Le Centre d’étude et de recherche appliquée en finances publiques (CERA/FP) a organisé ce jeudi 4 novembre 2021 à Ouagadougou un atelier de restitution de l’analyse des dépenses publiques consacrées aux secteurs sociaux de base que sont la santé, l’éducation, l’agriculture et le genre. L’analyse a concerné la période 2017 – 2021. Il ressort de cette étude que les différents secteurs ministériels peinent à consommer les budgets qui leur sont alloués et l’impact réel de la mise en œuvre de ces budgets sur le développement socio-économique du Burkina Faso se fait toujours attendre. La présentation de l’étude a été faite par l’Economiste Ousmane Yigou.
Sur la période 2017-2021, la conjoncture socio-économique était « assez favorable » pour le Burkina Faso en dépit de la crise sécuritaire que le pays connait. Selon l’analyse présentée, la production et l’importation d’or restent la locomotive de l’économie burkinabè. Entre 2017 et 2021, l’once d’or est en effet passée de 1.241,586 dollars à 1719 dollars en 2021.

Au même moment, le baril de pétrole est toujours séquestré et la tendance à la baisse est remarquable. La mobilisation des ressources également a connu une intéressante croissance. Tous ces éléments attestent, selon l’analyse que la conjoncture était favorable à l’essor socio-économique du Burkina Faso.
Le pays des Hommes intègres n’a cependant pas réussi à mettre à profit cette favorable conjoncture au profit de son développement en général et à l’amélioration de secteurs sociaux de base en particulier.
Le secteur de la santé….
En matière de santé, il ressort que le budget alloué à ce secteur est passé de 219,56 milliards de francs cfa en 2017 à 299,56 milliards de francs cfa en 2021. On note ainsi un taux de croissance de ce budget de 36,44%.
Rapporté au budget national, le budget de la santé représente respectivement 9,07%, 8,22%, 9,72%, 8,54%, 10,22% en 2017, 2018, 2019, 2020 et 2021. Cependant, les budgets qui ont été alloués n’ont pas pu être absorbés par le département en charge de la Santé.
Sur un budget de 219,56 milliards alloués en 2017, le département en charge de la santé a pu absorber que 191,97 milliards de francs cfa. En 2020, ce sont 207,01 milliards qui ont été absorbés sur un budget de 280,72 milliards.
L’éducation…
Pour le secteur de l’éducation, le budget est passé de 348,43 milliards en 2017 pour se situer à 491,86 milliards de francs cfa en 2021, soit un taux de croissance global de 41,16%. L’essentiel de ce budget a cependant été consacré aux dépenses courantes ce qui contribue à maintenir le système éducatif dans un état très fébrile en matière d’infrastructures éducatives.
A titre illustratif, en 2020 ce sont 443,517 milliards qui ont été injectés dans les dépenses courantes alors que seulement 64,2 milliards sont allés aux investissements. Le rapport indique également que la crise sécuritaire a, avec la fermeture tout azimut de plusieurs écoles a contribué à fragiliser le système éducatif.
L’agriculture…
Le secteur agricole burkinabè quant à lui fait la différence. Il reste l’un des seuls secteurs qui alloue le plus de ressources aux investissements qu’aux dépenses courantes. En 2017, 15,7 milliards de FCFA ont été alloués aux dépenses et 114 milliards aux investissements ; et en 2018 ce sont 14,4 milliards qui ont été mis dans les dépenses courantes et 121,3 milliards dans les investissements.

Ces ressources injectées dans les investissements peinent cependant à rendre perceptibles les progrès enregistrés sur le terrain. Le rapport indique par ailleurs que le secteur éprouve des difficultés, comme les autres secteurs sociaux de base à consommer les ressources mises à sa disposition.
Le budget de ce secteur a connu une évolution en dent de scie passant de 273,30 milliards en 2017 à 248,24 milliards en 2018. En 2019, il était de 190,77 milliards, en 2020 de 198,78 milliards pour connaitre une nouvelle hausse à 247,70 milliards en 2021.
Pourquoi ces difficultés d’absorption des budgets ?
De façon transversale, il ressort que tous les secteurs sociaux de base éprouvent des difficultés à absorber leur budget. Selon le communicateur, les causes sont à rechercher à plusieurs niveaux.
Au niveau des différents ministères, les responsables ministériels n’arrivent par moment pas à formuler dans les règles de l’art les différents projets. Cela contribue à rendre complexe le déblocage et l’utilisation des ressources.
Au niveau de l’Etat également, il arrive que les ressources soient mises tardivement à la disposition des différents ministères. Toute chose qui ne favorise pas l’absorption des budgets dans les délais.
Adama Zongo/Ouest-info




