

Yassine Sourabié, photographe

La passion pour la photographie s’est installée chez certaines d’entre elles dès leur plus jeune âge. Pour Yassine Sourabié, la photographie est d’abord une manière de conserver la mémoire. « La photographie, c’est comme une mémoire : témoigner d’une époque, révéler une identité et donner une voix à des personnes ou à des histoires qui risquent d’être oubliées », explique-t-elle.

C’est justement cette capacité, dit-elle, à raconter, transmettre et laisser une trace qui l’a poussée à faire de cette passion un véritable métier.

« Avec la photographie, j’essaie de raconter des histoires… car une photo vaut mille mots »

Chez Assita Diarra, l’histoire commence également très tôt. Passionnée depuis son plus jeune âge, elle voit dans la photographie un moyen de raconter et de sensibiliser. « Avec la photographie, j’essaie de raconter des histoires, donner des conseils, sensibiliser, car une photo vaut mille mots », affirme-t-elle. Yasmine Thiombiano est l’une des trois femmes artistes photographes. Comme ses deux camarades, elle aussi, utilise son objectif comme un moyen pour sensibiliser et pour éduquer. À travers ses œuvres, elle cherche à porter un regard particulier sur les réalités de la vie quotidienne.

Par leur professionnalisation, ces femmes se font une place de choix dans l’environnement de la photographie professionnelle à Bobo-Dioulasso.

Mais derrière cette passion se cachent des défis. Être femme photographe n’est pas toujours facile dans un milieu encore souvent perçu comme celui d’homme. Pour Yasmine Thiombiano, il faut parfois redoubler d’efforts pour convaincre et gagner sa place. « Nous sommes très souvent sous-estimées, car certains pensent que la photographie est un métier d’homme. Donc, on doit toujours travailler plus pour s’imposer », raconte-t-elle.

Yasmine Thiombiano, photographe

Même constat chez Assita Diarra. Selon elle, les femmes sont confrontées à des préjugés et à des restrictions dans certains espaces où leur présence en tant que photographes n’est pas toujours acceptée.

Pour Yassine Sourabié, ces difficultés ne doivent toutefois pas empêcher les femmes de s’investir davantage dans le secteur de la photographie. « L’enjeu aujourd’hui est justement de prendre notre place, de montrer que les femmes peuvent être derrière l’objectif, diriger des projets, vivre de leur art et participer pleinement à la construction de l’histoire de la photographie au Burkina Faso », soutient-elle.

 « La photographie est un métier et pas simplement une prestation que l’on peut demander gratuitement… »

Au-delà des difficultés liées au fait d’être une femme dans ce milieu, ces femmes photographes soulèvent également la question de la valorisation de leur profession. Pour Yassine Sourabié, la photographie est un véritable métier qui mérite d’être reconnu et rémunéré à sa juste valeur. « Le marché existe, mais il faut encore sensibiliser les clients au fait que la photographie est un métier, et pas simplement une prestation que l’on peut demander gratuitement ou à moindre coût », interpelle-t-elle.

 Assita Diarra est du même avis. Pour elle, derrière chaque photographie professionnelle se cachent du temps, des investissements et un savoir-faire. « Le photographe ne vend pas seulement le fait d’appuyer sur un déclencheur. Derrière une image, il y a du matériel, du temps, de la formation, de la créativité, des déplacements, de la préparation et souvent plusieurs heures de sélection et de retouche », explique-t-elle le fastidieux travail qui se cache derrière chaque photo professionnelle.

À l’heure où les smartphones permettent à chacun de produire facilement des images, ces professionnelles estiment que la différence se trouve désormais dans le regard et la démarche du photographe. Avoir une vision, développer un langage visuel personnel et construire une signature artistique sont, selon elles, essentiels pour se démarquer.

Assita, Yassine et Yasmine par leurs jeunes et riches parcours dans l’environnement photographique bobolais prouvent à souhait qu’une femme peut aussi bien gagner sa vie dans ce métier où se faire une place reste un gros défi les femmes. Ces trois femmes tracent ainsi les sillons pour une nouvelle génération de femmes photographes qui prouveront que derrière l’objectif, la passion et le talent n’ont pas de genre.

Ali Djibey et Marina Ouedraogo (Stagiaires)/Ouest Info

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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