Devenu rare sur les étals du marché des fruits et légumes de Bobo-Dioulasso, le piment connaît une hausse significative de son prix. Une situation qui inquiète les ménages. Les vendeuses expliquent cette flambée par une baisse de la production et des difficultés d’approvisionnement. Constat effectué par une équipe d’Ouest Info dans la matinée du vendredi 26 juin.
Au marché des fruits et légumes de Bobo-Dioulasso, trouver du piment relève désormais du parcours du combattant. Les étals qui en proposent se font de plus en plus rares et les prix affichés découragent de nombreux clients.
Alimata Sanou en a fait l’expérience. Après plusieurs tours du marché, elle est finalement parvenue à acheter du piment, mais à un coût qu’elle juge excessif. « Sincèrement, le piment est devenu très cher. On ne peut plus en acheter comme avant. Un seul piment coûte parfois 50 FCFA, voire 100 FCFA. Quant à la boîte, elle est vendue à 6 000 FCFA », déplore-t-elle.
Pour cette consommatrice, le piment reste un ingrédient indispensable dans la préparation de nombreux plats. Elle appelle ainsi à une baisse des prix afin de soulager les ménages.

Même constat pour Maimouna Konaté, qui dit avoir observé une hausse progressive des prix ces dernières semaines. « Ces derniers temps, le piment est devenu rare et cher sur le marché. Pourtant, nous avons l’habitude d’en consommer et nos maris y tiennent beaucoup. Nous espérons que cette situation sera résolue dans un délai raisonnable », confie-t-elle.
Les vendeuses évoquent une baisse de la production
Face aux plaintes des consommateurs, les commerçantes pointent principalement les difficultés d’approvisionnement.

Selon Karidja Sia, vendeuse de piment, la faiblesse de la production est à l’origine de cette situation. « Mon fournisseur est à Koudougou. Il explique que la production de piment a été mauvaise cette année. J’achète le sac de 50 kilogrammes à 200 000 FCFA, sans compter les frais de transport. C’est pourquoi je suis obligée de vendre la boîte à 6 000 FCFA », explique-t-elle.
Sanata Konaté partage le même constat. Selon elle, ni les producteurs ni les vendeuses ne sont responsables de cette flambée des prix. « La production a fortement baissé cette année. Lorsque je suis allée m’approvisionner, j’ai pu constater les difficultés auxquelles les producteurs sont confrontés », souligne-t-elle.

Chez Rachida Ouédraogo, les prix suivent la même tendance. « Je vends la boîte à 6 000 FCFA, mais selon la qualité et la disponibilité du produit, certaines quantités peuvent atteindre 10 000 FCFA », indique-t-elle.
Une filière sous tension
La hausse du prix du piment à Bobo-Dioulasso illustre les difficultés que traverse actuellement cette filière. Entre la baisse de la production, la rareté du produit et les coûts élevés du transport, consommateurs et commerçantes subissent les effets d’un marché sous tension.
En attendant une amélioration des récoltes et de l’approvisionnement, ce condiment incontournable de la cuisine locale risque de demeurer un produit de plus en plus inaccessible pour de nombreux ménages.
Palm Serge et Ali Djibey (Stagiaires) / Ouest Info




