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Effondrement partiel du pont de la guinguetta: Un coup dur pour Alain Sanou

En début de semaine, le pont de la voie reliant le village de Nasso au village de Konkorowé a partiellement cédé après une pluie. Située sur le marigot Kou qui constitue la limite naturelle entre les deux villages, l’importance de cette infrastructure n’est plus à démontrer. Une rupture totale de ce pont qui désenclave certains villages, aura un impact certain sur les plans économique, touristique et social dans la localité. Un tour sur le site dans la matinée du jeudi 21 juillet 2022 a permis de mieux comprendre l’enjeu réel d’une réhabilitation ou tout au moins d’une préservation de la partie encore praticable.

Il est 07h47 minutes quand nous arrivons sur le pont partiellement effondré entre le village de Nasso et le village de Konkorowé. De visu, on constate qu’une bonne partie de l’ouvrage a cédé à la pression des eaux de la dernière pluie. En contact avec la réalité, on se rend compte que le sinistre n’a pas affecté le pont lui-même. C’est plutôt une partie du bitume située au bout du pont du côté de Nasso qui s’est affaissée.

Et du passage, il ne reste plus qu’une passerelle que se disputent les usagers. Difficile pour des motocyclistes et impossible pour deux véhicules de se dépasser sur la passerelle. D’ailleurs une petite partie du bas-côté du bitume s’est mis au service du passage des véhicules. Des barricades et des bandes de signalisation sont érigées autour de la partie affaissée pour prévenir les non avertis du danger.

De l’importance du pont Nasso Konkorowé

Sur les lieux, chaque minute qui passe a son lot de passants à pieds, à vélo, à moto, à charrette, à tricycle et parfois à véhicule. Certains usagers marquent des haltes pour constater l’ampleur des dégâts. D’autres ne s’empêchent de faire des images avant de continuer. Une vieille sur la route de son champ s’inquiète. « Si cette route se coupe en deux, nous n’allons pas pouvoir terminer nos travaux champêtres cette année. Nous avons nos champs de l’autre côté du pont. J’espère que vous viendrez nous le réparer », nous adresse-t-elle avant de continuer son chemin.

Alexandre Sanou, responsable du comité local de gestion de la forêt classée de Kou

Alexandre Sanou est le responsable du comité local de gestion de la forêt classée de Kou. Pour lui, le pont est un point très stratégique pour la localité. Il estime que c’est la route qui draine beaucoup plus de touristes. Vu que la localité a une forte potentialité touristique, si le pont cède complètement, dit-il, beaucoup d’activités seront impactées. « Si ce pont cède complètement, il n’y aura plus de visite à la guinguetta mais aussi à la forêt classée. Cela va jouer sur nos ressources » indique Alexandre Sanou. Pour ce faire, il souhaite qu’une solution rapide soit trouvée pour sauver l’ouvrage.

Promoteur de la Guinguetta située à moins de 100 mètres du pont, Alain Sanou est en bonne posture pour parler de l’importance de cette infrastructure pour la localité. En effet, il est natif de Konkorowé et son site écotouristique draine du monde. « Pour moi, ce pont n’est pas seulement l’affaire des villages riverains. C’est ce pont qui donne accès à la forêt Kou communément appelée guinguette qui est un patrimoine national. Ce site draine beaucoup de monde notamment des touristes et les retombées sont nationales », a souligné l’ancien adjoint au maire de la commune de Bobo-Dioulasso.

Sur le plan local, Alain Sanou fait savoir que ce sont des populations de plusieurs villages qui seront affectées si le pont partiellement effondré n’est pas sauvé. « Dans cette localité, le CSPS de Nasso est une référence. Beaucoup de populations traversent ce pont pour s’y rendre. Aussi, des villages comme Nasso, Konkorowé, Dinderesso, Bana, Koumi et autres se servent de ce passage pour leurs activités économiques. Sans ce pont par exemple, les gens ne pourront plus venir chez moi à la Guinguetta. En un mot, sans ce pont, c’est un grand coup à l’économie et au tourisme de la localité et même de toute la commune », démontre-t-il l’importance du pont Nasso-Konkorowé.

D’ailleurs Alain Sanou ressent déjà les effets de la rupture partielle du pont sur ses activités à la Guinguetta. « Déjà avec cet effondrement partiel du pont, je sens l’impact sur mes activités. Au cours de cette semaine, il n’y a pratiquement pas de clients. Les réseaux sociaux ont présenté le pont comme s’étant totalement effondré. Du coup les gens pensent qu’il n’y a plus de passage. Alors qu’on peut toujours passer mais seulement avec beaucoup de prudence », explique le promoteur de la Guinguetta.

Un ouvrage partiellement effondré face à la saison pluvieuse

A première vue, la question que l’on se pose, c’est comment cet ouvrage peut affronter la saison pluvieuse à défaut de réhabilitation immédiate. Or la piste de la réhabilitation immédiate n’est pas évidente compte tenu de la situation du pays selon un guide touristique de la localité qui n’a pas voulu en dire plus. Pour éviter que le reste de l’ouvrage ne s’affaisse sous la pression des eaux, le comité local de l’eau du Kou (CLE-KOU) a tenu une réunion d’urgence juste après l’incident.

Alain Sanou, promoteur du site écotouristique, la Guinguetta

Ensemble avec les représentants des villages riverains, une décision est prise. En attendant une solution durable, les villages de Nasso et de Konkorowé doivent mobilisés chacun de son côté quinze jeunes pour un curage du bas du pont après chaque pluie. Cela va faciliter le passage de l’eau et éviter l’effondrement du reste de l’infrastructure. La partie effondrée peut ainsi être ressoudée en attendant une réhabilitation totale selon Alain Sanou.

Pourquoi un ouvrage qui date de 2004 s’effondre si tôt ?

Selon Alexandre Sanou, le pont Nasso-Konkorowé a été réalisé en 2004 en même que le bitume du tronçon. Pour lui, c’est à partir des cinq dernières années que les fortes crues du marigot Kou ont commencé à mettre en difficulté le pont. Des actions de raccordement et de soudure n’ont pas manqué après chaque saison. Mais c’est au début de la présente saison pluvieuse, souligne-t-il, que l’ouvrage a commencé à présenter des signe d’effondrement.

Alain Sanou quant à lui indexe les études qui ont précédé la réalisation du pont. Il estime que le pont est trop bas. Cela ne facilite pas selon lui l’écoulement de l’eau en cas de fortes pluies. « Je pense que les études qui ont précédé la réalisation du pont n’ont pas envisagé de manière durable l’impact de l’eau sur le pont. Le pont est trop bas. Or parfois, avec les fortes pluies, l’eau entraine des troncs d’arbres qui viennent boucher le bas du pont. L’entreprise qui a fait le travail s’était tout simplement limitée à jeter de grosses pierres dans le lit du marigot pour bloquer d’éventuels troncs que l’eau entrainerait vers le pont. Mais toutes ces pierres ont disparu aujourd’hui et le bas du pont est toujours bouché. C’est la répression des eaux qui manquent de passage qui a fait cédé un côté du pont » a expliqué l’ancien maire adjoint de la commune de Bobo qui souhaite que quand viendra le moment de la réhabilitation, on tienne compte de cette erreur pour faire un pont plus haut.

En attendant une réhabilitation totale du pont Nasso-Konkorowé, les villages désenclavés par cette route bitumée devront s’en remettre à la décision du CLE-KOU pour espérer que leur ouvrage tienne le reste de la saison pluvieuse.

Abdoulaye Tiénon/Ouestinfo.bf

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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