Avoir de l’eau à Belleville, secteur 29 dans l’arrondissement 7 de la commune de Bobo-Dioulasso relève d’un parcours du combattant.
Dans la matinée de ce jeudi 28 juillet 2022, Hamed Traoré sera en retard au travail. Pour cause, il n’a pas d’eau pour faire sa toilette. Toute chose qui provoque le courroux de ce chef de famille.
« Pour avoir de l’eau dans ce quartier, il faut monter la garde », lâche ce chef de famille tout furieux qui, par manque d’eau dans le secteur, est obligé de charger son véhicule de bidons pour se diriger vers d’autres secteurs à la recherche de la « source de vie ».
« Depuis 2 jours, aucune goutte d’eau dans mon robinet. Ce n’est d’ailleurs pas nouveau ici. Jamais on n’a eu de l’eau toute une journée. Quand ça vient, il faut rapidement remplir les fûts (pour ceux qui en ont) parce que les heures qui arrivent, il n’y en aura plus. Là aussi, ça vient généralement entre minuit et 1h du matin pour disparaitre autour de 5h. On ne dort plus suffisamment dans ce quartier à cause du problème d’eau. Quand je rentre du boulot, je dors de 22h à minuit pendant que madame monte la garde. Si à minuit il n’y a pas d’eau, elle me réveille pour que je monte la garde à mon tour pour qu’elle aussi puisse dormir » explique-t-il son calvaire. « C’est quelle vie ça ! Je vous assure que si j’étais en location, j’aurais quitté le quartier » s’offusque-t-il.
Dans ce quartier situé à quelques kilomètres de la principale source qui alimente la ville en eau, pas une journée ne passe sans qu’il y ait coupure d’eau selon Traoré, notre interlocuteur.
Pour lui, il est plus qu’urgent pour l’ONEA de trouver « rapidement des solutions à ce problème ». « Je pense que cette situation, les populations de plusieurs quartiers de la ville la vivent. C’est la preuve que l’ONEA n’est pas à mesure de satisfaire les besoins des populations en eau. Si c’est le cas, il faut la privatiser pour permettre au privé de la reprendre pour faire de gros investissements afin de mettre fin au calvaire des populations. Je préfère payer cher des services de qualité, que de payer moins cher de mauvais services » s’indigne ce cadre moyen de l’administration.
En attendant 2023, les populations de Bobo-Dioulasso, l’une des villes les plus arrosées du pays, rencontrent d’énormes difficultés pour s’approvisionner en eau.
En effet, c’est à partir de cette année-là que les ouvrages en cours de réalisation dans le cadre du projet d’amélioration de la production d’eau potable dans la ville de Bobo-Dioulasso (PAPEP) vont probablement rentrer en service. Toute chose qui selon les responsables de l’ONEA, va résoudre le problème d’eau dans la ville sur un long terme.
Jak




