Circuler sur le tronçon qui va du début du mur de l’aéroport de Bobo (Ex Trigone) à la cité universitaire de Belleville ou se rendre usager du tronçon bitumé qui mène à l’Institut des Sciences de la Santé (INSSA) relève d’un parcours du combattant. Pour cause, ces routes se trouvent dans un état de dégradation avancée. Une équipe de Ouest Info a partagé l’expérience quotidienne des usagers de ces pistes dans la matinée du mercredi 05 avril 2023. Entre plaintes et dénonciations, les riverains et usagers se prononcent sur les risques et dommages de ces routes dégradées.
Il est 10h au carrefour de la Pharmacie Hayat ce mercredi. Des volontaires adjoints de sécurité routière (VADS) essaient d’écarter les dangers de collision entre les usagers. Ils régulent la circulation. Mais un autre risque d’accidents est omniprésent pour tout usager qui traverse ce carrefour.
Le bitume a quasiment disparu et de gros nids de poule trônent royalement au milieu de l’intersection. Impossible pour un usager d’y passer sans ralentir, freiner, slalomer avant de tenter une accélération.
C’est bien l’exercice quotidien des usagers de ce carrefour. Tenter d’aller vers le mur de l’aéroport à partir de cet endroit, plonge l’usager à la manœuvre dans un incessant mouvements de secousses. Ainsi dans notre périple du jour, mal nous en a pris de tenter un parcours sur le tronçon qui longe le mur de l’aéroport en passant devant le camp de l’armée de l’air. Un aller-retour sur la petite distance d’environ 2 km nous a fait côtoyer des risques d’accidents. Le bitume bosselé de toute part à certains endroits, la moindre inattendue vous envoie terminer votre parcours dans le décor. L’état de dégradation de cette route est très avancé. Parfois, les usagers allant dans des sens opposés sont obligés de jouer la courtoisie dans leur dépassement pour que l’un ou l’autre ne se retrouve dans un profond nid de poule. Impossible pour deux camions de se dépasser à certains endroits.
De retour de notre périple, nous voilà bientôt à la fin du mur de l’aéroport. La circulation est très dense. Impossible d’accélérer. Il faut attendre qu’un chauffeur à la manœuvre puisse sortir son camion des nids de poule avant de pouvoir avancer. Le camion dégagé, le feu tricolore est déjà au rouge. On est contraint à l’arrêt. Quelques secondes ont suffi pour que nous bougions. Avant de prendre la direction de bifurquer pour prendre la route de l’INSSA, un personnage attire notre attention.
A la tâche sous un hangar à moins de dix mètres de la route dégradée, il scrute avec anxiété les scènes dangereuses dont il est témoin. Nous marquons une halte. A notre bonjour, l’homme répond avec beaucoup d’hésitation. Après échanges des civilités d’usage, il est rassuré.
Mécanicien de son état, Issa Tchèba, la quarantaine bien sonnée, fait un bref exposé du calvaire des usagers et du risque des riverains de la route. Il est à lui seul usager et riverain de ces routes dégradées.
Depuis sa position, la vigilance est de mise car il n’est pas rare que des usagers perdent le contrôle de leurs engins et se dirigent vers lui. « Comme vous le constaté, la voie est en très mauvais état. Il y a trop de nids de poule et la voie est petite. En plus, elle est empruntée par plusieurs personnes à la fois. Quand la ville s’agrandit, il faut adapter également les voies pour faciliter la circulation. Nous qui sommes au bord de cette route dégradée, nous ne sommes pas en sécurité. A force d’éviter les trous, d’autres nous ratent de justesse sous notre hangar. Il faut donc être vigilant sinon le pire peut arriver à tout moment », explique Issa Tchèba d’un ton calme qui cache mal ses inquiétudes.
Après cet entretien nous prenons la route de l’INSSA. Inauguré il y a moins de quatre ans, cette route donne déjà du fil retordre à ses usagers. Des nids de poules pas encore très profonds commencent à s’emparer de la chaussée.
Surpris par ces petites excavations, certains usagers effectuent de brusques mouvements qui sont de nature à créer des accidents.
Koumbi Palé est taximan et est usager des routes dégradées que nous parcourons. Il se plaint des dégâts que lui causent ces routes. « Je circule tous les jours sur ces goudrons dégradés mais ce n’est pas chose facile. Ces goudrons sont en très mauvais état et cela cause des dommages à mon taxi. Je suis obligé à chaque fois de me garer et vérifier si les secousses n’ont pas desserré des écrous du taxi ou abîmé certaines pièces », explique le taximan qui invite les autorités à se pencher sur la voirie urbaine de la ville de Bobo-Dioulasso afin de faciliter la mobilité des bobolais.
Tout comme ce dernier, ils sont nombreux, ces usagers et riverains des routes dégradées de Bobo-Dioulasso à vivre le calvaire dans leur mobilité quotidienne. Certains usagers craignent surtout la période des pluies qui s’annoncent car la situation pourrait s’empirer.
Leïla Korotimi Koté/Sita Guitti/Abdoulaye Konkombo/Stagiaires




