À Bobo-Dioulasso, la vente du maïs grillé et bouilli de contre-saison anime les abords des principales artères de la ville. Si cette activité constitue une importante source de revenus pour de nombreuses commerçantes, celles-ci déplorent une baisse de la clientèle cette année. Une équipe de Ouest Info est allée à la rencontre de vendeuses et de consommateurs dans la soirée du dimanche 5 juillet 2026.
Installées le long des routes, sous des parasols ou à l’ombre des arbres, les vendeuses de maïs grillé et bouilli sont de plus en plus nombreuses dans la ville de Bobo-Dioulasso. Les braises allumées dès les premières heures de la journée annoncent le retour de ce produit très apprécié des consommateurs.
Depuis 2014, Sali Ouattara exerce cette activité. Chaque matin, elle s’installe sur son point de vente dès 5 heures et ne le quitte qu’aux environs de 21 heures. Alimenter le feu, retourner les épis et servir les clients rythment son quotidien. Malgré ses années d’expérience, elle constate que le commerce est moins rentable cette année.
Des coûts d’approvisionnement en hausse
Selon Sali Ouattara, de nombreux clients jugent les prix élevés, alors que les vendeuses sont elles-mêmes confrontées à l’augmentation du coût d’approvisionnement.« Nous achetons parfois trois épis à 100 francs CFA et nous les revendons entre 100 et 150 francs CFA l’unité. Souvent, les épis ne sont pas de bonne qualité et c’est nous qui supportons les pertes », explique-t-elle.

À quelques mètres de là, Nafissatou Ouédraogo partage le même constat. Elle affirme que la fréquentation est en baisse par rapport à l’année précédente. « Certaines journées, je ne réalise que 4 000 francs CFA de recettes. L’an dernier, les ventes étaient bien meilleures », confie-t-elle.
Un produit qui conserve toute sa popularité
Malgré ces difficultés, le maïs de contre-saison continue d’attirer de nombreux consommateurs. Pour Jean Sondo, sa disponibilité en dehors de la période habituelle des récoltes permet de satisfaire cette envie tout au long de l’année.

Il salue également les efforts des producteurs qui rendent ce produit accessible malgré les contraintes liées à la production.Pour Suinguibeogo Hado, acheter du maïs produit au Burkina Faso est aussi un acte citoyen. Selon lui, consommer local permet de soutenir les producteurs, de renforcer les revenus des commerçantes et de contribuer au développement de l’économie nationale.
Un aliment du terroir qui résiste
Si les vendeuses espèrent une amélioration des ventes avec les prochaines récoltes, le maïs de contre-saison demeure un produit très prisé des Bobolais. Derrière chaque épi grillé se cachent le savoir-faire des producteurs, le courage des commerçantes et l’attachement des consommateurs à un aliment emblématique du terroir burkinabè.
Ali Djibey (stagiaire)/Ouest Info




