24h après la prise du pouvoir par le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) dirigé par le lieutenant colonel, Paul Henri Sandaogo Damiba, des « dédougoulais » estiment que cet événement ne surprend personne. Cependant, ils sont partagés entre approbation et inquiétude. Voici leurs avis et attentes vis-à-vis des nouvelles autorités du pays que notre correspondant sur place a recueillis dans la matinée de ce mardi 25 janvier 2022. Lisez plutôt!
Judith Somda, ménagère
« C’était prévisible du moment où on n’avait plus la paix dans ce pays. Je pense que c’est la meilleure décision que les acteurs ont prise en faisant ce travail. Qu’ils nous rassurent que dans les jours à venir, on aura la paix au Faso pour pouvoir circuler librement. Je suis contente mais ce sont les résultats que nous attendons le plus »
Yacouba Zerbo, menuisier

« J’ai bien accueilli la nouvelle du coup d’Etat contre le régime de Roch Marc Christian Kaboré. Quand on dit à un vieux que son temps est passé, il doit l’admettre. Les jeunes ont trop souffert sous le pouvoir de Roch. Ils lui ont fait beaucoup de propositions, mais il ne les a pas prises en compte.
Ce que l’ancien président a fait, on ne peut pas dire c’est bon, on ne peut pas aussi dire que ce n’est pas bon. Roch a raté son mandat et il ne devrait pas se représenter aux élections passées. Il ne devrait pas être surpris par ce qui lui arrive aujourd’hui.
Je salue l’action des jeunes militaires. Je prie Dieu de leur donner la force et le courage pour bien gérer le pouvoir afin que le pays retrouve la paix. J’invite les nouvelles autorités à ne pas trahir les populations une fois assises au pouvoir. »
Amadou Lougué de l’Organisation Démocratique de la Jeunesse du Burkina Faso (ODJ)

« L’événement du 24 janvier 2022 ne nous a pas surpris. Mais c’est déplorable qu’un régime termine de cette façon. Au Burkina, nous avons l’expérience des séries de coups d’Etat qui sont liées à une sorte de mauvaise gouvernance.
Cela donne l’opportunité à des groupuscules qui s’expriment à travers les armes. A l’ODJ, nous estimons que l’avènement de ce coup d’Etat est un recul démocratique. L’expérience que nous avons des coups d’Etat antérieurs, c’est d’abord la suspension de la constitution qui est la loi fondamentale. Et si cette loi fondamentale est suspendue, cela devient une question de rapport de force.
C’est ceux-là qui auront suffisamment de force qui s’imposent. Du coup, ceux-là mêmes qui ont suspendu la constitution aujourd’hui ne sont pas à l’abri du danger aussi. S’il y a d’autres également qui sont organisés quelque part, ils peuvent tenter à leur tour de renverser la situation.
J’appelle donc les nouvelles autorités à évoluer rapidement à ce qu’on soit dans un Etat de droit où les uns et les autres pourront s’exprimer librement. »
Drissa Forgo : commerçant

« Nous étions fatigués du pouvoir de Roch. On a parlé en vain. Le coup d’Etat est une bonne chose. Cependant, nous souhaitons que les nouvelles autorités unissent les Burkinabè pour travailler au retour de la paix dans notre pays. »
Arouna Kindo : Secrétaire général de l’Union régionale de la CGT-B, Boucle du Mouhoun
« On sentait venir ce coup d’Etat parce que, le pouvoir de Roch ne trouvant pas de solutions aux multiples préoccupations internes et externes au pays, il était clair que ce régime était à sa fin.
Mais, il faut dire que cet événement n’est que le produit de l’histoire politique de notre pays. Depuis les indépendances, notre pays a connu pas mal de coups d’Etat. Il a aussi expérimenté une démocratie électoraliste.

Toutes ces voies ne répondent pas aux aspirations du peuple qui est principalement la démocratie populaire. Je me dis qu’au Burkina, on doit chercher une troisième voie qui puisse assurer une certaine sérénité dans la direction du pays.
Cette troisième voie passe par une alternative et non une alternance militaire, civile, bourgeoise, petite bourgeoise et capitaliste. »
Propos recueillis par Larry King Du Succès/correspondant à Dédougou




