La Semaine nationale de la culture (SNC) est une période de forte affluence à Bobo-Dioulasso. De jour comme de nuit, les différents sites de la biennale ne désemplissent pas. Cette mobilisation constitue une opportunité pour les gestionnaires de parkings, dont l’activité devient particulièrement lucrative durant cette période. À la SNC Bobo 2026, le stationnement des motos est généralement fixé à 200 F CFA sur les différents sites. Une équipe de Ouest Info a fait le constat à la foire marchande dans l’après-midi du jeudi 30 avril 2026.
Sur les sites de la SNC, le tarif des parkings est, dans la pratique, uniformément fixé à 200 F CFA par les parkeurs. Une situation observée malgré l’arrêté n°2025-00166/CBDLS/M/CAB, qui encadre les prix des services de stationnement dans la commune de Bobo-Dioulasso. Sur le terrain, il ressort que cette réglementation est peu respectée par certains exploitants, qui appliquent des tarifs différents de ceux prévus par l’arrêté communal.
Cette situation est mal perçue par plusieurs usagers, qui dénoncent une tarification jugée injustifiée. « Malgré l’affluence, les prix restent élevés, en dépit de la fixation officielle. Avec la SNC, on aurait même pu s’attendre à une baisse », déplore Samira Ouédraogo, venue garer sa moto sur un site de la manifestation.

Même son de cloche chez Issouf Ki. Pour lui, le montant exigé est excessif :« On dira que 200 F CFA, ce n’est pas grand-chose, mais pour certaines personnes, cela représente une somme importante. Le comité d’organisation devrait mieux encadrer les tarifs pendant la SNC »
« Ceux qui se plaignent ne mesurent pas toujours la valeur de leur moto »
Face aux critiques, les gestionnaires de parkings justifient leurs pratiques par les contraintes du métier. Sidiki Traoré évoque notamment les risques encourus et les longues heures de travail.
« Les gens ne voient que le prix sans considérer les sacrifices et les risques liés à cette activité. Certains arrivent tôt le matin et ne repartent qu’aux environs de 4 heures. Nous sommes obligés de les attendre, même s’il ne reste qu’une seule moto. Je pense que ceux qui se plaignent ne mesurent pas toujours la valeur de leur moto », explique-t-il.

Abdoul Ouattara, également gérant de parking, abonde dans le même sens en soulignant la dimension économique de cette activité. « C’est notre gagne-pain. Entre la chaleur, l’organisation des engins et la responsabilité en cas de vol, le travail n’est pas simple. On peut posséder une moto de grande valeur et hésiter à payer 200 F CFA pour sa sécurité ? », s’interroge-t-il.

Entre incompréhension des usagers et arguments des exploitants, la question du respect de la tarification officielle reste posée au cœur de cette édition 2026 de la SNC. Une dérogation spécifique pour la période pourrait, selon certains, permettre de mieux encadrer la situation.
Ali Djibey et Aminata Ouédraogo (stagiaires) / Ouest Info




