Le service régional de police judiciaire des Hauts-Bassins (SRPJ) de la police nationale, sur instruction du Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso a procédé à la saisie d’un important lot de produits prohibés. Estimés à plus de 21 tonnes, l’incinération de ces produits impropres a eu lieu ce lundi 10 juillet 2023 au Centre d’enfouissement technique de Bobo-Dioulasso.
C’est un important lot de produits composé essentiellement de drogue, de produits bio-médicaux et autres produits alimentaires impropres à la consommation qui a été appréhendé par le service régional de la police judiciaire et le service d’hygiène de la commune de Bobo-Dioulasso.
Ce résultat, selon Mahama Kaboré, commissaire principal de police du service régional de la police judiciaire des Hauts-Bassins, est le fruit d’une opération conjointe menée par la police nationale, le parquet et d’autres acteurs de la chaine judiciaire.

En effet, c’est en novembre 2021 que cette opération qui fait suite selon Mahama Kaboré à un recoupement d’informations faisant état de ce que le marché central de Bobo-Dioulasso constitue la plaque tournante de trafic de médicaments prohibés alimentant la sous-région a débuté. Ce qui a nécessité la mobilisation d’importants moyens financiers avec l’accompagnement de la commune de Bobo-Dioulasso, des partenaires financiers et de la douane. « Le début de l’opération a mobilisé des acteurs tels que la police et le parquet qui ont bien voulu nous encadrer et beaucoup d’autres personnes. Et nous avons mobilisé des moyens financiers avec l’accompagnement de la commune de Bobo-Dioulasso et beaucoup d’autres partenaires y compris la douane », a-t-il expliqué le cadre de l’opération de saisie.
Pour le commissaire Mahama Kaboré, sur une centaine de boutiques identifiées au marché central de Bobo-Dioulasso, c’est seulement dans 49 boutiques que l’opération a pu être menée et a permis la saisie de ces produits prohibés.

Des produits dont la consommation peut être source de maladies telles que l’insuffisance rénale, des hépatites, et la résistance anti-microbienne selon Cyrille Ouedraogo, Pharmacien à la direction régionale de la santé et de l’hygiène publique des Hauts-Bassins. « Tous ces produits sont des produits très dangereux pour la santé car ce sont des produits dont le champ d’enjeu n’est pas déterminé parce qu’on ne sait pas leur provenance. Comme conséquences, ces produits peuvent causer des maladies comme les insuffisances rénales, les insuffisances hépatiques et des maladies antimicrobiennes » a-t-il indiqué le pharmacien qui se réjouit de l’opération de saisie.
Substitut du Procureur du Faso près le tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso, Zakaria Bandaogho note que pour des personnes prises dans ces cas d’infractions de vente et de mise en circulation des produits prohibés, elles encourent des sanctions telles que prévues par les dispositions du code pénal. « Pour ces types d’infractions, il faut dire qu’il s’agit d’une mise en vente ou de circulation de produits prohibés. Et ces cas sont réprimés par les dispositions de l’article 358-18 du code pénal qui prévoit des peines d’emprisonnement allant d’un an à dix (10 ans) et d’une amende du quadruple de la valeur du produit saisi. Pour ces produits saisis aujourd’hui par exemple et dont la valeur est estimée à plus de 1,9 milliard de francs CFA, on doit multiplier cette somme par quatre en amendes pour les auteurs des faits », a indiqué Zakaria Bandaogho.
Du reste, Mahama Kaboré invite les populations à se départir de la consommation des produits aux origines douteuses afin de faire reculer le phénomène. Il a aussi souhaité que les commerçants s’interdisent « ce deal nocif » qui ne favorise pas la dynamique de la reconquête de la souveraineté du territoire national car il contribue à alimenter l’insécurité.
En plus des produits prohibés, environ 22 carcasses de bœufs impropres à la consommation ont également été saisies et incinérées ce 10 juillet 2023.
Diakalia SIRI, Collaborateur/ Ouest info




