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Prostitution en ligne : Dans les coulisses de quelques plateformes où se vend le sexe

Espace de grande consommation où se vendent divers types de biens et services, les réseaux sociaux sont aussi un lieu où se vend et s’achète le sexe. La prostitution de rue n’a en effet pas disparu.  Mais elle est en passe d’être supplantée par la cyber-prostitution.  Cette nouvelle forme de marchandisation du corps humain par le recours à internet et aux nouvelles technologies prend de l’ampleur et touche même des mineurs de 16 à 17 ans.  Filles comme garçons, tous exposent leurs corps sur des plateformes considérées comme des foires aux sexes. Nous avons réussi à infiltrer trois groupes WhatsApp (A B et C) qui font de la marchandisation du sexe leur principale activité. Le constat est effroyable !

Du groupe A à C en passant par B, le mode opératoire est presqu’identique. Il consiste à publier les photos des filles (en cachant leurs visages) avec la description de leur corpulence, la situation géographique ainsi que le prix pour se l‘offrir.

L’homme ainsi intéressé par cette dernière, entre en contact avec l’administrateur du groupe en question qui est chargé de la mise en contact, moyennant généralement 2000 FCFA.  « Skinny avec fesse disponible à Belleville, baise très bien. Un coup avec pipe à 15 000 F », peut-on lire dans un groupe.

Et un autre groupe d’afficher, « apoutchou disponible à wemtenga/Ouagadougou reçoit chez elle à la maison à 10 000 FCFA avec pipe ».

Dans un autre groupe, on peut lire, « élève de 17 ans très fraiche et baise bien disponible à sarfalao. 15000 FCFA un coup avec pipe ».

Des trois (03) groupes, les abonnés y trouvent forcement leurs comptes en fonction de la taille, la forme, l’âge et même le prix. Sans oublier les « plans dormant » qui consiste à passer toute une nuit avec la fille.  Là, les prix varient d’une fille à une autre et tourne entre 40 000 et 50 000 FCFA.

Les plans à 3, c’est-à-dire 2 filles pour un homme ou l’inverse sont aussi exposés dans « ces foires » où se vend le sexe. 

Il n’y a pas que les filles…

Sur ces plateformes, il n’y a pas que les filles qui mettent en vente leurs corps. Des hommes, convaincus de leur capacité à procurer du plaisir, proposent leurs services. La taille du sexe, sa forme, et l’endurance sont entre autres, les critères exposés.

Eux, s’adressent aux femmes en quête de plaisir. Ces derniers rejoignent leurs clientes à domicile ou à l’hôtel selon le choix de cette dernière.

Sur une plateforme, on peut lire (image à l’appui), « un soldat avec un gros et long pénis, pouvant aller jusqu’à 30 minutes disponible à Nagrin. Se déplace partout, à domicile ou à l’hôtel. Un coup avec lèche à 25 000 FCFA ».

Et un autre d’afficher (toujours image du sexe à l’appui), « un soldat avec gros en bas, pouvant aller jusqu’à 40 min, disponible au secteur 21 de Bobo-Dioulasso. Se déplace partout. Un coup à 25 000 F. Ne lèche pas ».

A l’inverse, des femmes d’un certain âge ou d’une certaine situation sociale, font aussi des annonces pour rechercher des hommes à même de les « faire voyager au 7ème ciel » contre de l’argent.  « Une femme âgée d’une quarantaine d’année, avec une bonne situation financière, recherche un homme pour passer une bonne nuit. Elle paye très bien », lit-on sur une plateforme.

Les hommes ainsi intéressés entrent en contact avec cette dernière via l’administrateur du groupe moyennant une somme d’argent pouvant aller jusqu’à 5000 FCFA.

Dans la peau d’un client…

Le sexe se vend et s’achète en ligne comme des articles

Pour nous imprégner du fonctionnement du phénomène, nous nous mettons dans la peau d’un client. Membre du groupe WhatsApp B où se font régulièrement les publications, nous tombons sur la publication suivante. « Elève de 19 ans, bien fraiche, baise bien, disponible à Belle-ville (Bobo-Dioulasso) ».

« Je suis intéressé », avons-nous écrit au cyber-proxénète (proxénétisme en ligne). 15min plus tard, ce dernier répond : « Payez les frais de mise en contact sur ce numéro et nous vous envoyons son numéro ».

Aussitôt, nous nous exécutons. Le numéro nous est envoyé avec la mention, « appelez-la de la part de Y (nom d’emprunt) ».

Après sept (07) appels sans réponse, nous nous retournons vers notre cyber-proxénète. Ce dernier de nous rassurer qu’elle allait rappeler. Effectivement, quelques minutes plus tard, elle appelle. De l’autre bout du fil, une voix à l’allure innocente. « Vous m’avez appelé ? Je faisais le ménage », s’excuse-t-elle. « Je vous appelle de la part de Y (nom d’emprunt du cyber-proxénète) », avons-nous signifié.

Sans autre question, elle nous demande à savoir quand est-ce que nous voulons « le plan ». Et nous de demander d’abord les conditions. « Il ne vous a pas donné les conditions ? D’accord ! Un coup fait 15 000 FCFA. Je prends en charge l’auberge », précise-t-elle.

C’est trop cher, retorquons-nous. Et elle de répliquer : « Je suis encore bien fraiche. Je baise bien aussi. Vous n’allez pas le regretter », tente-t-elle de nous convaincre.

Pour joindre l’utile à l’agréable, elle nous envoie des photos de certaines de ses parties intimes comme ses seins encore bien pointus. Marché conclu, rendez-vous est vite pris dans la soirée du même jour à 19h30 dans une auberge aux allures de chambres de passe de la place.

A 19h, nous voilà au lieu du rendez-vous en attente de notre « élève de 19 ans ». A 19h28, nous recevons un message : « Je suis là ». Avec notre téléphone, nous nous faisons repérer par notre élève qui apparemment, avait déjà réserver la chambre. Elle s’approche de nous et dit, « allons-y vite » sans autre forme de procès.

Nous lui expliquons qu’en réalité, nous ne sommes pas intéressés par le « plan » mais plutôt par des informations sur le phénomène tout en essayons d’instaurer un climat de confiance. Après 20 à 25 min d’échange, elle accepte mais exige que la somme convenue avant le rendez-vous pour le plan soit payée.

Nous nous exécutons et aussitôt elle se confie à nous : « J’ai été touchée par une dame sur Facebook qui trouve que j’ai une belle forme et qu’avec ça, je pouvais me faire de l’argent. Effectivement quand j’ai commencé, ça marche bien. Les hommes aiment les jeunes filles comme nous. En tout cas j’arrive à m’offrir tout ce dont j’ai besoin ».

A la question de connaître son chiffre d’affaires mensuel, elle n’est pas à mesure de nous le dire avec exactitude. Néanmoins, elle s’en sort en moyenne selon elle, avec huit (8) clients par semaine.

Tous vos rapports sont-ils protégés ? Nous lui demandons. « Je ne vais jamais avec un homme sans protection. Certains même proposent 50 000F sans préservatif. Mais je dis non. Je suis encore élève et je ne vais pas gâcher ma vie. Je ne fais pas sans préservatif et je ne pipe pas », indique-t-elle. 

Après quelques minutes de confidences, notre élève décide de prendre congé de nous. Avec sa moto scooter, elle disparait tout d’un coup telle une fusée.

A l’image de cette jeune fille, elles sont de plus en plus nombreuses à se prostituer via les réseaux sociaux à Bobo-Dioulasso comme dans les autres grandes villes du pays.

Samiratou Koné/stagiaire

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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